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Il y a un an, une adolescente de Saint-Félicien a été grièvement brûlée dans une explosion qui a pris naissance dans un feu de camp. Laurie-Ann Savoie est aujourd'hui guérie de ses blessures et souhaite sensibiliser les gens aux dangers de faire brûler différents matériaux.
Le 12 septembre 2025, la jeune femme a failli mourir. Ses parents étaient absents et elle gardait ses deux frères. Ils ont décidé d’allumer un feu de camp et d’inviter des amis. Ils ont entrepris de faire du ménage dans le garage et de déposer dans le feu divers débris, dont des boîtes. Dans l’une d’elles se trouvait une cannette de peinture qui, sous l’effet de la chaleur, a explosé.
À un moment donné, le feu a commencé à prendre vraiment plus, relate Laurie-Ann. Une vague de feu a monté et, après ça, il y a eu une explosion.
Assise à moins d’un mètre du foyer, Laurie-Ann a reçu la canette de peinture sur le tibia. Les flammes, elles, ont recouvert le devant de son corps.
J'en avais sur mon manteau, sur mes culottes. Mes pieds aussi étaient en train de brûler ; mes mains et mon visage.
L’adolescente qui avait alors 17 ans a eu le réflexe de se rouler par terre, d’éteindre d’abord le feu sur son visage. Puis elle a couru dans la maison pour y mettre de l’eau froide. Le choc fut brutal lorsqu’elle s’est vue dans le miroir.
J’ai vu mon visage fondu, fondu, fondu, avec la peinture encore en train de brûler. Là, ça fait mal. La douleur a fait toc! Je suis revenue de la dose d’adrénaline.

L'adolescente a eu peur de mourir le 12 septembre 2025.
Photo : Courtoisie : Laurie-Ann Savoie
De sérieuses brûlures
Les blessures de Laurie-Ann étaient des plus sérieuses. Elle raconte que la peinture contenue à l’intérieur de la canette qui a explosé avait commencé à infecter son sang.
À l’urgence, elle hurlait. Une dizaine de médecins se sont rassemblés autour d’elle pour la soigner. La jeune femme raconte qu’un cocktail de puissants médicaments n’a pas eu raison de sa douleur et que les professionnels ont dû l’endormir, puis l’intuber, avant de finalement la transférer à Québec.
Laurie-Ann a subi des brûlures allant du deuxième au troisième degré au visage, aux mains et aux pieds. Elle en a eu pour des mois à guérir ses blessures, sans pourtant avoir besoin d’une greffe de peau.

Les plaies de Laurie-Ann Savoie ont mis plusieurs mois à guérir.
Photo : Courtoisie : Laurie-Ann Savoie
Aujourd’hui, il est presque impossible de deviner l’enfer qu’elle a traversé dans la dernière année. Son visage est lisse, à peine quelques cicatrices sont visibles sur ses mains et elle les accueille avec bienveillance.
J'étais censée ne plus avoir de poils, ne plus avoir aucun bouton, aucune ride, aucun rien. Je n'ai plus de boutons, j'ai encore mes poils! J'ai mes sourcils. J'ai la peau parfaite d’une poupée. La seule chose qui se passe, c'est que je rougis comme un petit tigre, mais c'est mon charme.
Sensibiliser au danger
La dernière année a été éprouvante pour celle qui a aujourd'hui 18 ans. Les cicatrices psychologiques sont bien réelles. Laurie-Ann a vécu un grand traumatisme lors de cet accident et elle souhaite de tout cœur que son histoire puisse prévenir des accidents comme celui qu’elle a vécu.
Si vous faites un ménage quelque part, que vous savez que vous allez brûler des affaires, regardez et re-regardez double fois dans les boîtes pour être sûr et certain, parce que c'est tellement vite arrivé, prévient-elle. Moi, dans la vie, je n’avais pas peur du feu. J'étais à deux pieds du feu et c'est à moi que c'est arrivé.
Questionné par Radio-Canada, le chef du Service de sécurité incendie de Saint-Félicien, Saint-Prime et La Doré, Viateur Aubé, confie que c’est loin d’être la première fois qu’il entend des histoires de feux de camp qui tournent au drame.
N'utilisez pas les foyers comme incinérateurs, avertit Viateur Aubé. Prenez simplement du bois d'allumage.
Le pompier soutient que des objets, comme des cannettes, peuvent se retrouver à l’intérieur d’autres matériaux ou débris jetés dans un feu de joie. Le danger est bien réel et les conséquences peuvent être graves, jusqu’à la mort.
Souvent, à l'intérieur de ces cannettes-là, on a des solvants, explique Viateur Aubé. Et les solvants, dus à leur point d'éclair, vont s'enflammer rapidement et faire une boule de feu gigantesque.

La Félicinoise garde une marque permanente des sandales qu'elle portait lorsque les flammes ont touché sa peau.
Photo : Courtoisie : Laurie-Ann Savoie
Retour à une vie normale
Malgré quelques séquelles de l'accident, Laurie-Ann a retrouvé une vie normale. Elle a aujourd'hui un nouveau visage, mais elle est surtout plus forte.
Tu te fais dévisager… C'était vraiment difficile. C'est pour ça que je suis rendue forte aujourd'hui. J'ai pilé là-dessus et c'est derrière moi maintenant. Au moins, ça va en prévenir d'autres, j'espère, parce que c'est vite fait un accident, conclut-elle.


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