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PSG : Chevalier déclassé, Safonov sur sa lancée... Le retour de la guerre des goals

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DÉCRYPTAGE – Luis Enrique a jeté un pavé dans la mare en titularisant Matfey Safonov mercredi, en Ligue des champions, aux dépens de Lucas Chevalier. Dossier explosif.

Lucas Chevalier ou Matfey Safonov en numéro 1 ? La question pouvait sembler farfelue début août, quand le portier nordiste rejoignait, à prix d’or, le PSG. 40 M€ hors bonus pour l’arracher à Lille (5e plus gros transfert de l’histoire à son poste), 55 tout compris. «On cherchait un profil de gardien différent», avait justifié «Lucho», afin d’expliquer pourquoi il avait misé sur le natif de Calais, plus complet et meilleur au pied que Gigio Donnarumma. Et ce alors que l’Italien, exfiltré à Manchester City, venait de réaliser des prouesses lors de la deuxième partie de saison. Si le PSG a décroché la lune en Ligue des champions, c’est en grande partie grâce à lui. Qu’importe. Luis Enrique, fidèle qu’à lui-même et à son dogme, en a décidé autrement.

Un peu plus de cinq mois plus tard, rien ne va plus, faites vos jeux. Suspense total au sujet de l’identité du titulaire dans les buts lors du déplacement à Strasbourg ce dimanche (20h45), lors de la 20e journée de Ligue 1. Forfait depuis sa prestation héroïque en finale de la Coupe intercontinentale, mi-décembre, contre Flamengo (1-1, 2-1 tab), c’est Safonov qui a été choisi pour garder les buts parisiens contre Newcastle (1-1) mercredi, au Parc. Un match décisif en Ligue des champions. Sachant que le gardien international russe (17 sél.) de 26 ans n’avait repris l’entraînement que depuis une poignée de jours après une fracture de la main gauche, le message envoyé à Chevalier est fort et le signal, clair : la hiérarchie est mise à plat. Chamboule-tout.

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Boulettes et timidité

La pilule a certainement eu du mal à passer pour le natif de Calais. Certes, Chevalier n’a guère brillé depuis ses débuts chez les Rouge et Bleu. Quelques boulettes ici et là, un sentiment diffus de timidité sur le pré, comme si le costume était un peu trop grand. Syndrome de l’imposteur, en passant après un Donnarumma stratosphérique ces derniers mois ? Peut-être… On ne voit en tout cas pas la meilleure version du néo-international français (1 sél.).

Lucas Chevalier avait assisté, depuis le banc, aux exploits de Matfey Safonov contre les Brésiliens de Flamengo en finale de la Coupe intercontinentale. Baptiste Fernandez / Icon Sport

Des difficultés qui s’expliquent. Lucas Chevalier a changé de dimension en rejoignant Paris, le club champion d’Europe en titre. Malgré la bienveillance de ses nouveaux coéquipiers, ça ne doit pas être si simple de faire partie de la famille d’un coup. «Ce qu’on me proposait, c’était quelque chose que je ne pouvais pas rater», avouait-il au Figaro en début de saison. Sur le plan du jeu, il a toutefois vite compris que «ce n’est pas le même métier qu’à Lille», mais la grande différence, c’est surtout hors-terrain qu’elle se sent, «la médiatisation, tout ce qu’il y a autour. Il faut se protéger de cet environnement», disait-il, avouant qu’il «y avait de l’appréhension dans (son) entourage, mais je les ai rassurés». À Paris, tout prend des proportions nationales, voire davantage. À l’image de la polémique du like dit pro-RN… «Vous avez essayé de me faire passer pour un facho. Les limites ont été dépassées, et de très loin»avait-il tonné à l’époque, dans un long message publié sur les réseaux sociaux.

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Le tournant monégasque

Toujours est-il que Luis Enrique l’a maintenu à son poste de numéro 1 contre vents et marées. Jusqu’à sa blessure à Monaco (1-0), le 29 novembre dernier, en Ligue 1. Une ASM que les Parisiens retrouveront d’ailleurs en barrages de Ligue des champions. En son absence, Matfey Safonov avait eu l’occasion de disputer ses premiers matchs de la saison contre Rennes (5-0) et à Bilbao (0-0). De bons matchs. Si bien qu’il avait enchaîné à Metz (2-3), alors que Chevalier était opérationnel, et surtout contre Flamengo, à Doha, avec les quatre tentatives brésiliennes arrêtées lors de la séance de tirs au but. Incroyable. «C’est la première fois que je vois un gardien faire cela», avait soufflé Luis Enrique. «Magnifique», s’était enthousiasmé Nasser Al-Khelaïfi.

La Dolce vita de l’ancienne doublure de Donnarumma n’a toutefois pas duré. Stoppé par cette fracture de la main. Recruté l’été dernier à la Roma, le jeune Renato Marin (19 ans) s’offrait sa première titularisation contre les amateurs de Fontenay, en Coupe de France (4-0), mais c’est Lucas Chevalier, un temps débarrassé de la concurrence de Safonov, qui démarrait 2026 dans la peau du titulaire. Et il saisissait sa chance en signant une performance majuscule face à l’OM (2-2, 4-1 tab), lors du Trophée des champions, au Koweït. «J’ai beaucoup de qualités. On les a encore vues aujourd’hui», avait-il asséné.

