NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Article réservé aux abonnés
EnquêteUne peau éclatante, c’est la promesse de la K-beauty, la cosmétique coréenne, dont la promotion inonde les réseaux sociaux. Des milliers de Françaises s’offrent un séjour « soins cutanés » à Séoul, où cette approche de l’esthétique, aux rituels séculaires et aux techniques innovantes, est un levier de soft power.
Dans une petite salle exiguë d’une clinique dermatologique à Séoul, Mélanie B. plonge son visage dans une machine rétroéclairée et bourrée de capteurs, qui analyse sa peau dans les moindres détails. Texture, taches pigmentaires, ridules et taille des pores, tout est passé au crible. Puis direction le cabinet du médecin, dont l’ordinateur affiche déjà les résultats du diagnostic cutané. En moins de vingt minutes, la marche à suivre est fixée. Venue pour des injections de Botox au menton et dans les glandes salivaires, dans le but d’affiner sa mâchoire (facturées de 50 000 wons à 250 000 wons la séance, soit de 33 à 170 euros), elle repart avec, en prime, une séance de Xerf, un traitement sud-coréen non invasif, par radiofréquence, destiné à retendre l’épiderme (de 930 à 1 600 euros). Elle refuse néanmoins les injections de Rejuran (470 euros), produit à base de polynucléotides issus de l’ADN de saumon, que lui recommande le médecin au vu de sa peau « ultra-sèche » et de ses « rougeurs ». Pour finir, un peu de lumière LED bleue afin d’apaiser les tissus et favoriser la récupération.
Le tout aura duré une bonne heure. Ce parcours express, cette touriste française de 31 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, l’a suivi à la mi-août, lors d’un passage de quatre jours à Séoul, après trois semaines à Taïwan et au Japon. « J’utilise des produits cosmétiques coréens dans ma routine quotidienne depuis 2018, raconte-t-elle. J’apprécie particulièrement l’approche coréenne de la prévention du vieillissement, “l’anti-aging”. Alors que celle de la France est plutôt curative. » Dans Soigner sa peau. Exploration d’une obsession (La Découverte, 208 pages, 20 euros), l’essayiste Mona Chollet explique que cet appétit dévorant pour les soins de peau traduit, au-delà de la seule influence du numérique, un besoin viscéral de contrôle et de réconfort. Dans un monde de chaos où prospère la « permacrise » (crise permanente), il devient capital de se raccrocher à des routines : « Un matin ou un soir où vous vous retrouvez dans la sécurité de votre salle de bains, face au miroir, à répéter les mêmes gestes que la veille, en utilisant les produits que vous fournit la corne d’abondance de la société de consommation, n’est-ce pas chaque fois une journée ou une nuit gagnée, une petite victoire sur la hantise de la catastrophe, de la pénurie ? », écrit la journaliste franco-suisse.
Dans la clinique dermatologique Relieve, à Séoul, la peau du visage de Mélanie B. fait l’objet d’un diagnostic cutané à l’aide d’un analyseur 3D, le 17 août 2026.
Le bilan dermatologique de Mélanie B., réalisé à l’aide de l’analyseur 3D, s’affiche sur un écran tactile, dans la clinique dermatologique Relieve, à Séoul, le 17 août 2026. Ce rituel complexe où soigner sa peau revient, psychiquement, à sauver sa peau est plus perfectionné en Corée du Sud qu’ailleurs, notamment avec le layering (la « superposition »), mondialement popularisé par l’entrepreneuse américano-coréenne Charlotte Cho. Le protocole, inspiré d’approches ancestrales, consiste à superposer méthodiquement les produits de soin de la texture la plus fine à la plus épaisse. L’attention méditative portée au rituel d’application lui-même compte tout autant que les soins, le tout permettant une hydratation maximale et une reconnexion avec soi. Ce bien-être épidermique venu d’Asie s’exprime, dans sa quintessence, au travers de la glass skin (« peau de verre »), une peau devenue tellement lumineuse qu’elle en paraît translucide, un Graal de pureté pour lequel certaines n’hésitent pas à parcourir plusieurs milliers de kilomètres.
Il vous reste 79.37% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


1 hour_ago
50


























.jpg)






French (CA)