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Les sept candidats déclarés ont tous obtenu un vote négatif de la Chine, des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni ou de la Russie. Mais la Costaricaine Rebeca Grynspan reste en tête du scrutin, qui n’est encore qu’indicatif.
Les grandes puissances ne sont pas parvenues, vendredi 16 octobre, à se mettre d’accord sur un candidat pour prendre la succession d’Antonio Guterres à la tête de l’ONU, ouvrant la voie à de possibles nouvelles candidatures.
Quatre femmes et trois hommes tentent à ce jour de succéder au Portugais de 77 ans, qui terminera le 31 décembre son deuxième mandat de cinq ans comme secrétaire général de cette institution minée par les crises et les divisions.
Au terme d’un scrutin qui n’est encore qu’indicatif, aucun des sept n’a réussi à échapper à un vote négatif de l’une des cinq grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) sur les quinze qui composent le Conseil. Lors du vote de vendredi, tenu à huis clos, les Etats membres ont anonymement assigné à chaque candidat une mention : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Pour la première fois depuis le début de ce processus électoral complexe et opaque, le vote des cinq membres permanents apparaissait en couleur.
Jusqu’à présent, la Costaricaine Rebeca Grynspan, âgée de 70 ans, qui dirigeait l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (Cnuced), faisait la course en tête. Avec neuf « encourage », Rebeca Grynspan arrive encore en tête de ce scrutin mais elle a également reçu cinq « décourage », dont deux émanant de membres permanents, et un « sans opinion ».
Derrière elle arrive l’actuel dirigeant de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Argentin Rafael Grossi, âgé de 65 ans, avec 8 « encourage », six « décourage » dont deux membres permanents, et un « sans opinion ». En troisième position figure Carolyn Rodrigues-Birkett, âgée de 53 ans, ancienne ministre des affaires étrangères du Guyana (8-6-1), suivie de l’ex-représentant spécial de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, l’Ougandais Olara Otunnu, âgé de 76 ans (4-10-1).
En queue de peloton, l’ancien président du Sénégal Macky Sall, 64 ans (5-10-0), l’ex-ministre des affaires étrangères et de la défense de l’Equateur Maria Fernanda Espinosa, 62 ans (3-9-3), et la diplomate équatorienne Ivonne A-Baki, 75 ans (1-14-0).
Graves difficultés financières
A tout moment, un nouveau postulant peut se déclarer. En 1996, « Kofi Annan n’était pas candidat et il est apparu un jour avant d’être élu », rappelait récemment une source diplomatique.
« Si des pays souhaitent présenter davantage de candidats, cela relève tout à fait de leur droit souverain », a lancé avant le vote le représentant permanent des Etats-Unis à l’ONU, Mike Waltz. Ce faisant, il a également tracé la feuille de route de Washington pour le poste : « Il faut une réforme des opérations de maintien de la paix, une réforme budgétaire, et davantage de rigueur. (…) Réduisons la bureaucratie. Réduisons les frais de structure. »
Parmi les noms qui circulent figurent notamment le Bulgare Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza du Conseil de la paix mis en place par Donald Trump, ou encore Lana Nusseibeh, ministre adjointe aux affaires politiques des Emirats arabes unis.
Selon une tradition géographique pas toujours respectée, l’Amérique latine revendique cette fois le poste. De nombreux pays poussent également pour qu’une femme prenne pour la première fois la tête de l’ONU. « Nous comprenons qu’il existe un souhait de rotation régionale. Bien entendu, si le meilleur candidat est une femme, nous nous en réjouirions. Mais ce dont nous avons réellement besoin, c’est avant tout du meilleur candidat », a insisté Mike Waltz.
Ce processus intervient alors que l’ONU traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire, le multilatéralisme qu’elle défend étant largement mis à mal par des pays qui jusqu’alors le défendaient, comme les Etats-Unis. Elle est également confrontée à une multiplication des conflits dans le monde et de graves difficultés financières. En septembre, Antonio Guterres faisait l’amer constat que « chaque jour, les choses empirent un peu ». « Il n’y a aucune amélioration nulle part », a-t-il insisté, lâchant même qu’il n’avait « aucun pouvoir ».
Le Monde avec AFP


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