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La Ville de Shawinigan tente de renouveler de gré à gré, sans appel d’offres, un important contrat pour son usine de filtration dysfonctionnelle du Lac-à-la-Pêche d'une valeur de 1,5 M$.
Elle invoque comme justification que l’usine était déjà à l’arrêt lors de la mise en place du système provisoire de post-traitement des eaux usées. Il serait désormais impensable d’interrompre à nouveau les opérations pour permettre à un autre fournisseur d’installer ses équipements.
Une situation inusitée dans la gestion du laborieux et coûteux parcours vers une remise en état de marche normale de l’usine de traitement de l’eau potable du Lac-à-la-Pêche.
Le contrat de Veolia Canada, sous-traitant responsable du post-traitement des eaux de rejets via une unité mobile installée dans une remorque, arrive à échéance. Ce service est assuré depuis 2022. Or, on ne se voyait pas vraiment aller en appel d’offres pour le renouvellement au risque de tout reprendre à zéro avec un nouveau prestataire de service.
Ça serait une opération qui, effectivement, serait très complexe, surtout dans le contexte actuel. Vous savez, les choses ont quand même beaucoup évolué dans les dernières années , explique le porte-parole de la ville de Shawinigan, Frédéric Beaulieu.
L’installation de l’unité mobile avait nécessité un lot d’essais et d’ajustements, explique-t-on, ce qui avait été fait alors que l’usine était à l’arrêt. Ça n’est plus le cas maintenant.
La Ville, tout en publiant ses intentions, a donc entrepris de reconduire le contrat de 1,5 M$, de gré à gré, avec le même fournisseur.
Il faut comprendre que, dans le cas de Veolia, lorsqu’on a fait appel à leurs services pour la location de ce qu’on appelle l’Actiflo, dans le jargon, en 2022 c’était le seul fournisseur unique du produit , explique M. Beaulieu.
Les factures de l'usine continuent à s’accumuler. Québec a débloqué des fonds pour que Shawinigan puisse s’en acquitter, d’ici la mise en place d’une solution permanente. Une poursuite a été intentée contre les entreprises ayant conçu l’usine.
L’ancien maire, Michel Angers, avait toujours affiché une grande confiance pour gagner cette cause. Il sortira d’ailleurs de sa retraite pour aller témoigner, une fois le moment venu.
La décontamination du ruisseau Perchaude se poursuit
Pendant ce temps, pour 2,5 M$, la Ville a complété la décontamination du ruisseau Perchaude, dans lequel avaient été déversés des sédiments toxiques provenant de l’usine de filtration.
Des travaux d’une grande complexité ont permis de retirer jusqu’à 500 tonnes de sédiments.
André Berthiaume se montre satisfait du résultat, quoiqu’il y subsistera toujours une présence de produits non toxiques rejetés par l’usine.

André Berthiaume est propriétaire d'une terre agricole à Shawinigan. Il avait trouvé des poissons morts dans un ruisseau près de chez lui en raison des activités de la STELAP. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Ce n’est pas de la pollution, mais le fond du ruisseau n’est plus comme avant. Il y a cette espèce de petite petite poussière qui est au fond du ruisseau , explique-t-il.


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