Les récents engagements pris par les nations en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ne permettront qu’une baisse de 6% d’ici à 2035, a estimé l’ONU mardi. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC, avait fixé à 60% cette réduction pour limiter le réchauffement à 1,5 degré.
«Les niveaux mondiaux totaux d’émissions de GES qui résulteront de la mise en œuvre des nouvelles feuilles de route climatiques devraient atteindre un pic puis diminuer d’ici à 2035, pour se situer, en moyenne, à 6% en dessous des niveaux de 2019», indique un nouveau rapport de l’ONU, à moins de deux semaines de l’ouverture de la COP31 à Antalya.
Même si les pays mettaient pleinement en œuvre leurs plans ainsi que leurs objectifs conditionnels, la baisse des émissions n’atteindrait que 9%.
Le dernier rapport du GIEC, publié en 2023, indiquait que, pour espérer contenir à 1,5 degré Celsius la hausse des températures d’ici à la fin du siècle, l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, il était nécessaire de diminuer les émissions mondiales de 43% en 2030 et 60% en 2035 par rapport à 2019.
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Dans son rapport l’an dernier, l’ONU anticipait une baisse de 10% des émissions d’ici à 2035, mais c’était avant la prise en compte du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris et alors que beaucoup de pays n’avaient pas encore publié leurs nouveaux engagements climatiques (NDC). Cette année, le rapport se base sur les NDC de 154 pays, représentant environ 70% des émissions mondiales.
Ce rapport «nous rappelle une fois de plus les vents contraires auxquels nous sommes confrontés actuellement», a réagi Simon Still, responsable de l’ONU Climat. Même si «les nations restent fermes et vont de l’avant», ces chiffres «démontrent une nouvelle fois que les progrès collectifs restent clairement insuffisants», ajoute-t-il.
«En mettant l’accent sur des mesures concrètes visant à favoriser une meilleure mise en œuvre, la COP31 en Turquie peut contribuer à combler certaines des principales lacunes», conclut le responsable.
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Dans deux autres rapports également publiés mardi, l’ONU met en évidence que, sur les questions d’adaptation et de financement, des progrès ont été faits, mais qu’ils restent encore largement loin du compte.
Les flux mondiaux de financements en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre ont ainsi atteint une moyenne de 1900 milliards de dollars par an en 2023 et 2024, soit une augmentation de 32% par rapport à 2021 et 2022, largement portée par des investissements privés, est-il indiqué.
Toutefois, ce nombre reste bien en deçà des besoins: un récent rapport de la Climate Policy Initiative, repris par le Programme des Nations unies pour le développement, chiffrait ces besoins de financement à 7800 milliards de dollars par an jusqu’en 2030, puis 9000 milliards entre 2031 et 2035.
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