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Protéger le lac Saint-Charles doit être « une priorité », dit Respect citoyens

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La protection du lac Saint-Charles comme source d’eau potable doit faire partie des priorités électorales, tonne le conseiller municipal Marc Roussin, invitant tous les partis provinciaux à s’engager au raccordement des usines de traitement des eaux usées de Stoneham et de Lac-Delage.

Sans eau potable, il n'y a pas de vie possible. Alors il n'y a pas d'enjeu plus grand que celui-là, affirme le conseiller de Saint-Émile–Lac-Saint-Charles et membre de l'opposition à l'hôtel de ville.

En entrevue à Radio-Canada, M. Roussin rappelle que le plan d'eau est sous pression. Tout le monde sait que le lac est aux prises avec un vieillissement prématuré, des épisodes de cyanobactéries, déplore-t-il.

Un homme pose devant un lac embrumé

Cofondateur du parti Respect citoyens, Marc Roussin réclame des engagements pour le raccordement des usines d'eaux usées de Stoneham et de Lac-Delage, en amont du lac Saint-Charles.

Photo : Radio-Canada / David Rémillard

Si rien n'est fait, il s'inquiète des conséquences à long terme sur la source d'eau potable pour plus de 300 000 résidents de la ville de Québec.

Si on ne peut plus compter sur le lac Saint-Charles, ce sera très difficile de trouver une alternative.

Un lac dans la brume

Le lac Saint-Charles connaît des épisodes de cyanobactéries depuis 2006.

Photo : Radio-Canada / David Rémillard

Dégradation accélérée

Réalisée en 2022 par l'organisme Agiro, sous contrat avec la Ville de Québec, la plus récente diagnose a révélé une accélération de la dégradation du lac Saint-Charles.

Les analyses d'échantillons ont en effet démontré que les concentrations en phosphore étaient aussi élevées que dans les années 80, malgré les efforts de conservation lancés à l'époque. Et la situation ne s'améliore pas. L'été dernier, un nombre record d'efflorescences de cyanobactéries a été constaté.

Ce déclin, selon Agiro, est principalement attribuable aux rejets des usines de traitement des eaux usées de Stoneham et de Lac-Delage, construites respectivement en 1992 et 1982. L'urbanisation et le manque d'étanchéité des installations septiques des riverains sont aussi montrés du doigt.

Long de 5 kilomètres, le lac Saint-Charles approvisionne 58 % de la population de la capitale, soit environ 300 000 personnes.

Le raccordement des deux usines au réseau d'égout de la Ville de Québec serait la solution la solution la plus efficace pour inverser le vieillissement du lac, à condition également de limiter le développement dans le bassin versant. Agiro en a fait une recommandation formelle et prioritaire en 2024.

Le lac Saint-Charles montre des signes de vieillissement tellement accélérés qu’on n’a pas le choix d’aller sur le long terme [et de privilégier] le raccordement, affirmait encore une représentante d'Agiro l'an dernier, soulignant l'urgence d'agir.

Profiter des élections

Devant ces constats, les candidats aux élections provinciales dans la circonscription de Chauveau doivent s'engager à trouver du financement et à faire pression sur les municipalités concernées afin de les convaincre de miser sur le projet de raccordement, selon Marc Roussin.

L'urgence, croit-il, est de s'attaquer aux deux usines de traitement des eaux usées au nord de la prise d'eau potable. Ça ferait une grosse partie du problème de résolu. Il suggère, dans un deuxième temps, de procéder au raccordement des résidences lorsque la topographie le permet, une autre recommandation d'Agiro.

Je vois difficilement un dossier plus important que celui-là pour la grande région de Québec. [...] Dans tous les paliers et dans tous les partis, il y a un principe qui est simple : s'il y a de la volonté, il y a de la possibilité. À partir du moment où il y a de la volonté, ça déboule.

Le projet de raccordement était évalué à 250 millions $ il y a deux ans, ce qui inclurait le branchement des deux usines et d'environ 900 des quelques 2500 résidences situées dans le bassin versant du lac.

Il faudrait également ajouter 200 millions $ pour augmenter la capacité des infrastructures municipales de Québec, selon une étude de Tetra Tech commandée par la Ville, pour un coût total de 450 millions $.

