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TRIBUNE - Alors que le pape est en visite en Algérie, l’historien remet en cause le discours dominant des élites algériennes faisant du père de l’Église un suppôt de l’impérialisme romain. Saint Augustin entretenait au contraire une certaine méfiance envers le pouvoir des empereurs, explique-t-il.
Passer la publicitéOn a pu lire, à l’occasion de la visite ces jours du pape en Algérie, que la méfiance des Algériens envers saint Augustin (354-430) a longtemps été entretenue par l’idée que le natif de Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras, en Algérie, était au fond un suppôt de l’Empire romain. Augustin était, de fait, citoyen romain parce que ses parents l’étaient et parce que sa ville natale, Thagaste, était un municipe romain de plein exercice. Rome était maîtresse de l’Afrique depuis que Scipion, en 202 avant notre ère, avait fait d’Hannibal un vaincu et de Carthage une terre vassale, devenue, sous Auguste, une cité florissante digne, selon Salvien de Marseille, d’être plus tard appelée « la Rome de l’Afrique ».
La ville dans laquelle Augustin avait fait de brillantes études et dans laquelle il se rendra le plus souvent une fois devenu, en 395, évêque d’Hippone, afin d’y prononcer de nombreux sermons, était la capitale de la province romaine d’Afrique proconsulaire, Carthage. Hippone était à quelques…


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