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Procès de l’assassinat de Samuel Paty : «Quand l’avocat de la défense se fait le perroquet des islamistes»

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«Loin d’exclure ou de pénaliser les musulmans de sa classe, Samuel Paty fit montre à leur égard d’une tolérance voire d’une forme de traitement de faveur que rien n’exigeait.»

«Loin d’exclure ou de pénaliser les musulmans de sa classe, Samuel Paty fit montre à leur égard d’une tolérance voire d’une forme de traitement de faveur que rien n’exigeait.» BERTRAND GUAY / AFP

TRIBUNE - L’accusation de l’avocat d’Abdelhakim Sefrioui selon laquelle Samuel Paty aurait «discriminé les élèves musulmans» reprend un argument fallacieux mais redoutablement efficace pour intimider ceux qui se préoccupent de la montée de l’islamisme, analyse Paul Marion, président de l’association Les Amis de Samuel Paty.

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Paul Marion est président de l’association Les Amis de Samuel Paty, et professeur de lettres dans un collège d’éducation prioritaire en banlieue parisienne.


«Samuel Paty procédait à la discrimination des élèves musulmans»Les propos de maître Francis Vuillemin semblent si grotesques qu’on peine à croire qu’il ait pu les tenir. Ils n’en demeurent pas moins graves, leur portée allant au-delà du procès en appel.

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Grotesques car l’idée que Samuel Paty ait «discriminé» ses élèves musulmans constitue un contresens total. Au contraire, le 5 octobre 2020, le professeur d’histoire-géographie avait voulu ménager la sensibilité de ses élèves musulmans à l’occasion d’un cours de 4ème sur la liberté d’expression et les caricatures religieuses prévues au programme officiel du ministère. Les élèves qui le souhaitaient furent ainsi autorisés à sortir quelques secondes de la classe lors de la projection des caricatures de Mahomet, dont la représentation n’est en principe pas permise par l’islam.

Loin d’exclure ou de pénaliser les musulmans de sa classe, Samuel Paty fit montre à leur égard d’une tolérance voire d’une forme de traitement de faveur que rien n’exigeait. L’accusation de discrimination de l’avocat d’Abdelhakim Sefrioui ne résistera pas à l’examen de ces faits lors du procès. On regrette néanmoins qu’elle ternisse la mémoire du professeur, dont on vient de souligner l’humanité dans sa posture d’enseignant, en dressant le portrait d’un homme intolérant qui serait pour partie responsable de sa décapitation.

Ces mots ressemblent à la tentative désespérée d’un avocat de défendre l’indéfendable : son client Abdelhakim Sefrioui, un islamiste patenté, a lancé la fatwa numérique contre Samuel Paty aboutissant à son funeste sort. Ces faits lui ont valu d’être condamné à 15 ans de prison en première instance pour association de malfaiteurs terroriste. Peine qui, rappelons-le, risque d’être encore alourdie en appel.

La radicalité et la culpabilité de Sefrioui furent si manifestes lors du premier procès en 2024 qu’on conçoit que la défense se creuse la tête pour trouver des circonstances atténuantes à Sefrioui et ne recule devant rien. De toutes les stratégies de défense envisageables, maître Francis Vuillemin a cependant choisi la plus cynique et la plus grave. En prenant la parole fort opportunément devant les micros et la caméra dans la salle des pas perdus du palais de justice de Paris, l’avocat ne s’adressait pas uniquement aux magistrats du procès. Ses paroles sont la réplique d’une fable très en vogue dans la société française : les musulmans seraient régulièrement victimes de discrimination à l’école laïque, et ailleurs.

Crier à l’islamophobie pour tout et surtout n’importe quoi, telle est l’arme rhétorique des Frères musulmans et autres islamistes pour culpabiliser tout discours critique de l’islamisation de la société.

Me Francis Vuillemin n’a pas été chercher bien loin son argumentaire de défense. C’est le copié-collé des calomnies que la collégienne Z. avait répandues en octobre 2020 à l’encontre de Samuel Paty au motif que ce dernier aurait fait preuve (déjà à l’époque) d’islamophobie. De là était partie la cabale motivant le terroriste Abdoullakh Anzorov à venir assassiner Samuel Paty.

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Crier à l’islamophobie pour tout et surtout n’importe quoi, telle est l’arme rhétorique des Frères musulmans et autres islamistes pour culpabiliser tout discours critique de l’islamisation de la société. Comme l’avocat Francis Vuillemin, nombreux sont ceux qui voient (ou font semblant de voir) de l’islamophobie là où il n’y en a pas. C’est particulièrement le cas parmi les professeurs de l’Éducation nationale.

Vous déplorez que vos élèves jurent par «Allah» et «le Coran» en salle de classe ? «Attention à ne pas devenir islamophobe», répondent vos collègues, comme un avertissement… Vous vous préoccupez de voir de plus en plus de fillettes voilées dans le quartier où vous enseignez ? Méfiez-vous, vous «faites le jeu des islamophobes»…

Pendant que se tient ce débat stérile et infondé sur la supposée discrimination des musulmans, l’islamisme gagne du terrain sans obstacle, comment le souhaitent les Frères musulmans. Lundi, maître Francis Vuillemin s’est fait leur porte-voix.

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