Sur la côte des Squelettes, à quatorze kilomètres au sud de Henties Bay, rouille depuis 2008 la carcasse du Zeila, un chalutier échoué à quelques mètres du sable namibien. Le Zeila s’est échoué le 25 août 2008 au petit matin près de « Die Walle », un spot de pêche populaire à environ 14 km au sud de Henties Bay. Depuis, l’épave n’a jamais bougé.
Personne ne l’a remorquée. Personne ne l’a démolie.
La côte des Squelettes tient son nom des ossements de baleines échoués sur ses plages, mais aussi des dizaines de navires qui s’y sont perdus au fil des siècles. Le brouillard y est presque permanent, né de la rencontre entre le courant froid de Benguela et la chaleur du désert du Namib qui borde l’océan. À cela s’ajoutent des bancs de sable mouvants et des courants marins imprévisibles, un cocktail qui a piégé des équipages entiers loin de tout secours. Le Zeila n’a pas connu de tempête ni de naufrage dramatique : son histoire est presque banale, et c’est peut-être ce qui la rend si parlante.
Le chalutier avait été vendu comme ferraille à une entreprise indienne par Hangana Fishing, une société basée à Walvis Bay. Il venait de quitter Walvis Bay en direction de Bombay lorsqu’il s’est détaché de son câble de remorquage, peu après le départ.
À retenir
- Le Zeila, un chalutier angolais, s’est échoué le 25 août 2008 après la rupture de son câble de remorquage à 14 km au sud de Henties Bay.
- L’épave rouillée reste intacte et accessible, transformée en point de repère touristique et lieu de nidification pour les cormorans.
- Le sel et les mouvements des dunes du Namib détruiront progressivement la coque, comme d’autres épaves englouties par le désert sur cette côte.
Sommaire
Un remorquage qui tourne court
Le Zeila était un chalutier de pêche angolais remorqué vers l’Inde pour y être démantelé lorsque son câble a cédé par mer agitée, laissant le navire échoué sur le rivage atlantique. Aucune tempête majeure n’est rapportée ce jour-là, seulement une rupture mécanique au mauvais endroit, au mauvais moment. Le navire glisse alors vers la plage et s’immobilise sur un fond suffisamment proche du rivage pour rester visible en permanence.
Dix-huit ans plus tard, la coque tient toujours debout.
L’épave est particulièrement photogénique, en partie parce qu’elle se trouve tout près du rivage et parfaitement visible, en partie parce qu’elle reste largement intacte alors que les vagues viennent sans cesse s’y briser. Une colonie de cormorans s’y est même installée, transformant la ferraille rouillée en promontoire d’observation pour les oiseaux marins. Le Zeila est aussi l’une des épaves les plus accessibles de toute la côte des Squelettes, à quelques minutes de marche seulement d’un parking.
Une épave devenue étape touristique
Pour la plupart des voyageurs qui remontent la route côtière C34 au nord de Swakopmund, le Zeila est la première épave de la côte des Squelettes qu’ils croisent, et la plus simple d’accès : une voiture standard suffit, sans permis ni véhicule tout-terrain. Le contraste entre le métal orangé et le bleu profond de l’Atlantique attire chaque année des milliers de photographes amateurs.
Les meilleures lumières se trouvent tôt le matin ou en fin d’après-midi, mais la baignade et l’accès direct à la coque restent déconseillés à cause des courants extrêmement forts qui longent cette portion de littoral. Des vendeurs ambulants proposent souvent des pierres ou des souvenirs sur le parking voisin, une scène presque rituelle pour qui s’arrête voir le Zeila entre Henties Bay et Cape Cross.
Le sel finira par avoir raison de la coque. Ce n’est qu’une question de temps.
Quand le désert avale les navires
Sur cette portion de côte, le sable ne reste jamais immobile. Le vent déplace les dunes, la ligne de rivage se déforme, et certaines épaves autrefois posées dans les vagues se retrouvent aujourd’hui à bonne distance de l’eau. C’est le cas de l’Eduard Bohlen, un cargo allemand échoué en 1909 dans la baie de Conception à cause d’un épais brouillard : selon les sources, l’épave se situe désormais entre 400 et 800 mètres à l’intérieur des terres, ensevelie par endroits sous le sable du Namib. Le Zeila, lui, reste pour l’instant baigné par la marée, mais rien ne garantit qu’il échappera au même sort dans les décennies à venir.
Le désert avance, la mer recule par endroits, et les épaves de cette côte racontent chacune à leur façon ce lent bras de fer entre le sable et l’eau. Pour l’instant, le Zeila reste debout dans les vagues, à portée de vue de la route C34, offrant aux visiteurs un rappel concret de la dangerosité de ce littoral namibien.
Sources : whatshomeforyou.com | tripadvisor.com.ph


5 day_ago
12



























.jpg)






French (CA)