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Double meurtre à Rivière-du-Loup : des questions persistent

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Plusieurs événements violents ont marqué Rivière-du-Loup et les communautés avoisinantes au cours des derniers jours. Après le double meurtre de deux jeunes femmes et deux incendies suspects, plusieurs questions restent sans réponse.

Deux femmes, Cassandre Hamel Hardy, 19 ans, et Noémie Dionne, 24 ans, ont été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi.

Elles ont succombé à des blessures infligées par arme à feu alors qu’elles se trouvaient dans un véhicule stationné derrière un restaurant à l'angle de la rue Plourde et du boulevard Cartier. Selon des sources policières, l’événement est lié au crime organisé.

C'est décevant. C'est des jeunes filles, ils n’avaient pas d'affaire à les tuer, mentionne un résident de Rivière-du-Loup rencontré par Radio-Canada dimanche.

D’autre part, deux incendies qualifiés de suspects sont survenus en moins de deux jours : l’un sur la rue Laval et le second sur la rue Morin.

Un ruban de sécurité de la Sûreté du Québec.

L'incendie suspect sur la rue Laval est survenu à 4 h du matin vendredi, quelques heures après le double meurtre.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel

La Sûreté du Québec (SQ) précise qu’elle ne fait pas de corrélation entre les trois événements jusqu’à présent. Pour l’instant, aucun suspect n’a été appréhendé en lien avec l’un de ces événements.

C'est sûr que c'est surprenant, ajoute un autre citoyen. Moi, quand je suis déménagé ici, je pensais pas qu'il y avait ça qui se passait.

Des inquiétudes à Saint-Pascal

Cassandre Hamel Hardy et Noémie Dionne résidaient dans le village de Saint-Pascal. La mairesse de la municipalité, Solange Morneau, les avait déjà rencontrées.

Solange Morneau parle à quelqu'un.

Solange Morneau est la mairesse de Saint-Pascal, qui est située à une quarantaine de kilomètres de Rivière-du-Loup. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon

Elle constate que la mort de deux concitoyennes suscite des inquiétudes sur le territoire de la municipalité. De voir qu'elles ont été tuées, ça, c'est inacceptable, commente la mairesse dimanche.

Depuis l'annonce de leur décès, elle avoue avoir été interpellée à de nombreuses reprises par la population. Elle indique qu’elle compte s’adresser à la SQ prochainement.

Au niveau de la MRC, nous, on rencontre à tous les trois mois la Sûreté du Québec et fort probablement que ça sera un sujet important [...] parce que ça aurait pu être à Saint-Pascal. Les deux filles ont vécu ici.

Elle demande notamment au corps policier national de sensibiliser et d’accompagner davantage les jeunes de la communauté, dont ceux qui connaissaient les victimes.

Je suis convaincue que c'est ce qu'ils vont faire et, vraiment, d'encadrer les familles qui vivent un deuil très, très important, estime la mairesse. C'est pas acceptable de vivre une situation comme ça.

Un double meurtre qui soulève des questions

L’ex-commandant aux enquêtes criminelles au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Minh-Tri Truong, dit qu’il n’est pas surpris de voir un double meurtre lié au crime organisé survenir au Bas-Saint-Laurent.

Il fait remarquer que les guerres de territoires du crime organisé, liées au trafic de stupéfiants, ont déjà impacté de petites municipalités par le passé, au tournant des années 2000.

Ce qui le surprend, c’est que ce sont deux femmes de moins de 25 ans qui ont été assassinées.

Minh-Tri Truong constate toutefois que, par le passé, des femmes ont déjà déplacé des substances illicites pour des organisations criminelles. Or, il juge que les informations qui ont été dévoilées jusqu’à présent ne permettent pas de dresser un lien direct entre les victimes et le trafic de stupéfiants.

Minh-Tri Truong a œuvré pendant 30 ans au sein du Service de police de la Ville de Montréal.

Minh-Tri Truong croit que cette situation ressemble beaucoup plus à un règlement de compte. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Déjà, on n'envoie pas deux filles sur un deal de drogue, affirme-t-il. Alors, je sais pas pourquoi il y a eu un double meurtre, là, sur deux filles.

Il doute aussi que les tireurs aient été en mesure d’identifier les personnes qui se trouvaient dans le véhicule.

C'est pas tous des tueurs comme qu'on voit dans les films, des professionnels. Souvent, c'est leur premier meurtre. Alors, quand ils voient le véhicule arriver, ils présument que le suspect est au volant et sur le stress, la panique, ils ont décidé de tirer sans identifier qui est le conducteur, suppose-t-il.

Néanmoins, il a confiance que les enquêteurs arriveront à mettre la main sur des suspects prochainement. Ça pourrait se résoudre rapidement ce type de crime là, dans un milieu tissé aussi serré que Rivière-du-Loup, juge l’ex-commandant du SPVM.

Les autoroutes, il n’y en a pas 56. Alors, il y a des caméras un peu partout. Ils vont peut-être pouvoir, ça va prendre un certain temps, visualiser les caméras, conclut-il. Ils vont pouvoir, j’ai l'impression, au moins identifier un des suspects, ce qui pourrait faire avancer l'enquête.

Avec les informations de Patrick Bergeron et d'Isabelle Damphousse

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