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Au Népal, 468 personnes, dont des centaines d’étrangers, n’ont pas été retrouvées alors qu’en Chine, 558 personnes sont portées disparues, dont 260 étrangers. Selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, la chute d’un glacier a provoqué un tremblement de terre de magnitude 5,2.
Un habitant traverse une rue couverte de boue après une crue subite à Devghat (Népal), le 26 août 2026. Le travail des secouristes est colossal pour tenter de retrouver les centaines de personnes disparues, dont de nombreux touristes étrangers, dans des coulées de boue qui ont dévasté des vallées, mercredi 26 août, à la frontière entre le Népal et le Tibet, un territoire chinois.
Les autorités népalaises ont annoncé avoir récupéré pour l’heure 162 corps et la Chine a fait état de trois personnes décédées, portant le bilan total à au moins 165 morts. Au Népal, 823 personnes, dont des centaines d’étrangers, n’ont pas été retrouvées. En Chine, 558 personnes sont portées disparues, dont 260 étrangers.
Situé au cœur de l’Himalaya, le Népal est une destination touristique très prisée des randonneurs et alpinistes du monde entier, qui veulent notamment gravir le mont Everest.
D’après l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS), référence mondiale en sismologie, ce glissement de terrain dévastateur a été provoqué par un effondrement de glacier. A l’origine, l’USGS a relevé là un tremblement de terre de magnitude 4,4, ensuite réévaluée à 5,2. Il a finalement établi « que cet événement sismique était dû à un effondrement glaciaire et à une coulée de débris qui ont entraîné des conséquences catastrophiques en aval », d’après son site Internet.
Vague gigantesque
Dans un premier temps, les médias d’Etat chinois ont fait état d’un glissement de terrain du côté tibétain de la frontière, près du poste-frontière de Gyirong situé à 1 800 m d’altitude. Puis le Népal a à son tour été touché, la crue balayant la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l’est de la capitale.
Une capture d’écran d’une vidéo de caméra de surveillance montre la vague de la crue subite frappant le port de Gyirond (Tibet), le 26 août 2026. Dans une vidéo de surveillance vérifiée par l’Agence France-Presse (AFP), un bâtiment imposant de plusieurs étages ainsi que des personnes qui tentent de fuir sont soudainement engloutis par un torrent très puissant. Une autre, également authentifiée, montre une vague gigantesque, comparable à un tsunami, s’abattre sur un parking en surplomb d’une rivière paisible quelques instants plus tôt, balayant autocars et bâtiments avec une force dévastatrice.
Le premier ministre népalais, Balendra Shah, a appelé, mercredi, la nation himalayenne à « rester unie ». « L’Etat est à vos côtés avec tous ses moyens et ressources », a-t-il assuré.
Plusieurs difficultés pour les secours
Côté chinois, la télévision publique CCTV a également montré des eaux tumultueuses charriant des branches et des débris, ainsi qu’une route inondée. Près de 800 secouristes et 150 véhicules ainsi que des chiens renifleurs et des vedettes ont été déployés pour participer aux opérations de sauvetage, selon l’agence officielle Chine nouvelle. Deux personnes ont été secourues, ont dit les autorités.
Des secouristes transportent une personne hors de la zone sinistrée à l’aide d’un bulldozer à Devghat (Népal), le 26 août 2026. Les opérations restent confrontées à plusieurs difficultés, avec « l’instabilité d’un lac de barrage situé en amont » et « la route de montagne qui est étroite », a dit à la chaîne Li Qipu, un des membres du détachement. Les gros véhicules et les équipements lourds ne peuvent pour l’instant pas atteindre la principale zone sinistrée, mais les routes périphériques restent praticables, permettant l’acheminement de matériel depuis l’arrière, d’après CCTV.
La télévision a montré des images de membres de la Police armée populaire en treillis et gilet orange avec des pelles à la main ainsi que de secouristes faisant voler des drones pour évaluer la situation. Des avions civils et militaires transportant du matériel de secours sont arrivés au Tibet, selon la chaîne.
Fait rare, le président chinois, Xi Jinping, s’est exprimé peu après la catastrophe, soulignant que « la priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes ».
« Des villages entiers rayés de la carte »
Côté népalais également, les forces de l’ordre poursuivent les évacuations des familles vivant dans les zones inondables et les secouristes continuent de rechercher des survivants au milieu de la boue et des débris, après que des torrents d’eau boueuse ont enseveli les étages inférieurs de bâtiments de plusieurs niveaux.
Après la crue subite à Trishuli (Népal), le 26 août 2026.
Après la crue subite à Devghat (Népal), le 26 août 2026. « Des villages entiers et des marchés ont été rayés de la carte », a déclaré David Fisher, responsable au Népal de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). L’organisation a annoncé acheminer du matériel d’urgence, notamment des couvertures, des trousses de premiers secours, des brancards et des housses mortuaires.
Selon le ministre des affaires étrangères népalais, Shishir Khanal, le cours d’une rivière pourrait avoir été obstrué avant de se libérer brutalement, entraînant une soudaine et puissante montée des eaux en aval. Selon l’Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe, des données satellitaires de Planet Labs laissent penser qu’un « glissement de neige et de roches » à la frontière sino-népalaise pourrait avoir déclenché la crue.
Les habitants sont traumatisés par cette catastrophe tandis que des experts ont averti qu’une obstruction persistante du cours d’eau pourrait déclencher un nouveau torrent dévastateur. L’armée népalaise mène des opérations aériennes tandis que les habitants des zones situées le long de la rivière ont été appelés à évacuer.
Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d’été (de juin à septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l’Asie du Sud. En juillet 2025, 17 personnes avaient disparu après un glissement de terrain près de Gyirong, avait rapporté Chine nouvelle à l’époque.
Le Monde avec AFP


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