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Premier bilan des manifestations lycéennes pour Jean-Philippe Agresti, recteur de l'académie Orléans-Tours, qui réagit également aux tirs de mortiers dans les lycées du Loiret.
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Par Emilie Tournie Publié le 6 nov. 2026 à 17h38
« Stop ! Ce n’est pas possible », tonne Jean-Philippe Agresti, recteur de l’académie d’Orléans-Tours, ce matin du vendredi 6 novembre 2026.
Depuis le début de la semaine, des mortiers d’artifice se sont invités à l’intérieur ou aux abords de plusieurs lycées du Loiret, notamment au sein de l’établissement Maurice Genevoix à Ingré, ce mercredi, puis près du lycée Benjamin Franklin à Orléans, ce jeudi. Que se passe-t-il ? On fait le point.
« On voit une montée de la violence », encore des tensions dans les lycées
Tout d’abord, rappelons que le territoire couvert par l’académie, compte 120 lycées, dont 87 publiques et 33 privés. « On a eu 21 lycées publique qui ont été touchés, d’une manière ou d’une autre, et une dizaine environ, dont l’essentiel sur Tours, qui ont eu plusieurs jours de fermeture, notamment avant les vacances », souligne le recteur.
A l’heure actuelle, des tensions sont encore présentes dans certains d’entre eux.
On voit une montée de la violence, c'est-à-dire, une baisse très forte des mobilisations, mais une montée d'intensité de la violence. On a, depuis le début de la semaine, des tensions sur quelques établissements à Tours (Balzac, Louis Grandmont, Paul-Louis Courrier). Vous le savez, en milieu de semaine, un tir de mortier à l'intérieur de l'établissement d'Ingré, et puis, ce matin, de nouveau des tensions à Voltaire, et à Ingré.
De même à proximité du lycée Jacques Monod à Saint-Jean-de-Braye, ce matin, avec de nouveaux tirs de mortiers.
Du nouveau sur les faits à Ingré...
Selon un communiqué du tribunal d'Orléans paru jeudi soir, l'incident a occasionné
trois impacts sur les murs et le plafond de l'établissement. Atteinte d'acouphènes et présentant des brûlures sur ses vêtements, une victime a été emmenée aux urgences par ses parents.
Lors des premières constatations, un mortier percuté (tiré), un briquet, et un second mortier non percuté (non tiré), ont été retrouvés cachés dans une poubelle. "Une enquête pour des faits de violence avec arme a été ouverte et confiée au service local de police judiciaire de la direction interdépartementale de la police nationale d’Orléans, afin de déterminer les circonstances exactes de cet incident et d'identifier l'auteur des faits", informe le tribunal.
« Il est inconcevable que l’on tire un mortier à l’intérieur d’un établissement »
Au sujet des événements à Ingré, le recteur n’a pas mâché ses mots :
Il est inconcevable que l'on tire un mortier à l'intérieur de l'établissement au risque de blesser un camarade, de blesser un personnel, voire pire, de mettre le feu à l'établissement ou de faire plusieurs victimes. Et là-dessus, on sera absolument intransigeants. Je peux tout comprendre, je peux tout accepter, je peux travailler sur tout au niveau académique, mais à aucun moment je ne peux accepter que soit mise en danger la vie des élèves et des personnes. Parce que c'est de ça dont il s'agit.
« Maintenant, il faut que chacun se réveille », poursuit-il, passablement énervé. « Il faut que collectivement, la communauté des adultes dise « Là, on est en train de franchir une frontière ». Parents, communautés enseignantes, responsables politiques de tous bords. Stop ! Ce n’est pas possible. Donc, on va tout faire pour que ça ne se reproduise pas ».
Chose promise, chose due : une double action a été engagée à la suite de cet incident. « On a demandé aux forces de sécurité intérieure d’être à l’extérieur de l’établissement et de, avec les équipes de direction et de la vie scolaire, de faire un contrôle des sacs à l’entrée. Et à l’intérieur de l’établissement, ce sont nos équipes mobiles de sécurité avec une autre partie de la vie scolaire et de la direction de l’établissement qui contrôlaient pour voir s’il y avait de nouveau des mortiers à l’intérieur ».
Enfin, notons que le tireur a été identifié. De son côté, le recteur affirme « laisser faire la justice » et promet des sanctions disciplinaires.
Un enseignant touché à la tête par un mortier à Benjamin Franklin
Autre incident marquant : un enseignant spécialisé dans la voie professionnelle, touché à la tête par un tir de mortier, ce jeudi 5 novembre, au lycée Benjamin Franklin.

« Je l’ai eu hier au téléphone. Ça allait. Les circonstances sont à vérifier, puisqu’il me les a racontées, j’allais dire presque à chaud mais, au moment où il faisait rentrer les élèves, il a senti quelque chose lui arriver sur la tête. Il a eu du sang sur la main. C’était un tir tendu », explique Jean-Philippe Agresti.
Il assure également que, pour tout événement de ce genre, il « saisit individuellement le procureur de la République, et apporte la protection fonctionnelle ».
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