Au Japon, des chercheurs ont au point un système assez surprenant, permettant de mesurer les radiations à l’aide d’un smartphone. Il est ici question d’un film spécial qui change de couleur sous l’effet des rayonnements ionisants, permettant ainsi d’estimer le niveau des radiations. Alors que d’une manière générale, les compteurs Geiger ne sont pas toujours très abordables, l’innovation des scientifiques nippons semble plutôt bienvenue.
Rendre la mesure de la radioactivité accessible au plus grand nombre
Rappelons tout d’abord que les radiations nucléaires sont des énergies provenant de noyaux atomiques instables, sous forme de particules alpha, bêta, et de rayons gamma. Or, ces dernières peuvent endommager les cellules vivantes et l’ADN, provoquant en cas de faible dose sur le long terme, des cancers et autres maladies cardiaques. Cependant, une forte dose peut causer la mort, après de nombreux symptômes violents.
Il est tout à fait possible de mesurer la radioactivité d’une zone à différents niveaux mais l’unité la plus commune est le Becquerel (Bq), servant à évaluer l’activité des radiations. Citons également le Gray (Gy) pour l’énergie absorbée par la matière et le Sievert (Sv), pour le risque biologique sur les être vivants et notamment, l’impact sur les humains. Différents instruments et méthodes existent mais le plus courant n’est autre que le compteur Geiger. Cependant, une rapide recherche sur Internet permet de se rendre compte qu’un tel appareil, s’il est question d’un produit de qualité, peut coûter entre 80 et 100 euros voir beaucoup plus pour les compteurs se destinant à la recherche.
Afin de rendre la mesure de la radioactivité accessible au plus grand nombre, des chercheurs de l’Université d’Hiroshima (Japon) ont travaillé sur un système ingénieux. Ce dernier a fait l’objet d’une publication dans le volume 191 de la revue Radiation Measurements, paru en février 2026.
Crédit : Yasuda et al., Radiation Measurements., 2026
Plus simple et moins cher mais perfectible
Dans les faits, le système repose sur un petit boitier contenant un film radiochromique, à savoir une petite feuille donc la couleur s’assombrit en présence de radiations. S’il est possible d’observer cette couleur changer à l’œil nu, il reste encore à ce stade impossible d’évaluer le niveau de radioactivité. Ainsi, le boitier comporte un trou faisant face au film. L’utilisateur peut donc placer son smartphone contre le boitier et prendre le film en photo, puisque l’emplacement du trou correspond également à l’objectif de l’appareil. Un scanner portable et une application dédiée se chargent ensuite d’analyser l’image et d’estimer le niveau des radiations.
« Cette étude a démontré la faisabilité d’une méthode économique de dosimétrie in situ pour des doses relativement élevées (≥ 5 Gy), combinant un film radiochromique de petite taille, un smartphone et un scanner portable […] Cet outil simple, portable et peu coûteux, ne nécessitant ni instruments lourds ni infrastructure de laboratoire, devrait être universellement utilisé par le grand public pour l’évaluation volontaire de la dose reçue lors de situations d’urgence nucléaire ou radiologique. », peut-on lire dans la publication.
S’il est question d’un dispositif simple et légèrement moins cher que les compteurs Geiger d’entrée de gamme (environ 60 euros), les scientifiques estiment qu’il est possible d’améliorer l’offre. En effet, il est question de fournir des efforts supplémentaires pour élargir la gamme de doses applicables mais aussi, développer des procédures d’étalonnage pratiques. Enfin, les films radiochromiques et les scanners portables se trouvent en quantités limitées mais selon les chercheurs, il devrait être possible d’en distribuer préalablement aux personnes potentiellement exposées à de fortes doses – notamment les secouristes et le personnel médical – ainsi qu’aux autorités locales et autres organismes compétents.


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