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Qui prendra la tête de l'ONU en 2027 ? On vous présente les sept candidats pour le poste de secrétaire général

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Après un débat à New York, un premier vote pour élire le nouveau chef de l'ONU commence jeudi. Les membres du Conseil de sécurité auront le choix parmi sept candidats.

Publié le 30/07/2026 06:03

Temps de lecture : 5min

Le siège des Nations unies à New York, le 17 mars 2022. (DANIEL SLIM / AFP) Le siège des Nations unies à New York, le 17 mars 2022. (DANIEL SLIM / AFP)

Qui succédera à Antonio Guterres ? Jeudi 30 juillet, les 15 membres du Conseil de sécurité doivent, à huis clos et anonymement, exprimer leur préférence parmi les candidats au poste de secrétaire général de l'Organisation des nations unies (ONU) à partir du 1er janvier 2027. Les postulants sont officiellement désignés par un Etat membre ou un groupe d'Etats membres. Les six premiers candidats, la Chilienne Michelle Bachelet, l'Equatorienne María Fernanda Espinosa, l'Argentin Rafael Grossi, la Costaricienne Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall ont répondu, jeudi 23 juillet, pendant près de deux heures, aux questions de diplomates, d'employés de l'ONU, de représentants de la société civile et de deux journalistes, lors d'un débat dans la salle de l'Assemblée générale à New York.

Tous ont mis en avant leurs atouts pour endosser ce rôle dans un monde en proie aux conflits, évoquant chacun leurs expériences nationales ou internationales et leur capacité à entretenir des liens avec l'ensemble des Etats membres. Ils ont chacun partagé le constat d'une ONU en crise financière. Mais, selon l'AFP, aucun ne s'impose comme favori. Samedi 25 juillet, un septième candidat s'est ajouté à cette liste : l'Ougandais Olara Otunnu. En effet, l'ONU ne fixe pas de date limite de dépôt des candidatures. Franceinfo présente ces sept visages appelés à diriger l'institution pour les cinq prochaines années.

Carolyn Rodrigues-Birkett, la candidate qui veut redonner du pouvoir au secrétaire général

Ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana de 2008 à 2015, Carolyn Rodrigues-Birkett rejoint l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) jusqu'en 2020, puis devient ambassadrice de son pays à l'ONU. A 52 ans, elle est la plus jeune des sept prétendants. Lors du débat de jeudi, elle a insisté sur le besoin de renforcer le rôle de secrétaire général. La diplomate a souligné que ce haut fonctionnaire n'a "pas le luxe" de ne pas essayer d'agir. "Je serais cette secrétaire générale qui essaie, que ce soit en Iran, en Haïti, au Soudan ou en République démocratique du Congo", a-t-elle déclaré.

Carolyn Rodrigues-Birkett s'exprime lors d'un débat dans la salle de l'Assemblée générale à New York, le 23 juillet 2026. (LEONARDO MUNOZ / AFP) Carolyn Rodrigues-Birkett s'exprime lors d'un débat dans la salle de l'Assemblée générale à New York, le 23 juillet 2026. (LEONARDO MUNOZ / AFP)

Macky Sall, l'ancien président sénégalais qui veut remettre l'ONU "sur le chemin de l'efficacité"

La candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal, est présentée par le Burundi mais ne fait pas l'unanimité au sein de l'Union africaine, qui regroupe 55 Etats du continent. Selon l'AFP, l'homme de 64 ans n'est pas soutenu par son propre pays car les autorités sénégalaises l'accusent d'avoir réprimé dans le sang les violentes manifestations politiques ayant fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024. "Pendant mes 100 premiers jours, je veux restaurer la confiance et remettre l'ONU sur un chemin pour devenir plus agile, plus efficace, plus prête à écouter, à agir et rassembler", a assuré Macky Sall lors du débat du 23 juillet, se présentant comme un "bâtisseur de ponts". Il a également souligné le lien intrinsèque entre paix et développement.

Macky Sall s'exprime devant la presse après son audition au siège des Nations unies à New York (Etats-Unis), le 22 avril 2026. (SELCUK ACAR / AFP) Macky Sall s'exprime devant la presse après son audition au siège des Nations unies à New York (Etats-Unis), le 22 avril 2026. (SELCUK ACAR / AFP)

Michelle Bachelet, ancienne présidente chilienne portée par son combat pour les droits humains

Torturée pour son opposition au régime d'Augusto Pinochet, Michelle Bachelet, 74 ans, a été la première femme présidente du Chili, de 2006 à 2010 puis de 2014 à 2018. Elle a plaidé pour un secrétaire général qui soit "la voix de la morale" même sous la pression des grandes puissances. Elle a également espéré que le monde soit enfin "prêt" pour une femme à ce poste. Sa candidature est portée par le Mexique et le Brésil. Le Chili lui a retiré son soutien après la prise de fonction du président d'extrême droite José Antonio Kast.