Le projet tel qu'envisagé ne correspond pas à la capacité de payer des citoyens, selon le maire de Québec, Bruno Marchand. Nous ne pouvons pas attendre l’appui financier des gouvernements supérieurs au projet de raccordement pour protéger notre principale source d’eau potable, a-t-il affirmé l'an dernier.

Bruno Marchand, maire de Québec.

La Ville de Québec n'a pas la capacité de payer à elle seule pour le raccordement demandé, selon le maire Bruno Marchand. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Marc Roussin accuse le maire de manquer de volonté politique dans ce dossier et d'avoir omis de solliciter des contributions financières des autres ordres de gouvernement. Il veut donc profiter de la campagne électorale provinciale pour remettre le lac Saint-Charles au sommet des priorités.

Appuis du PCQ et de QS

Le candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans Chauveau, Karim Elayoubi, s'est engagé mardi à faire la promotion du raccordement réclamé par Respect citoyens.

Le but n'est pas de faire peur aux citoyens. L'eau qui est distribuée à Québec n'est pas impropre à la consommation, a précisé le médecin de famille de formation qui pratique à Lachute, à l'ouest de Montréal.

L'enjeu consiste à protéger durablement la source. Vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit en médecine.

Karime Elayoubi a aussi écorché l'administration Marchand dans le dossier.

Dans le plan 2025-2035 de la Ville, on parle encore des études complémentaires. À un moment donné, les études doivent mener à une décision politique, a-t-il tonné.

Cinq hommes devant un podium donnent une conférence de presse

Le Dr Karim Elayoubi (au centre) est candidat du Parti conservateur du Québec dans Chauveau.

Photo : Radio-Canada

M. Elayoubi a convenu qu'un gouvernement conservateur n'allait pas envoyer un chèque de 450 millions $ du jour au lendemain pour la réalisation du raccordement des usines de traitement des eaux usées de Stoneham et de Lac-Delage.

Il promet toutefois de faire du raccordement une priorité, jugeant l'initiative porteuse à long terme. Aussi longtemps que ce raccordement n'aura pas lieu, le problème de fond n'est pas réglé. Il s'engage à réunir les élus municipaux des trois villes et les scientifiques d'Agiro autour d'une même table dans les 100 premiers jours d'un gouvernement conservateur.

Sur les coûts de réalisation, il misera sur un partage équitable de la facture entre les trois ordres de gouvernement.

Dans une réponse écrite, le co-porte-parole de Québec solidaire et candidat dans Jean-Lesage, Sol Zanetti, affirme que son parti est favorable au projet de raccordement des usines de traitement des eaux usées de Stoneham et de Lac-Delage au réseau d’égout de la ville de Québec.

Sol Zanetti estime que Stoneham et Lac-Delage doivent être soutenues et que, si Québec solidaire est porté au pouvoir, il y aura des montants importants dans son cadre financier afin de soutenir les villes dans leurs investissements en infrastructures.

La Coalition avenir Québec, le Parti libéral et le Parti québécois n'ont pas donné suite à nos demandes de réaction.

Le piège des fosses septiques

En attendant l'éventuel raccordement réclamé, un programme de remplacement des fosses septiques ayant plus de 30 ans dans le bassin versant a été mis en place sous le précédent gouvernement de la Coalition avenir Québec.

Financé par le gouvernement du Québec, le programme est, selon M. Roussin, un pansement sur une jambe de bois. Tant que les usines ne seront pas raccordées, il craint des répercussions sur la qualité de l'eau potable et sur les coûts de traitement pour la Ville.

Maisons aux toits rouges et lac.

Le lac Saint-Charles est entouré de résidences. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Le programme pourrait même devenir un piège, selon l'élu municipal. Le fait qu'on a trop tardé, qu'on a mis un programme de remplacement, va rendre le raccordement plus compliqué, croit-il.

Selon M. Roussin, plusieurs riverains ont déjà investi des sommes considérables afin de se conformer aux normes du programme de remplacement. Dans plusieurs cas, la subvention gouvernementale pour les nouvelles installations septiques ne couvre pas l'ensemble des dépenses des propriétaires.

Plus on attend, plus ce sera difficile de convaincre ces gens-là de réinvestir pour le raccordement.

Ce que recommande Agiro :

  • Raccorder les usines de traitement des eaux usées de Stoneham et Lac-Delage;
  • Cesser le développement sur installation septique autonome;
  • Privilégier le raccordement des résidences non-desservies au réseau d’égouts de la Ville de Québec, là où la situation géographique le permet.
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