Une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS), publiée ce jeudi 4 juin, illustre le fait que nous ne sommes pas égaux face au cancer en France : les personnes aux revenus les plus modestes développent plus souvent certains types de cancers, des formes plus graves et diagnostiquées plus tardivement.

En partenariat avec Destination Santé - 08 juin 2026 à 17:00 | mis à jour le 08 juin 2026 à 18:09 - Temps de lecture :

  • La nouvelle étude de la DRESS parue ce jeudi 4 juin pointe les inégalités sociales face à quatre types de cancer (poumon, sein, prostate, côlon-rectum).Photo Adobe Stock

    La nouvelle étude de la DRESS parue ce jeudi 4 juin pointe les inégalités sociales face à quatre types de cancer (poumon, sein, prostate, côlon-rectum).

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  • Cette étude s’appuie sur une base de données qui combine des informations sur la population (Insee) et sur les soins médicaux et hospitalisations, couvrant les années 2013 à 2020.Photo Adobe Stock

    Cette étude s’appuie sur une base de données qui combine des informations sur la population (Insee) et sur les soins médicaux et hospitalisations, couvrant les années 2013 à 2020.

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  •  plus le niveau de vie est faible, plus le risque de cancer est élevé. En classant la population en dix groupes (du plus pauvre au plus aisé), les hommes du groupe le plus modeste ont un risque multiplié par 2,2 par rapport à ceux du groupe le plus favorisé.Photo Adobe Stock

    Sans réelle surprise, pour le cancer du poumon, les différences sont importantes : plus le niveau de vie est faible, plus le risque de cancer est élevé. En classant la population en dix groupes (du plus pauvre au plus aisé), les hommes du groupe le plus modeste ont un risque multiplié par 2,2 par rapport à ceux du groupe le plus favorisé.

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La nouvelle étude de la DRESS parue ce jeudi 4 juin pointe les inégalités sociales face à quatre types de cancer (poumon, sein, prostate, côlon-rectum).

Cette étude s’appuie sur une base de données qui combine des informations sur la population (Insee) et sur les soins médicaux et hospitalisations, couvrant les années 2013 à 2020.

Plus forte incidence du cancer du poumon chez les populations les plus modestes

Sans réelle surprise, pour le cancer du poumon, les différences sont importantes : plus le niveau de vie est faible, plus le risque de cancer est élevé. En classant la population en dix groupes (du plus pauvre au plus aisé), les hommes du groupe le plus modeste ont un risque multiplié par 2,2 par rapport à ceux du groupe le plus favorisé. Chez les femmes, la tendance est la même, avec un écart moins important : le risque est 1,7 fois plus élevé dans le groupe le plus pauvre. Les auteurs relient surtout ces différences au tabagisme, plus fréquent dans les milieux modestes. Ils évoquent aussi une diffusion plus limitée des connaissances sur les effets du tabac comme facteur de risque dans ces populations.

Pour le cancer colorectal, une tendance similaire apparaît, mais à nuancer : les trois groupes de la population les plus aisés sont moins touchés. Toutefois, les écarts entre groupes restent moins forts que pour le cancer du poumon, et la progression selon le niveau de vie n’est pas régulière. Difficile donc d’être affirmatif.

Globalement, les formes de cancer dites « évitables », comme la majorité des cancers du poumon, sont plus fréquentes dans les milieux défavorisés : les personnes appartenant aux 10 % les plus modestes ont un risque doublé par rapport aux 10 % les plus aisés. Cela peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment le tabagisme, l’obésité et certaines expositions professionnelles.

Légère surreprésentation des cancers du sein et de la prostate chez les plus aisés

À l’inverse, certains cancers sont plus souvent diagnostiqués chez les personnes les plus aisées, notamment ceux du sein et de la prostate. Pour le cancer du sein, les femmes appartenant au dixième de niveau de vie le plus élevé présentent un risque 1,3 fois plus important que celles du dixième le plus modeste. Les auteurs avancent l’hypothèse d’une utilisation plus fréquente de la contraception orale et des grossesses plus tardives dans les milieux favorisés.

Chez les hommes, le cancer de la prostate est également plus souvent diagnostiqué chez les plus aisés, avec un risque 1,4 fois plus élevé. Les auteurs relient cette différence à un recours plus fréquent au dosage du PSA (antigène spécifique prostatique), un test de dépistage qui conduit à des diagnostics plus précoces et plus nombreux, y compris pour des tumeurs qui seraient passées totalement inaperçues sans ce dépistage (certaines formes évoluent lentement et peuvent rester longtemps asymptomatiques et il n’y a pas de dépistage généralisé du cancer de la prostate en France).

Un pronostic souvent plus sombre chez les plus défavorisés

Tous cancers confondus, un gradient social apparaît nettement sur le pronostic. Les personnes les plus défavorisées sont davantage exposées aux tumeurs évoluant défavorablement (par comparaison avec les 10 % les plus aisés) : le risque est accru de 70 % pour les cancers au pronostic péjoratif et de 30 % pour les formes intermédiaires. À l’inverse, la probabilité de développer une tumeur de bon pronostic est réduite d’environ 40 %.

Le diagnostic est aussi plus tardif dans ces populations, où les cancers y sont plus fréquemment identifiés à un stade avancé. Pour les formes de cancers invasives, la probabilité d’évolution vers une maladie agressive est environ multipliée par 2,1 chez les plus modestes par rapport aux plus aisés.

De plus, le risque de développer un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic est 2,3 fois plus important chez les plus modestes que chez les plus aisés lorsque la localisation est dépistable. Dans le cas contraire, les inégalités d’incidence de cancer déjà métastasé disparaissent quasi intégralement. Autrement dit, c’est surtout lorsqu’un cancer est dépistable que les plus aisés parviennent à le diagnostiquer plus tôt, avant qu’il ne métastase.

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