Dans le cadre d’une vaste enquête en Italie, des chercheurs ont tenté de comprendre l’impact de l’ouverture d’un compte personnel dès l’enfance. Les résultats confirment qu’un usage précoce et massif des réseaux sociaux s’associe directement à de moins bonnes notes à l’école chez les adolescents.
Une nouvelle étude dans un contexte de crainte autour des réseaux sociaux
L’actualité des réseaux sociaux – TikTok, Snapchat, Instagram et consorts – est notamment marquée par diverses interdictions ciblant les jeunes ces derniers temps, notamment en Australie et en Indonésie. Le 21 juillet 2026, la France a adopté définitivement une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une application dès la rentrée de septembre 2026. Citons également le Royaume-Uni, dont l’interdiction pour les moins de 16 ans prendra effet en début d’année 2027.
Il faut dire que depuis quelques années déjà, les études se multiplient en ce qui concerne l’usage des réseaux sociaux par les enfants et les adolescents. La plupart du temps, les conclusions sont relatives à la santé mentale des jeunes, notamment les risques de dépendance, de dépression ou encore, de baisse de performances scolaires.
Les performances scolaires sont justement le sujet d’une étude menée par l’Université de Milan-Bicocca (Italie) et publiée dans la revue Nature Human Behaviour le 3 aout 2026. Les chercheurs ont suivi 5 227 élèves italiens âgés de 7 à 16 ans, principalement dans le but d’analyser l’impact de l’ouverture d’un compte personnel dès le début du collège
Une catastrophe en mathématiques et dans l’apprentissage de la langue maternelle
L’étude met en avant des effets variables selon les matières et des mécanismes précis de distraction. Chez les gros usagers précoces des réseaux en classe de 6e, 5e ou 4e, il est question d’un déficit de compétences notable par rapport à ceux ayant attendu la classe de 3e ou le lycée avant d’ouvrir un compte. Les auteurs de l’étude ont évoqué de fortes chutes dans deux matières fondamentales, à savoir l’italien et les mathématiques. Or, ce retard persiste une fois au lycée, avec des risques que l’écart se creuse encore plus rapidement après cette transition.
« Les résultats démontrent clairement que l’utilisation précoce des réseaux sociaux nuit aux résultats scolaires. », peut-on lire dans l’étude.
Précisons tout de même que certaines matières pas ou peu impactées, notamment l’anglais en deuxième langue. Pour les chercheurs, l’omniprésence des contenus anglophones sur les réseaux sociaux permettrait aux jeunes de bénéficier d’un apprentissage informel.
Crédit : Kitzcorner / iStock
Mais pourquoi les notes baissent-elles ?
Selon les auteurs de l’étude, les algorithmes captent l’attention au détriment de l’apprentissage. La baisse des résultats s’explique donc par plusieurs facteurs comportementaux. Citons notamment le fait que les élèves inscrits le plus tôt vérifient constamment leur smartphone. Il faut dire que les notifications interrompent les devoirs et donc, empêchent la concentration sur des tâches longues. Par ailleurs, il s’avère que le « scrolling » tardif sur les écrans retarde l’endormissement. Ainsi, la fatigue qui s’accumule réduit directement les capacités cognitives en classe dès le lendemain. Evidemment, les chercheurs ont aussi évoqué le manque de supervision parentale. En effet, les profils des jeunes utilisateurs les plus actifs montrent qu’ils bénéficient généralement de moins d’encadrement familial dans leur vie numérique.
Enfin, les chercheurs italiens ont formulé quelques recommandations. Dans la mesure où leurs résultats montrent que l’âge d’inscription compte plus que le temps total passé devant l’écran, les auteurs préconisent d’attendre au minimum la classe de 3e (autour de 14-15 ans) pour laisser l’ado créer un compte sur les réseaux sociaux. Dans un second temps, l’accent doit être mis sur la supervision parentale, un encadrement strict concernant la préservation de moments clés comme le réveil, la phase précédant l’endormissement et évidemment, le temps alloué aux devoirs.


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