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Tarifs douaniers : les entreprises de Colombie-Britannique s’attendent à subir des pertes

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Des entreprises britanno-colombiennes dont des produits ont été soumis samedi à des tarifs douaniers américains de 50 % s’attendent à des pertes importantes de revenus. Le premier ministre David Eby promet de se battre pour elles.

Selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, 40 % des petites entreprises canadiennes sont immédiatement touchées par les nouveaux droits de douane imposés par l’administration Trump, et près du tiers d'entre elles prévoit une baisse de revenus de 50 %.

De toutes les provinces, la Colombie-Britannique est celle qui affiche la plus importante proportion des exportations concernées par la nouvelle salve de droits de douane, soit 13,7 %.

Un graphique qui montre le pourcentage des exportations qui sont touchées, pour le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique.

La Colombie-Britannique est la province la plus vulnérable aux nouveaux tarifs, selon Statistique Canada.

Photo : Statistique Canada

Plusieurs entreprises britanno-colombiennes redoutent également les contre-tarifs que le Canada a promis d’imposer sur des importations américaines.

« Nous avons des gens qui font venir des boulons des États-Unis et dont les matériaux redescendent là-bas, et ils font des allers-retours très souvent », explique Cory Redekop, directeur général de la Chambre de commerce de Langley, en banlieue de Vancouver. « C'est une arme à double tranchant. »

Néanmoins, M. Redekop dit comprendre la volonté du Canada de prendre des mesures de rétorsion contre le voisin américain : « Nous ne pouvons pas nous laisser faire », dit-il.

« On comprend que, d'un point de vue de la réalité politique, c'est difficile pour le premier ministre [Mark Carney] de pas imposer des contre-tarifs, mais ça va faire mal aux entreprises canadiennes et, donc, cette voie-là n'est pas une voie qui devra être la politique sur le long terme », dit Jasmin Guénette, vice-président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Un accord qui aurait répondu aux demandes de l’administration américaine aurait été encore pire pour l’économie de la province que les tarifs de 50 %, comme l’affirme Samuel Roscoe, professeur d'éducation dans le domaine des affaires à l’Université de la Colombie-Britannique.

« L'évolution des négociations laissait présager des conséquences très, très néfastes pour l'économie canadienne en général », ajoute-t-il.

Il ne faut pas céder face à Trump l’intimidateur

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a adopté un ton ferme à l’endroit du président américain Donald Trump, qu’il a qualifié d’intimidateur . « Il faut lui tenir tête », a tonné M. Eby.

Dans ce sens, David Eby a fait savoir que les magasins d’alcool en Colombie-Britannique continueront à ne pas vendre de produits alcoolisés américains, tant que les États-Unis n’assouplissent pas leurs tarifs sur les produits de bois de la province.

Poursuivant sur la même lancée, M. Eby a dit :Même les produits forestiers russes ont actuellement un meilleur accès au marché américain que les produits forestiers canadiens. Dans ce contexte, l'idée que nous pourrions vendre des produits d'alcool américains est absurde.

Portrait de David Eby, devant l'Assemblée législative à Victoria.

David Eby a adopté un ton ferme face à l'administration Trump. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Tous les outils et toutes les armes dont dispose le gouvernement fédéral dans cette guerre économique menée contre le Canada sont sur la table pour la Colombie-Britannique.

La cheffe du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Kerry-Lynne Findlay, demande au premier ministre Eby de saisir l’Assemblée législative pour répondre à la crise. « Il s’agit d’une urgence économique et nécessite une réponse d’urgence. »

Un seul point positif

Bridgette Anderson, présidente de la Chambre de commerce du Grand Vancouver, est également préoccupée par les pertes qui seront subies par les entreprises de la province.

Malgré tout, elle voit un côté positif au conflit: « Il a forcé la Colombie-Britannique et le Canada à mettre de l'ordre dans leurs affaires, c’est-à-dire à diversifier leurs échanges commerciaux, à les examiner de plus près, à développer leurs infrastructures et à faire avancer les grands projets. »

Garrett Senez, vice-président de Pacific Rim Distributors, un distributeur de bières canadiennes basé à North Vancouver, abonde dans le même sens: « Je pense que cela va permettre d'obtenir un financement important du gouvernement canadien pour développer nos partenariats internationaux. »

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