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Des documents confidentiels révèlent comment l’Industrial and Commercial Bank of China a courtisé des entreprises à haut risque, tel un géant russe du nickel, secteur frappé en 2024 par les sanctions occidentales, pour garantir des ressources et des alliances au régime de Xi Jinping.

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Un avant-poste bancaire chinois établi à Londres a-t-il indirectement contribué à financer l’effort de guerre russe en Ukraine ? C’est la question que posent des documents confidentiels obtenus par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) et 24 médias partenaires, dont Le Monde.

Ces 4,8 millions de rapports internes, mails et mémos obtenus dans le cadre de l’enquête « China Capital » offrent une fenêtre sur le fonctionnement interne et la prise de décision au sein de l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), rouage essentiel des ambitions géopolitiques mondiales de la Chine. La banque d’Etat a utilisé sa succursale londonienne comme plaque tournante de financement d’entreprises liées à des personnalités russes et biélorusses sous sanctions, à des autocrates publiquement accusés de corruption, ainsi qu’aux appareils politiques chinois.

L’ICIJ a également découvert qu’à certaines occasions, le siège de la banque à Pékin a incité les responsables de ses filiales à l’étranger à suivre la ligne de l’Etat chinois, son actionnaire majoritaire. Objectif : consolider des alliances, acquérir des ressources naturelles et étendre le contrôle sur les infrastructures de communication, d’énergie et de transport à travers le monde. Les prêts évoqués concernent par exemple l’Angola, le Koweït ou la Sierra Leone, avec des acteurs dont le nom apparaît parfois dans des affaires de blanchiment. En agissant de la sorte, l’ICBC a contredit certaines de ses propres politiques de lutte contre le blanchiment d’argent et de réponse aux sanctions.

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