Nous sortons de l’été le plus chaud jamais enregistré en Europe de l’Ouest. La science est claire: cela ne fera qu’empirer sans des changements socio-économiques majeurs. Pourtant, gouvernements et entreprises s’obstinent à maintenir le statu quo, et la sortie des énergies fossiles comme la mise en œuvre de réelles mesures de sobriété énergétique semblent plus que lointaines. Dans le domaine des mobilités quotidiennes, les recommandations de la science pour réduire les émissions sont claires, à savoir plus de mobilités actives, plus de transports en commun et de covoiturage, et plus de télétravail. Malgré cela, les voitures sont de plus en plus nombreuses, lourdes et volumineuses, les automobilistes encore souvent seul·e·s dans leur véhicule, et les autoroutes continuent de s’étendre.
La banalisation des autoroutes et des automobiles depuis la seconde moitié du XXe siècle ne doit pas faire oublier leurs effets destructeurs sur la santé et la sécurité humaines, ainsi que sur bon nombre d’espèces vivantes dont les habitats continuent de se détériorer. Les études récentes sur la «motonormativité» (LT du 28.02.2026) nous incitent d’ailleurs à dénaturaliser le système automobile en visibilisant ses effets délétères. Ainsi, les autoroutes, réservées aux voitures et aux camions, demeurent contestées. C’est dans ce contexte que le chantier de l’A412, aux portes de Genève, donne lieu à une bataille judiciaire et des affrontements vifs sur le terrain. Pour l’Etat, les concessionnaires et de nombreux soutiens locaux, cette autoroute, en chantier depuis début septembre, se justifie par trois promesses: désenclaver le Chablais, délester les routes secondaires pour réduire accidents et pollution entre Thonon-les-Bains et Genève, et faire gagner du temps aux automobilistes. Ce récit promeut l’autoroute comme unique solution à ces enjeux, sans discussion de fond sur les impacts néfastes de nos régimes mobilitaires.


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