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L’organisation mondiale du tennis féminin a officilisé la mise en place d’une nouvelle politique d’éligibilité à ses compétitions, dans le plus large cadre des Jeux de Los Angeles 2028.
C’est une petite révolution réglementaire dans le monde du tennis féminin. Depuis le 1er juillet dernier, et la publication sur son site internet de sa nouvelle politique d’éligibilité, la WTA, l’instance mondiale du tennis féminin, va désormais demander à toutes ses joueuses de se soumettre à un test génétique de dépistage du sexe biologique, afin de vérifier leur éligibilité sur le circuit.
L’objectif pour l’instance est de «préserver l’intégrité du tennis professionnel féminin et de garantir des conditions de compétition équitables pour toutes les joueuses», justifie l’organisation internationale sur son site internet. Cette mesure s’applique à «toutes les joueuses, qui sont tenues de s’y conformer, ainsi qu’aux officiels, au personnel d’assistance des tournois, aux membres des équipes d’accompagnement des joueuses, aux autres personnes accréditées et à toute autre personne soumise au règlement de la WTA ou relevant de la juridiction de la WTA, dans la mesure où cela s’applique à leurs fonctions».
Recherche de la présence du gène SRY, présent chez les hommes
Cette éligibilité sera vérifiée à l’aide du dépistage du gène SRY, que l’on retrouve dans le chromosome Y, présent dans le développement sexuel des mâles dans la plupart des mammifères terriens. Le test, qui sera pris en charge par la WTA, consiste en «un prélèvement buccal, un échantillon de sang et/ou un échantillon de salive à la date, au lieu et selon les modalités exigées par la WTA, ainsi que de satisfaire à toute autre exigence de la WTA relative à ce dépistage SRY», est-il précisé.
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Si le test se révèle négatif, la joueuse sera donc autorisée à prendre part aux compétitions de la WTA. Dans le cas inverse, celle-ci sera suspendue, «dans l’attente d’une évaluation complémentaire». Dans le passé, une seule femme transgenre, l’Américaine Renée Richards, a pu s’aligner sur le circuit dans les années 1970 suite à une décision de justice.
En accord avec la politique américaine en vue des prochains JO
La campagne de tests devrait débuter début août pour s’achever à l’aube des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Car ces tests s’inscrivent dans le plus large cadre réglementaire voulu aux États-Unis par Donald Trump. Le président américain a signé l’an passé un décret excluant les athlètes transgenres des compétitions féminines, tandis que le CIO s’est depuis aligné sur le décret américain pour sa propre politique d’éligibilité des sportives. World Boxing a également approuvé l’utilisation du dépistage du gène SRY l’an passé.
Citée par L’Equipe, l’ancienne ministre des sports Amélie Oudéa-Castera, par ailleurs ancienne joueuse de tennis de haut niveau «trouve que cette déclinaison est trop générale et trop rapide par rapport à l’approche du CIO.» «Si là, c’est tout le classement WTA, dans la seule discipline du tennis, on voit qu’il y a une application qui devient plus large. Donc, je trouve que ça va trop vite, alors qu’il n’y a même pas encore un début de mise en œuvre et de voies de passage identifiées», poursuit la présidente du CNOSF.
World Tennis à suivre ?
Indirectement concernée par cette révolution, World Tennis, qui régit les Grands Chelems mais pas le circuit WTA, a indiqué prendre acte de la décision avant de se positionner : «Nous sommes attentifs aux conditions d’éligibilité applicables à la catégorie féminine pour les JO de Los Angeles 2028. Nous continuerons à collaborer avec toutes les parties prenantes concernées afin de garantir la mise en place des procédures nécessaires pour assurer le respect des critères d’éligibilité féminins pour l’épreuve de tennis des JO. Comme toujours, notre démarche sera guidée par des données scientifiques, l’équité de la compétition et le bien-être des joueuses.»
Je suis très heureuse que la WTA affirme clairement que nous sommes une association féminine et que seules les femmes peuvent concourir au plus haut niveau du tennis féminin
Martila Navratilova, ancienne numéro 1 mondialePour l’heure, aucune joueuse en activité n’a réagi à cette nouvelle. Seule l’ancienne numéro 1 mondiale, Martila Navratilova, a salué un «un pas dans la bonne direction». «Je n’ai joué aucun rôle dans cette décision en particulier, mais je suis très heureuse que la WTA affirme clairement que nous sommes une association féminine et que seules les femmes, c’est-à-dire les personnes de sexe féminin, peuvent concourir au plus haut niveau du tennis féminin», a livré sur X l’ancienne gloire américaine d’origine tchécoslovaque.
Concernant la modalité des tests, Navratilova n’y trouve par ailleurs rien à redire : «La WTA soutient toutes les femmes. Au sens biologique (...) Un prélèvement buccal pour vérifier le sexe biologique n’a rien de transphobe (...) Toutes les athlètes féminines, moi y compris, ont passé ce test de vérification du sexe dans les années 70 et 80. Il n’y a aucune raison d’avoir des corps masculins dans le sport féminin.»


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