Récemment, un programme de recherche participative français ayant pour but d’étudier l’écologie des tiques et prévenir les maladies qu’elles transmettent a livré ses résultats. L’une des préoccupations en matière de santé est évidemment la maladie de Lyme. Or, l’étude montre que 15,4% des tiques sont porteuses, soit quasiment une sur six.
Évaluer le niveau de contamination des tiques en France
Avec le retour du printemps, les tiques font à nouveau leur apparition. Or, ces acariens parasites friands du sang des humains sont malheureusement des vecteurs de maladies, dont la maladie de Lyme. Il s’agit ici d’une infection par la bactérie Borrelia burgdorferi suite à la morsure d’une tique (généralement indolore), laissant apparaitre une rougeur circulaire s’accompagnant parfois de fièvre, de fatigue et de maux de tête. Il faut savoir que d’une manière générale, l’inflammation se soigne très bien à l’aide d’antibiotiques. En cas de diagnostic non tardif, des complications graves peuvent toutefois survenir : atteintes articulaires chroniques (arthrite), troubles neurologiques (paralysie faciale, méningite), cardiaques ou cutanées.
Le 10 mars 2026, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) a publié un communiqué livrant les résultats du programme CiTique. Il s’agit d’un programme de recherche participative visant notamment à évaluer le niveau de contamination des tiques en France, auquel 26 000 personnes ont participé de 2017 à 2019. Selon les résultats, sur un échantillon de 2 009 tiques ayant piqué des humains dans le pays, 15,4% (1 sur 6) portaient la bactérie à l’origine de la maladie de Lyme.
L’INRAE a présenté ses résultats sous forme de cartographie, dans la mesure où l’échantillon faisait l’objet d’une répartition de 100 à 300 tiques par région française. Ainsi, la région la plus touchée est le Grand-Est et dans une moindre mesure, celles du centre du pays (voir carte ci-après).
Crédit : INRAE / Programme CiTiqueUn programme utile dont les recherches se poursuivent
L’étude révèle que 94% des tiques analysées appartiennent à l’espèce Ixodes ricinus, l’espèce de tique la plus fréquente en Europe. Si 15,4% de ces dernières portaient la bactérie Borrelia burgdorferi responsable de la maladie de Lyme, 7,1% abritaient l’Anaplasma phagocytophilum, bactérie responsable de l’anaplasmose granulocytaire et 2,9 % étaient porteuses de la bactérie Neoehrlichia mikurensis, responsable de la neoehrlichiose. Citons enfin un taux de 1,3% de tiques contenant le parasite protozoaire Babesia spp, responsable de babésioses. Aussi, l’étude indique que 4,5% des tiques sont porteuses d’au moins deux agents pathogènes différents.
« La plupart des études se concentrent sur l’analyse de tiques libres collectées sur la végétation. Ces données sont intéressantes, mais ne permettent généralement pas de réaliser des collectes à large échelle, ni de savoir si ces tiques – et les agents pathogènes qu’elles contiennent – sont représentatives de celles auxquelles sont exposées les personnes et animaux qui se font piquer. », peut-on lire dans le communiqué.
Selon les responsables du programme CiTique, l’étude démontre l’intérêt des sciences participatives pour étudier la distribution spatiale des espèces de tiques et des agents pathogènes bactériens et parasitaires auxquels les citoyens peuvent être exposés. Ces mêmes citoyens sont d’ailleurs invités à communiquer les morsures sur eux-mêmes ou leurs animaux via l’application Signalement TIQUE. Enfin, l’INRAE a indiqué que les résultats obtenus ont conduit à un travail de modélisation ayant pour but d’identifier les facteurs permettant d’expliquer cette distribution en France, dont les résultats devraient paraitre d’ici sous peu dans une revue scientifique.


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