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Au lendemain du dévoilement de sa réforme, le ministre de l’Éducation de l’Ontario, Paul Calandra, a dû défendre son intention d’allouer de 10 à 15 % de la note finale des élèves du secondaire à leur présence et à leur participation en classe, une mesure vue par les partis de l’opposition comme une façon de gonfler les résultats à l’échelle de la province.
Cela ne me surprendrait pas, venant de ce gouvernement, reconnaît d’entrée de jeu la cheffe de l’opposition officielle, Marit Stiles. Honnêtement, je crois que ce gouvernement tente de toutes les façons d’interférer avec les résultats des tests OQRE, de la même façon qu’il tente de cacher les données sur les soins de santé de couloir ou les données sur les taux de diplomation.
Pour la cheffe néo-démocrate, le gouvernement devrait plutôt s’interroger sur la raison expliquant pourquoi les élèves ontariens connaissent tant de difficultés actuellement. Un appel repris par le chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser.
Le ministère devrait s’interroger sur le fait qu’ils ont rendu les écoles dangereuses, qu’ils n’ont pas aidé les enfants qui ont besoin d’éducation spéciale, sur la taille des classes qui continue d’augmenter, sur les défis en santé mentale à l’école… Ce n’est pas surprenant qu’il y ait un problème de présence dans nos écoles , croit-il.
Une mesure voulue par les enseignants?
De son côté, le ministre de l’Éducation assure que la mesure proposée répond à un besoin soulevé par de nombreux enseignants à travers la province. C’est une idée qui vient exclusivement de mes échanges avec les enseignants. Ce n’était pas du tout sur mon radar. Je dois être honnête, quand j’ai pris la position [de ministre de l’Éducation], je pensais que […] la présence et la participation faisaient toujours partie des notes, avoue M. Calandra.

La cheffe de l’Opposition officielle à Queen’s Park, Marit Stiles, croit que la réforme proposée par le ministre Calandra n’a pour mission que de le protéger et non d’aider les élèves et leurs enseignants. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Cole Burston
Questionné par les journalistes à Queen’s Park, le ministre soutient que l’assiduité en classe est un problème à 100 % observé un peu avant la pandémie. Malgré tout, il croit que la mesure qu’il propose répondra à bien plus d’un problème de présence.
La totalité des notes sont basées sur le contenu des cours. Donc, les élèves peuvent s’absenter à leur guise sans impact sur leurs notes et cela cause des problèmes de contrôle des classes. Et en même temps, pour certains élèves qui travaillent très fort, il n’y avait aucune façon de reconnaître leurs efforts, explique-t-il en assurant que la mesure répondra aussi à un besoin de reconnaissance de ces élèves.

Le chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser, rappelle que la réforme du ministre Calandra ne réglera aucun des problèmes actuellement vécus dans les écoles de la province, tels que la taille des classes. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Pour l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), la solution proposée par le ministre Calandra se veut simpliste. L’assiduité est un enjeu complexe qui doit être adressé en tenant compte des réalités du terrain, rappelle Marianne Raina, porte-parole pour l’AEFO, par courriel, concluant que les solutions durables passent par une réelle consultation.
Rappelons que la réforme du ministre de l’Éducation propose que 15 % de la note finale des élèves de 9e et 10e années aille à la présence et à la participation en classe et 10 % pour ceux de la 11e et de la 12e.


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