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De nombreux citoyens de l’Île-de-Lamèque se sont déplacés pour discuter avec des représentants de l’entreprise Scotts Canada qui veut exploiter une autre tourbière dans le secteur de Cap-Bateau. Ce projet est controversé dans la région et des opposants ont aussi tenu à exprimer leur mécontentement.
Cette rencontre publique s’est déroulée mardi au Carrefour Coop de l’Île-de-Lamèque. Plusieurs personnes sont venues constater l’ampleur économique et les conséquences environnementales du projet de 34 hectares qui devrait extraire ses premiers sacs de tourbe en 2028.
Lisette Savoie est venue poser ses questions. Elle ne sait pas trop quoi penser de ce projet.
Je suis ici pour m’informer vraiment mieux, mais je suis pris entre deux, pris entre deux.

Lisette Savoie (à gauche) pose des questions sur le projet de tourbière.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
D’un côté, elle est d’accord avec l’aspect économique qui permettrait de conserver et de créer des emplois dans la communauté.
De l’autre, elle préférerait conserver la tourbière ciblée dans son état naturel pour éviter les problèmes d’eau et la poussière.
J’en ai appris plus et je vais encore en apprendre parce que j’ai d’autres questions.
L’entreprise veut répondre aux inquiétudes
Du côté de Scotts Canada, on prône la transparence dans ce projet controversé. On assure que les doléances de la communauté seront écoutées.
Selon l’entreprise, les nouvelles méthodes d’extraction pneumatique et les concepts d’aménagement de la tourbière vont réduire énormément les inconvénients craints par les résidents de Cap-Bateau.

Geneviève Potvin, de Scotts Canada, discute avec un citoyen.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Scotts va restaurer les tourbières de Coteau Road et de Chiasson, deux tourbières qui sont actuellement en exploitation à proximité de la tourbière de Cap-Bateau. On a des sections qui vont être en restauration. Scotts n’aura pas plus de superficie de récolte sur l’île de Lamèque, affirme Geneviève Potvin, porte-parole de Scotts Canada.
Cette nouvelle tourbière permettra notamment de conserver plus de 50 emplois avec un investissement salarial de 3 millions de dollars par année dans la communauté.

L'usine de Scotts Canada à Coteau Road, sur l'Île-de-Lamèque
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
On est conscient que cela a soulevé des craintes. On s’est engagé à refaire une autre période, une rencontre en personne avec les gens, ajoute Geneviève Potvin.
Les opposants dénoncent le projet
À l’extérieur de la rencontre, trois porte-parole du groupe Protégeons notre tourbière Cap-Bateau font le pied de grue. Ils ont eux aussi voulu rencontrer les citoyens pour les mettre en garde contre ce projet.
L’opinion publique est massivement avec nous sur l’île Lamèque, dit Daniel Ferron.

Jude Aubut, René Ferron et Daniel Ferron, du groupe Protégeons notre tourbière Cap-Bateau.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Après une pétition de plus de 800 signatures, le groupe a débuté un campagne de lettres à envoyer à la compagnie dans le but de la faire changer d’idée.
Si c’était des bons citoyens corporatifs ou une corporation qui voudrait écouter les citoyens, une des choses qu’il pourrait faire est de mettre un frein à leur projet, ajoute M. Ferron.

Henri Ferron, de Cap-Bateau.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Un avis partagé par Henri Ferron qui demeure à Cap-Bateau depuis sa naissance. À 75 ans, il est contre l’exploitation de cette tourbière située à seulement quelques mètres de sa résidence.
Avec ça, la mousse va revoler quand il va faire du vent du nord ou du vent de noroît. La plaine va tout aller par ici. C’est pas vrai qu’il n’y aura pas de poussière, c’est pas vrai, soutient-il.
L’entreprise Scotts Canada prévoit une troisième rencontre publique d’information dans les prochaines semaines.


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