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Les sept principaux candidats déclarés à la présidentielle débattront ce jeudi à l’invitation du Medef sur les questions économiques. Un premier round dans la campagne dans un contexte de défiance entre mondes politique et économique.
Nathalie Mauret - Aujourd'hui à 06:00 - Temps de lecture :
De gauche à droite, de haut en bas : Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Raphaël Glucksmann (Place publique), Gabriel Attal (Renaissance), Édouard Philippe (Horizons), Marine Tondelier (Les Écologistes) et Bruno Retailleau (Les Républicains) débattront ce jeudi sur quelques-uns des enjeux majeurs du pays. Photos SipaLe premier match de la présidentielle se tiendra sur le court central de Roland-Garros, à Paris, ce jeudi, à partir de 16 h 45. Le Medef a en effet convié les sept principaux candidats officiellement déclarés à répondre aux questions des patrons, dans le cadre de la REF (Rencontre des Entrepreneurs de France). Marine Le Pen (Rassemblement national), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains), Marine Tondelier (Les Écologistes) et Raphaël Glucksmann (Place publique) débattront sur quelques-uns des enjeux majeurs du pays : l’emploi, la fiscalité, le pouvoir d’achat, la dette, les retraites, etc.
Ce rendez-vous très attendu, retransmis sur LCI et sur les réseaux sociaux, est pris très au sérieux par les participants. D’abord parce qu’il lance la campagne. Ensuite car il aborde des sujets qui concernent la vie des Français. De tous les candidats présents, seuls Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont certains que des bulletins de vote à leur nom seront disponibles le 18 avril prochain, lors du premier tour de l’élection. La candidate du RN paraît même assurée de figurer au second tour : avec des intentions de votes qui dépassent parfois 35 %, elle devance de près de 20 points Édouard Philippe ou Jean-Luc Mélenchon, qui rivalisent, en cette rentrée, pour la deuxième place. L’hypothèse d’un second tour entre l’extrême droite et la gauche radicale, envisagée depuis quelques mois, n’est donc pas exclue.
Voilà pourquoi les positions de chacun seront scrutées. Jean-Luc Mélenchon, en dynamique, est loin d’être le favori des patrons. Ces derniers sont parfois effrayés par son programme économique, qui prévoit d’augmenter les salaires, de taxer les plus aisés, et d’annuler ou de geler une partie de la dette. Fera-t-il le choix de rassurer ou de provoquer son auditoire ?
Bataille de promesses
Marine Le Pen, silencieuse depuis l’annonce de sa candidature, veut, elle, clairement séduire les petits patrons à qui elle promet des baisses de charges. Celle qui se revendique « candidate du pouvoir d’achat » est en quête de crédibilité, et devra lever les ambiguïtés sur ses propositions en matière de retraite.
Au sein du bloc central plus enclin à la politique de l’offre, Édouard Philippe et Gabriel Attal sont lancés dans une primaire sauvage. Ils doivent donc se démarquer l’un de l’autre. Pour l’instant, Édouard Philippe, très discret cet été, subit un petit tassement dans le premier sondage de rentrée (Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL). Le maire du Havre fait mine de ne pas s’en préoccuper mais l’équipe de Gabriel Attal fanfaronne : « Édouard Philippe est en train de perdre son pari d’être le rempart au premier tour face à Jean-Luc Mélenchon et au second tour face à Marine Le Pen. » En bon communicant, il a préparé l’audition patronale et révisé ses punchlines. Parmi elles, son expression « droit au brut », qui image sa volonté de rapprocher le salaire net du brut. En face, dans un style plus sobre, Édouard Philippe promet de réduire de 50 milliards les impôts de production.
Des matchs dans le match
Le duel entre les anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron ne sera pas le seul intérêt de ce premier round présidentiel. Bruno Retailleau, candidat de LR, mouvement traditionnellement pro-entreprise, est en campagne depuis février mais reste en dessous de la barre des 10 %. Il doit donc marteler son discours anti-impôts et taxes, du miel pour les entrepreneurs. Sa proposition d’annualisation du temps de travail n’a pas passé le mur du son. Il doit donc la clarifier devant un parterre qui ne devrait pas lui être hostile. Comme son mentor François Fillon lors de la primaire de 2016, il compte se démarquer grâce à son image de rigueur et de sérieux. Il est temps. Car son espace politique reste étriqué, coincé entre celui du RN et du bloc central. Il doit donc rassurer, jusqu’à son propre camp où il ne fait pas l’unanimité.
À gauche, l’incertitude aussi demeure. L'écologiste Marine Tondelier maintiendra-t-elle sa candidature jusqu’au bout ou se ralliera-t-elle à LFI ou au vainqueur de la primaire socialiste à laquelle participera Raphaël Glucksmann ? Ce dernier parviendra-t-il à s’imposer comme la candidature utile à gauche ? Leurs réponses au monde de l’entreprise seront des premières indications car ils sont loin du second tour. Or, le monde de l’entreprise, même s’il n’est pas déterminant électoralement, est très écouté. Ne pas se mettre le monde de l’économie du réel à dos est essentiel.


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