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Un an après la création d’un comité transfrontalier dédié à la protection du lac Témiscamingue, les partenaires impliqués poursuivent leurs efforts pour mieux préserver cet important plan d’eau partagé entre l’Ontario, le Québec et plusieurs communautés autochtones. Malgré un enthousiasme bien présent, le manque de financement et les obstacles administratifs ralentissent encore plusieurs projets.
Le comité est né d’une collaboration entre la Première Nation de Timiskaming, la Ville de Temiskaming Shores, l’Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT), Garde-rivière des Outaouais ainsi que des chercheurs de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Jeff Laferrière souhaiterait voir la création d’un organisme permanent responsable de la gestion du lac .
Photo : Radio-Canada / Jean-François Perron
Pour Yves Grafteaux, directeur général de l’OBVT, le lac Témiscamingue est au cœur de l’identité régionale.
Le lac Témiscamingue, qui fait quand même 100 kilomètres de long et qui constitue un élargissement de la rivière des Outaouais, c’est un plan d’eau central, vraiment au cœur des communautés, de l’identité du territoire , explique-t-il.
Il affirme que, depuis la mise en place du comité l’an dernier, les partenaires collaborent malgré plusieurs obstacles.
En toute transparence, on n’a pas encore beaucoup de moyens avec ces comités-là. […]Pour l’instant on a déjà déposé trois projets et demandes de financement, malheureusement déjà deux refus et une demande en attente , dit-t-il.
On espère bien pouvoir monter des projets. C’est le premier objectif parce que ce qu’on veut c’est que les choses changent sur le territoire.
Une frontière invisible, mais bien réelle pour le financement
Selon M. Grafteaux, malgré la même volonté de protéger le lac que partagent les membres du comité, la frontière entre l’Ontario et le Québec complique considérablement leur travail.
Ici on est face au lac Témiscamingue, puis on ne voit absolument pas la frontière provinciale, mais c’est un bon obstacle au niveau des subventions , dit-il.

Yves Grafteaux est le directeur général de l'Organisme de bassin versant du Témiscamingue.
Photo : Radio-Canada / Chris St-Pierre
L’organisme québécois bénéficie d’un soutien financier provincial, mais ce mandat ne lui permet pas d’intervenir pleinement du côté ontarien.
On a une convention d’aide financière du gouvernement du Québec, mais qui ne nous permet pas de travailler fort en Ontario malheureusement. Pourtant, on a un mandat de faire une gestion par bassin versant et c’est là finalement toute l’incohérence de notre système administratif.
Pour Jeff Laferrière, maire de la ville de Temiskaming Shores, cette collaboration transfrontalière demeure toutefois essentielle.
Je dirais que nos partenaires du côté québécois du lac sont bien plus avancés que nous, ici, dans le nord de l’Ontario , lance-t-il.

Jeff Laferrière est le maire de Temiskaming Shores.
Photo : Facebook/ Jeff Laferriere for Mayor
C’est pourquoi, dans notre dernier plan stratégique, l’un de nos principaux objectifs était de nous concentrer sur la santé du lac Témiscamingue. C’est la source d’eau potable de bon nombre de nos habitants.
Miser sur la prévention des espèces envahissantes
Parmi les priorités du comité figure la lutte contre les espèces envahissantes, un enjeu grandissant pour la santé du lac.
L’OBVT prévoit notamment de surveiller l’apparition de l’hydrocharide grenouillette, une plante aquatique invasive récemment détectée.
C’est une espèce envahissante qu’on aimerait pouvoir éventuellement contrôler. Elle est arrivée précocement dans le lac Témiscamingue,on voudrait travailler là-dessus , explique M. Grafteaux.

Selon Yves Grafteaux, certaines espèces envahissantes peuvent nuire à la qualité de la pêche en réduisant le nombre de poissons et la taille des spécimens.
Photo : Radio-Canada / Carl Boivin (Photo d'archives)
Le fait qu’elle s’implante dans un milieu, qu’elle prend l’espace des espèces indigènes, ça peut les mettre en péril, ça peut coloniser des espaces où il n’y avait pas pour l’instant des nénuphars, ça peut changer finalement l’écosystème.
Pour limiter la propagation de ces espèces, plusieurs stations de lavage de bateaux sont en cours d’installation autour du lac.
Vers une meilleure gouvernance du lac?
Des deux côtés de la frontière, plusieurs, comme le maire Jeff Laferrière, souhaitent voir la création d’un organisme permanent responsable de la gestion du lac .
M. Laferrière estime qu’une telle structure permettrait d’aller plus loin.

La Ville de Temiskaming Shores explore plusieurs pistes, dont l’installation d’une station de lavage pour bateaux, afin de contribuer à la santé du lac Témiscamingue.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
On aimerait beaucoup voir ça avec l’agriculture et plein d’autres domaines. Cela crée des occasions de communiquer davantage, de dialoguer davantage et de discuter davantage. Et on a vraiment hâte que ça arrive.
Même son de cloche pour M. Grafteaux, qui estime que la concertation demeure indispensable.
Ce serait un peu idiot de lutter d’un côté du lac contre une espèce qu’on laisserait aller de l’autre côté du lac. Personne n’en profiterait finalement. Il faut donc qu’on ait une lutte coordonnée, qu’on choisisse quelle espèce on adresse, pourquoi, comment et d’être structurée , conclut-il.


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