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Effondrement bancaire, démission du président Peña, destitution... Tout ce qu'il faut savoir sur la crise qui secoue le Paraguay

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Publié le 06/11/2026 à 17:35 - Mis à jour le 06/11/2026 à 17:35

Effondrement bancaire, démission du président Peña, destitution,... Tout ce qu'il faut savoir sur la crise qui secoue le Paraguay [Handout / X account of Paraguayan President Santiago Peña / AFP]

C'est une crise bancaire qui fait vaciller le sommet de l'État paraguayen. Visé par une procédure de destitution, le président Santiago Peña a présenté sa démission ce jeudi 5 novembre. Mais que reproche-t-on réellement à celui qui dirige le pays depuis août 2023 ? 

Le Paraguay a plongé dans une crise politique et bancaire sans précédent. Ce jeudi 5 novembre, le président Santiago Peña, au pouvoir depuis août 2023, a annoncé avoir présenté sa démission, lui qui est également visé par une procédure de destitution pour "mauvais exercice de ses fonctions" et "conflit d'intérêts". Mais que se passe-t-il dans ce pays d'Amérique du Sud ? 

La mise sous tutelle de la banque Ueno, l'élément déclencheur

Tout a débuté par une déclaration en plein milieu de la nuit. Mardi 3 novembre, la Banque centrale du Paraguay (BCP) a annoncé la mise sous tutelle d'Ueno Bank, qui gère les fonds de près de trois millions de personnes dans le pays et de la sécurité sociale, soit environ 850 millions de dollars. 

Une banque qui avait connu une expansion rapide dans le paysage bancaire du pays dans les dernières années et qui se retrouve donc désormais avec un processus de liquidation. Pendant plusieurs heures, des millions de personnes n'ont plus accès à leur argent, ce qui provoque une vague de panique et de contestations devant les agences de la banque partout dans le pays. 

Le mercredi 4 novembre, le Parlement adopte en urgence une loi qui permet aux épargnants touchés par cette crise de recevoir des versements pouvant atteindre jusqu'à "40 salaires mensuels minimum", soit 121 millions de guaranis, l'équivalent de 17.500 euros. Mais le mal est fait et la colère gronde dans le pays. 

Mais la veille, en pleine polémique sur la situation de la Ueno Bank, le président de la Banque centrale du Paraguay, Carlos Carvallo, a présenté sa démission, lui qui avait été nommé par le président paraguayen lui-même. Huit dirigeants de Ueno ont été placés en détention provisoire. Mais rapidement, le scandale va éclabousser le chef de l'État. 

Le président officiellement visé par une procédure de destitution

Présenté comme un économiste talentueux avant son élection à la tête du Paraguay, Santiago Peña était actionnaire du Grupo Vazquez, principal actionnaire de la banque Ueno jusqu'en mars 2025, date à laquelle il a cédé ses parts. Pour l'opposition, il y a conflit d'intérêts. 

Les choses s'accélèrent dans la journée de jeudi. Le parquet général du Paraguay annonce l'ouverture d'une enquête à l'encontre de Santiago Peña pour "des faits relatifs à la supervision et à la résolution de Ueno Bank". Les débats ont été houleux au Parlement concernant une possible procédure de destitution. Une démarche soutenue par le propre parti du chef de l'État. 

Dans une vidéo publiée sur X, Santiago Peña annonce "sa décision de présenter (sa) démission de la présidence de la République". Son acte vise à préserver "la stabilité de notre pays, la paix sociale et la nécessité de préserver nos institutions". Mais faute de quorum, soit un nombre minimum de voix ou de membres requis, cette dernière n'a pas été acceptée par le Parlement. Il reste donc pour le moment à la tête du pays. 

Mensaje del Presidente de la República, Santiago Peña, al pueblo paraguayo. https://t.co/RBz6IfFV9L

— Santiago Peña (@SantiPenap) November 5, 2026

Une manière aussi pour le Parlement de pouvoir s'assurer que le président peut être attaqué en justice. Car en cas de démission du président, ce dernier aurait acquis le statut de sénateur à vie et donc une immunité parlementaire. En session extraordinaire, les députés ont voté à l'unanimité la mise en accusation, étape nécessaire avant l'ouverture du procès en destitution devant le Sénat. 

Ce vendredi, Santiago Peña a demandé un délai de 72 heures pour préparer sa défense devant le Sénat, lui qui a reçu un acte d'accusation d'une quinzaine de pages et des centaines d'autres annexes. Une demande qui a été rejetée par le président du Sénat ce vendredi. Le procès pour destitution s'est ouvert dans l'après-midi. S'il venait à être destitué, il pourrait être poursuivi en justice et c'est son vice-président, Pedro Alliana, qui assurerait les fonctions de chef de l'État jusqu'à la fin du mandat actuel, soit jusqu'au 15 août 2028. 

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