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Séances insuffisantes, troubles légers... Pourquoi ces professionnels appellent à une refonte du dispositif « Mon soutien psy »

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Santé 07/05/2026 23:07

Ils estiment que le remboursement des consultations psy laisse de côté les patients les plus fragiles et ne correspond plus à la réalité du terrain.

Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

Le dispositif “Mon psy”, lancé par le gouvernement en 2022, permet à tout patient de plus de 3 ans de se faire rembourser jusqu’à 12 séances par an par l’Assurance maladie.

SDI Productions via Getty Images

Le dispositif “Mon psy”, lancé par le gouvernement en 2022, permet à tout patient de plus de 3 ans de se faire rembourser jusqu’à 12 séances par an par l’Assurance maladie.

Lancé en 2022 pour faciliter l’accès aux consultations psychologiques, « Mon soutien psy » devait marquer un tournant dans la prise en charge de la santé mentale en France. Quatre ans plus tard, le dispositif est vivement critiqué par une partie des professionnels du secteur, qui dénoncent un système trop limité pour répondre aux besoins réels des patients.

Dans une tribune publiée par L’Express, une trentaine de psychologues, médecins, chercheurs et universitaires appellent à une profonde refonte du dispositif. Selon eux, « Mon soutien psy » représente certes une avancée importante, mais son fonctionnement actuel « compromet sa portée et son efficacité ».

Le système permet d’accéder à douze séances remboursées chez un psychologue conventionné pour des troubles anxieux ou dépressifs considérés comme « légers ». Et c’est justement ce cadre qui pose problème aux signataires.

Ils dénoncent des critères d’accès jugés beaucoup trop restrictifs puisque les patients souffrant de dépressions sévères, de psychotraumatismes complexes, de troubles chroniques ou présentant un risque suicidaire sont exclus du dispositif actuel. Une situation difficile à comprendre pour ces professionnels, car ces profils figurent parmi les plus fragiles.

Repenser le dispositif ou le supprimer ?

Un autre point de crispation est la limite fixée à douze séances par an. Pour les auteurs de la tribune, ce plafond administratif ne correspond pas à la réalité de nombreuses prises en charge, notamment en psychotraumatisme ou chez les enfants et adolescents. Selon eux, cette restriction oblige parfois les patients à interrompre leur suivi ou à financer eux-mêmes la suite de leur accompagnement, ce qui risque d’aggraver les inégalités d’accès aux soins.

Les professionnels critiquent d’ailleurs les conditions financières du dispositif. Ils estiment que les tarifs actuels ne permettent pas d’exercer durablement sous convention avec l’Assurance maladie, en particulier compte tenu des charges administratives imposées aux praticiens.

Face à ces constats, les signataires réclament la création d’une véritable convention nationale entre les psychologues et l’Assurance maladie. Leur objectif serait de permettre une prise en charge plus souple, adaptée aux besoins réels des patients et fondée sur des pratiques validées scientifiquement.

Mais le débat demeure au sein même de la profession puisque certains syndicats de psychologues réclament au contraire la suppression pure et simple du dispositif, estimant que les financements devraient plutôt renforcer les structures publiques de psychiatrie et les centres médico-psychologiques, déjà saturés.

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