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L’Association coopérative des pêcheurs de l’Île obtient trois mois de plus pour tenter de sortir la tête de l’eau. La restructuration et la vente des actifs sont toujours sur la table.
Cette organisation de Lamèque, dans la Péninsule acadienne, s’est mise à l’abri de ses créanciers en août dernier et tourne au ralenti depuis. Des mesures de dernier recours qui s’expliquent par le fait qu’elle croule sous les dettes et qu’elle est insolvable.
La nouvelle a eu l’effet d’une bombe dans cette communauté où la coop emploie jusqu’à 360 travailleurs saisonniers lorsque l’usine de transformation de homard et de crabe tourne à plein régime.

L'usine de l'Association coopérative des pêcheurs de l'Île, à Lamèque. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Denis Mazerolle
Vendredi, son avocat Basile Chiasson a comparu une fois de plus en Cour du Banc du Roi à Saint-Jean afin de demander plus de temps.
Le juge a accepté de protéger la coopérative de ses créanciers jusqu’au 26 février. D’ici là, les institutions et pêcheurs à qui elle doit des millions de dollars ne pourront pas saisir ses actifs.
Vendre ou restructurer?
D’ici la mi-janvier, deux processus vont se poursuivre en parallèle pour tenter de sauver les meubles.
L'objectif ultime est de maintenir des emplois dans la communauté, explique l’avocat Basile Chiasson.
D’un côté, les efforts vont se poursuivre à l’interne pour essayer de restructurer la coopérative et éviter la vente de ses actifs. Il devra présenter son plan au plus tard le 14 janvier 2027, selon Me Chiasson.
Le sous-comité du conseil d'administration, qui y travaille avec acharnement, avait besoin de temps et ici le temps [accordé vendredi par le juge] était de l'oxygène, explique Basile Chiasson en entrevue.

Basile Chiasson est avocat de l'Association coopérative des pêcheurs de l'Île. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Pendant ce temps, un processus de sollicitation de vente ou d’investissement va être lancé. Les personnes et les entreprises souhaitant acheter l’usine auront jusqu’au 14 janvier pour faire une offre.
Basile Chiasson explique que la restructuration est l’option que préfèrent les dirigeants de la coopérative, mais qu’ils se résigneront à vendre l’usine s’ils n’ont pas d’autre choix.
On se comprend que la vente par appels d'offres, finalement, c'est la solution ultime et certainement la moins intéressante pour les membres de la coopérative.
Une chose est claire à l’heure actuelle, selon lui; le temps presse.
La coopérative doit rapidement trouver des solutions si elle veut pouvoir redémarrer son usine de transformation dès le printemps 2027, à temps pour la pêche au crabe et ensuite la pêche au homard.
Il y a des calendriers très serrés à respecter pour permettre la reprise des activités à l'usine de la coopérative , dit-il.
Trois éléments clés pour qu’une restructuration soit possible
Au cours des prochaines semaines, le sous-comité du conseil d’administration de la coopérative – qui tente de développer un plan de restructuration et d’éviter la vente – devra atteindre trois objectifs.
Basile Chiasson explique qu’il devra convaincre les pêcheurs membres de vendre plus de crabe et de homard à la coopérative qu’au cours des dernières années. Ils devront aussi s’entendre avec les créanciers de l’organisation afin que ces derniers fassent preuve de patience.
Le troisième [élément] c'est de trouver les mises de fonds nécessaires pour financer la relance des activités parce que la production commande des mises de fonds très importantes pour permettre finalement à l'organisation d'acheter les produits de la mer, de les traiter et ainsi de suite.


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