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Le candidat à la primaire PS accuse le porte-parole de Raphaël Glucksmann de « vomir sur François Ruffin », après un message particulièrement violent.

FREDERIC PETRY / Hans Lucas via AFP
Philippe Brun le 28 août à Blois.
L’animosité monte d’un cran au Parti socialiste, à quelques semaines du premier tour de la primaire et alors que la question d’une éventuelle participation de François Ruffin à cette procédure interne était sur toutes les lèvres ces dernières heures. En cause : une proposition d’Olivier Faure de revoir les règles de cette élection, ouvrant ainsi la porte au député de la Somme.
Mais dans un tweet publié lundi soir à 22h, le député de la Somme a lui-même fermé la porte, expliquant vouloir mettre fin à ce « cirque ». La primaire de toute la gauche à laquelle il aspirait n’aura pas lieu car, écrit-il, « ils ont peur » de sa candidature. « Pourquoi il n’y a pas de grande primaire ? Parce que les socialistes, parce que Raphaël Glucksmann, savaient qu’il la perdait. Du coup, ils ont inventé leur petite primaire ». Celui qui se revendique « du pari de l’unité et du débordement » reproche aux « apparatchiks » d’avoir « verrouillé la porte », et même de l’avoir « blindée ».
Une critique très sévère (et non dissimulée) de Raphaël Glucksmann à laquelle l’ex-macroniste Sacha Houlié, porte-parole du candidat Place publique, a directement répondu sur X. « Personne n’a peur de toi François », a-t-il tweeté, avant d’ajouter : « Tu es anticapitaliste, tu es souverainiste, tu es contre le nucléaire civil, tu es opposé à la régularisation des travailleurs étrangers. Sans ton crime de lèse-majesté, tu serais encore avec La France insoumise. Comment peux-tu prétendre incarner la gauche sociale-démocrate ? ».
Un message qui est très mal passé à gauche, où beaucoup rappellent que Sacha Houlié a été un soutien d’Emmanuel Macron jusqu’à une période très récente. Il n’a rejoint le mouvement de Raphaël Glucksmann qu’en juin 2025. « Un macroniste qui donne des leçons de gauche et de démocratie à François Ruffin, c’est comme un chat qui voudrait apprendre à nager à un dauphin », a moqué la députée écologiste Sophie Taillé-Polian, soutien de la première heure du Picard.
« Le sectarisme est détestable »
Mais la réplique la plus acerbe est venue de Philippe Brun, député PS et lui-même candidat à la primaire. Après un laconique « Supprime » adressé à Sacha Houlié, il s’en est pris à la façon de faire de l’ancien macroniste, qui a rejoint le groupe socialiste à l’Assemblée il y a un an : « J’ai dix fois plus de points communs avec Ruffin qu’avec toi et pourtant j’ai voté pour ton adhésion au groupe socialiste, parce que le sectarisme est une chose détestable. On ne rassemblera pas 51 % des Français en vomissant sur Ruffin ».
Il faut suivre pour comprendre : Philippe Brun est un opposant interne à Olivier Faure, ne siège pas sur les mêmes bancs que François Ruffin à l’Assemblée, mais défend sa réputation contre un député (Sacha Houlié) qui siège pourtant dans le même groupe que lui. Bref, un sac de nœuds qui illustre bien les batailles de courants au sein du PS, autant que la montée de fièvre qui accompagne l’entrée dans la campagne présidentielle.
« Entre-soi »
En réalité, Philippe Brun est loin d’être le seul à ne pas avoir apprécié la prise de parole de Sacha Houlié. D’autres élus de gauche s’en sont agacés, telle que l’eurodéputée écologiste Mélissa Camara, qui a ironisé sur « la primaire “socialiste” où il est insultant d’être anticapitaliste ».
Le député PS Pierrick Courbon a lui aussi estimé que le message de l’ex-macroniste n’est « approprié ni sur le fond ni sur la forme ». « François Ruffin a évidemment sa place à nos côtés, autant que ceux qui ont accompagné le macronisme avant d’en voir les dérives. Sauf à vouloir une primaire de l’entre-soi tristement étriquée ». À Blois, lors de la rentrée du PS fin août, tous les cadres dirigeants disaient vouloir une campagne apaisée. « Il n’y aura pas de sang sur les murs », prévenait même Olivier Faure. Le naturel est revenu au galop.


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