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Un nouveau site permet de visualiser, partout dans le monde, l’avenir de tous les glaciers et l’avancée de leur fonte selon plusieurs scénarios de réchauffement.
Passer la publicité Passer la publicité« Le glacier que vous avez visité enfant existera-t-il encore en 2050 ? Et dans quelle mesure le fait de limiter le réchauffement climatique changerait-il la donne ? » Pour répondre à ces questions, des scientifiques viennent de lancer un nouveau site interactif, le Global Glacier Extinction Explorer, qui permet d’estimer l’année de disparition - ou non - de chaque glacier partout dans le monde, selon différents scénarios de hausse globale des températures.
Cette cartographie reprend les résultats d’une étude menée par des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich et de l’université VUB de Bruxelles publiée en 2025 dans la revue Nature Climate Change . Ces travaux reprenaient l’inventaire global des glaciers de plus d’un hectare partout dans le monde puis simulaient grâce à plusieurs modèles climatiques l’impact sur ces glaciers de quatre scénarios de réchauffement d’ici à 2100 : +1,5 °C et +2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, soit les objectifs fixés par l’accord de Paris ; +2,7 °C, plus ou moins ce vers quoi on se dirige aujourd’hui ; et +4 °C, scénario plus pessimiste.
L’étude concluait que le rythme actuel de perte de 1000 glaciers chaque année était voué à s’accélérer, pour atteindre un pic d’au moins 2000 d’ici 2041 même si le réchauffement était limité à 1,5 °C… ce que l’on sait désormais impossible. Si l’on suit une trajectoire de 2,7 °C de réchauffement d’ici la fin du siècle, environ 3000 glaciers pourraient disparaître chaque année entre 2040 et 2060, selon les glaciologues.
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Hécatombe dans les massifs français
En naviguant sur ce site, ou dans l’aperçu que nous en faisons ci-dessous, on peut ainsi sélectionner un glacier et observer son état en 2100 selon les différents scénarios de réchauffement. Le site web indique aussi l’année médiane de sa disparition, indique Lander Van Tricht, l’auteur principal de l’étude qui a développé le site en collaboration avec Kristof Van Tricht, de la société belge Vito Remote Sensing spécialisée dans les données d’observation de la Terre.
Si l’on se focalise sur les Alpes françaises, on voit par exemple que le glacier de la Meije, dans le parc national des Écrins, survit au moins jusqu’à la fin du siècle dans les scénarios optimistes ou médium, mais qu’il disparaît en 2086 si le réchauffement atteint 4°C. Le glacier Blanc, lui aussi dans les Écrins, disparaît en 2075 en cas de réchauffement de + 2,7 °C, et en 2066 à + 4 °C. La mer de Glace, dans le massif du Mont Blanc, survit dans tous les scénarios… même si une de ses branches disparaît vers 2099 dans le pire des cas.
Dans les Pyrénées françaises en revanche, quelle que soit la trajectoire de réchauffement, plus aucun glacier ne subsiste à la fin du siècle. Ils disparaissent quasiment tous dans les années 2030.
« Chaque fraction de degré compte »
Cette cartographie montre une nouvelle fois que « chaque fraction de degré [supplémentaire] compte », souligne Lander Van Tricht. D’ici 2100, près de la moitié des glaciers actuels pourraient survivre à +1,5 °C, contre environ 20 % à +2,7 °C et moins de 10 % à +4 °C.
Le site est mis en ligne alors que l’année 2026 pourrait devenir l’une des pires années pour les glaciers alpins depuis le début des mesures en raison des fortes chaleurs estivales ayant suivi un hiver peu enneigé, notent les scientifiques. Ils citent l’exemple du glacier suisse de Bella Tola, officiellement déclaré disparu en août 2026 après avoir presque entièrement fondu.


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