Je sais de quoi je suis capable, je sais que je peux aider le PSG, et je ne lâcherai pas, quoi qu’il arrive.

Lucas Chevalier

Performance majuscule, et sortie musclée devant les micros. Les points sur les i. Chevalier avait notamment donné son avis sur les journalistes, qui ne lui ont «pas rendu la vie facile». Il avait aussi rappelé que «le travail de gardien, ce n’est pas que faire des arrêts». Un message adressé à celles et ceux qui n’ont pas les clés pour analyser le travail si spécifique d’un dernier rempart. «Je suis bien dans mes baskets, avait-il affirmé. Je sais de quoi je suis capable, je sais que je peux aider le PSG, et je ne lâcherai pas, quoi qu’il arrive. Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent, ça ne changera rien pour moi».

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Lucas Chevalier va quand même falloir changer des choses pour convaincre Luis Enrique de lui rendre sa place de numéro 1. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Après Marseille, on pensait sa saison lancée. Las, la défaite contre le Sporting (2-1) a réveillé les doutes. Avant Newcastle, Willian Pacho le défendait encore, évoquant «quelqu’un de bien, un joueur exceptionnel. J’aime la façon dont il joue, sa faim, son envie, son humilité, sa soif d’apprendre. Je lui fais confiance». A priori, Luis Enrique ne pense pas autant de bien de l’ex-Lillois. Pas à cet instant en tout cas... Ça pourrait changer, bien sûr. Mais son choix de mercredi vaut plus que des mots. Camouflet.

Qui débutera à Strasbourg, ce dimanche, lors de la 20e journée de Ligue 1 ? FEP / Icon Sport

«On a trois grands gardiens, le coach choisira le meilleur pour l’équipe. Ce n’est d’ailleurs pas valable que pour le poste de gardien. C’est pour tous les postes. Je pense que le coach a choisi Matfey Safonov parce qu’il estimait que, pour ce match, il était la meilleure option», a estimé João Neves, après Newcastle.

Luis Enrique entretient le flou

Luis Enrique, lui, ne s’est pas caché mercredi. «Quand vous verrez mes décisions à l’avenir, ce sera très clair pour tout le mondeavait-il assuré. Je n’ai pas de problème à faire de la rotation sur les gardiens, je ne sais pas si je le ferai (à l’avenir). Je suis ouvert à essayer et je demande à mes joueurs d’être prêts tout le temps. Mais je ne sais pas ce que je vais faire.» Le technicien des Asturies n’a pas dévié de cette ligne samedi : «Ce que je peux dire à ce sujet, c’est que je suis heureux d’avoir ces trois gardiens. J’aime la concurrence à tous les postes. C’est le football moderne. Il y a tout le temps des choses à changer et je suis très ouvert à changer tout ce que je peux changer. Encore une fois, je suis très content d’avoir trois gardiens de ce niveau». Le grand flou.

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Et le grand déclassement aussi pour Lucas Chevalier, qui ne s’attendait pas à ça. D’autant Matfey Safonov, recruté en 2024 à Krasnodar pour 20 M€, n’avait pas montré grand-chose sur sa première saison parisienne, lui qui a eu quelques occasions de titiller Gigio Donnarumma jusqu’à sa boulette Munich, fin novembre 2024. On a même évoqué un départ l’été dernier, voire cet hiver. Du moins, avant sa série de quatre matchs avec le PSG, fin 2024...

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Ce que le natif de Calais avait exprimé au Koweït, en réponse à une question sur le soutien du coach espagnol, disait tout ce son état d’esprit : «Ils m’ont choisi. Ils me voulaient. Ils ont tout fait pour que je vienne et j’ai tout fait pour venir». Il sous-entendait ainsi que ce serait cavalier de l’envoyer sous le bus à la mi-saison après lui avoir fait la danse du ventre pendant des mois afin de l’attirer sur les bords de la Seine. Ce n’est peut-être pas malin, connaissant la psychologie de Luis Enrique, qui ne fait de cadeau à personne, pas davantage à Lucas Chevalier qu’à un autre. Demandez à Gigio Donnarumma.

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Et si Chevalier manquait le Mondial ?

La situation pourrait en tout cas vite devenir explosive si Matfey Safonov devait s’installer en tant que numéro 1. On n’en est pas encore là, mais Lucas Chevalier pourrait, à terme, voir la Coupe du monde 2026 lui échapper, lui qui est actuellement le numéro 2 chez les Bleus. Et dire qu’il y a une poignée de mois, on se demandait s’il était en mesure de chambouler la hiérarchie et doubler Mike Maignan avant le Mondial aux États-Unis, au Canada et au Mexique... La magie du foot, dirait Safonov. Un début de cauchemar, rétorquerait Chevalier. Le professeur Luis Enrique doit en tout cas marcher sur des œufs : le risque de faire jouer la concurrence à ce poste, c’est de perdre ses deux portiers. Souvent mal inspiré ces dernières années au poste de gardien, le PSG a déjà payé pour voir. Pari gagnant cette fois ?

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