Michelle Bachelet monte sur scène pour participer à un débat dans la salle de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, le 23 juillet 2026. (LEONARDO MUNOZ / AFP) Michelle Bachelet monte sur scène pour participer à un débat dans la salle de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, le 23 juillet 2026. (LEONARDO MUNOZ / AFP)

Rafael Grossi, le diplomate du nucléaire qui veut une ONU plus offensive

Diplomate de carrière, Rafael Grossi, Argentin de 65 ans, est choisi par son pays. Son nom est connu du grand public depuis qu'il a pris la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en 2019. Ce poste l'a amené à s'occuper du programme nucléaire iranien et du dossier de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par la Russie. Deux dossiers brûlants qui concernent des membres permanents du Conseil de sécurité. Il ne s'est pas mis en retrait de ce poste pour la campagne, estimant que ce serait "manquer à son devoir".

Rafael Grossi, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, lors d'une conférence de presse à Tokyo, au Japon, le 26 juin 2026. (RODRIGO REYES MARIN / AFP) Rafael Grossi, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, lors d'une conférence de presse à Tokyo, au Japon, le 26 juin 2026. (RODRIGO REYES MARIN / AFP)

Selon certains observateurs, il a présenté une position plus radicale concernant la réforme de l'ONU et le rôle du secrétaire général, qui doit "vraiment" être présent sur le terrain. Lors du débat de jeudi, il a plaidé pour que le secrétaire général "intervienne" quand n'importe quel Etat membre "provoque une guerre". "Nous avons besoin de ça pour restaurer la crédibilité de l'ONU", a-t-il averti.

Maria Fernanda Espinosa, défenseure d'une ONU réformée face aux crises mondiales

Maria Fernanda Espinosa a été ministre des Affaires étrangères et de la Défense de l'Equateur et présidente de l'Assemblée générale des Nations unies. Elle défend les Nations unies comme "unique plateforme universelle à s'occuper des défis communs de l'humanité", même si elle appelle à aller plus loin dans sa réforme. L'ancienne ambassadrice de l'Equateur auprès de l'ONU, âgée de 61 ans, suggère aussi la création d'un mécanisme d'"alerte précoce" pour collecter les signaux du terrain et empêcher un conflit avant qu'il ne se déclenche. Elle n'est pas soutenue par son pays, sa candidature étant portée par Antigua-et-Barbuda.

María Fernanda Espinosa s'exprime à l'issue d'une réunion de dialogue avec des délégués dans la salle du Conseil de tutelle, au siège des Nations unies à New York, le 15 juin 2026. (SELCUK ACAR / ANADOLU / AFP) María Fernanda Espinosa s'exprime à l'issue d'une réunion de dialogue avec des délégués dans la salle du Conseil de tutelle, au siège des Nations unies à New York, le 15 juin 2026. (SELCUK ACAR / ANADOLU / AFP)

Rebeca Grynspan, l'économiste qui veut ramener l'ONU "à la table" des conflits

Ancienne vice-présidente du Costa Rica, âgée de 70 ans et soutenue par son pays, elle est la directrice de l'agence de l'ONU pour le commerce et le développement (Cnuced), dont elle s'est mise en retrait pour la campagne. Forte de son histoire personnelle, avec des parents juifs ayant "à peine survécu" à la Shoah avant d'immigrer au Costa Rica, elle déplore que l'ONU soit devenue "une organisation conservatrice en matière de risque", en n'essayant pas assez de peser sur les conflits. "Dans cinq ans, je ne veux plus que personne ne me demande : 'Où est l'ONU ?', je voudrais voir l'ONU de retour à la table dans les scénarios de conflits", a-t-elle déclaré lors du débat jeudi.

Rebeca Grynspan s'exprime devant la presse après son audition pour le poste de secrétaire générale de l'ONU, à New York (Etats-Unis), le 22 avril 2026. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP) Rebeca Grynspan s'exprime devant la presse après son audition pour le poste de secrétaire générale de l'ONU, à New York (Etats-Unis), le 22 avril 2026. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Olara Otunnu, l'ancien haut responsable de l'ONU déclaré sur le tard

Dernier candidat en lice, Olara Otunnu a été présenté par son pays d'origine et annoncé samedi 25 juillet par l'ONU à ses Etats membres. L'homme de 75 ans a été secrétaire général adjoint de l’ONU et représentant spécial pour le sort des enfants en temps de conflit armé de 1997 à 2005, sous le mandat de Kofi Annan. Il est le second candidat n'étant pas issu d'Amérique latine, continent qui revendique le poste en vertu d'une tradition de rotation géographique.

Olara Otunnu lors d'une conférence de presse à Kampala, capitale de l'Ouganda, le 30 août 2010. (MARC HOFER / AFP) Olara Otunnu lors d'une conférence de presse à Kampala, capitale de l'Ouganda, le 30 août 2010. (MARC HOFER / AFP)

Il a également été ambassadeur de l'Ouganda auprès de l'ONU, ainsi que ministre des Affaires étrangères de son pays pendant une brève période. En 2011, Olara Otunnu s'était présenté à la présidentielle pour le parti d'opposition Uganda People's Congress, mais avait perdu face au dirigeant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

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