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Les projets d’oléoducs se précisent pour permettre aux puissances pétrolières de la région d’écouler leur production après six mois de vives tensions entre Téhéran et Washington.

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Du pétrole irakien destiné à l’export, à Tartous (Syrie), le 19 avril 2026. Du pétrole irakien destiné à l’export, à Tartous (Syrie), le 19 avril 2026.

Il y a encore six mois, l’exportation d’hydrocarbures depuis le golfe Arabo-Persique obéissait à des règles simples : emprunter le chemin le plus direct – le détroit d’Ormuz – pour atteindre rapidement l’Asie, la région du monde la plus gourmande en énergie. Mais la guerre en Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, a bouleversé les priorités en provoquant la paralysie de cet étroit passage maritime.

Pour les puissances pétrolières de la région, l’urgence est aujourd’hui de diversifier les circuits d’évacuation de l’or noir. Et ainsi de s’affranchir du chantage de Téhéran vis-à-vis de ce goulet stratégique par où transitaient, avant le conflit, 20 millions de barils par jour.

Entre la fin juillet et la fin août, des bateaux, souvent escortés par la marine américaine, ont tout de même réussi à faire sortir entre deux et sept millions de barils par jour du golfe Persique, selon diverses estimations. Mais les navires qui osent s’aventurer circulent signaux éteints, sous la menace des attaques iraniennes de drones ou de missiles.

Dans la quête d’itinéraires bis, l’heure n’est plus aux rumeurs de palais ou aux débats théoriques : les plans pour l’après-Ormuz ont commencé à se concrétiser. En particulier aux Emirats arabes unis (EAU), déjà dotés d’une voie de contournement avec l’Abu Dhabi Crude Oil Pipeline. Les travaux vont bon train pour dédoubler cet oléoduc qui relie sur près de 400 kilomètres les gisements pétroliers de Habshan, dans le Nord-Ouest, au port de Foujeyra, dans le golfe d’Oman. L’enjeu est de multiplier par deux la capacité actuelle de ce dernier, jusqu’à atteindre près de 3,6 millions de barils par jour, soit la quasi-totalité de la production émiratie. Et ce, dès 2027.

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