Une tomate grosse comme une pièce de deux euros a tenu en échec tout un équipage de la Station spatiale internationale. Pas de panne technique, pas de défaillance de capteur, juste un petit fruit rouge introuvable pendant des mois. L’astronaute Frank Rubio y a laissé près de vingt heures de recherches avant que la vérité n’éclate, huit mois plus tard, au grand soulagement général.
À retenir
- Frank Rubio a passé entre 18 et 20 heures à chercher une tomate Red Robin perdue dans l'ISS après l'avoir récoltée lors de l'expérience Veg-05.
- La tomate, ainsi qu'une seconde non repérée jusque-là, a finalement été retrouvée huit mois plus tard par Jasmin Moghbeli, dans le sachet même de Rubio.
- Les fruits étaient déshydratés mais sans moisissure grâce au faible taux d'humidité de la station, et ont été jetés sans analyse scientifique supplémentaire.
Une tomate disparaît dans l’espace, et personne ne comprend comment
Tout commence avec l’expérience Veg-05, un programme de la NASA destiné à tester la culture de végétaux en apesanteur. Parmi les variétés testées, une tomate naine baptisée Red Robin, large d’à peine deux centimètres et demi, soit à peu près la taille d’une grosse bille. L’objectif de cette expérience était simple sur le papier : faire pousser, récolter, puis déguster le fruit de son travail à des centaines de kilomètres au-dessus de la Terre.
Frank Rubio, ingénieur et astronaute de la NASA, a eu l’honneur de participer à cette récolte finale. Sa part de tomate a été soigneusement glissée dans un sachet Ziploc, en attendant le moment de la savourer. Un geste anodin, répété des dizaines de fois à bord de l’ISS pour conserver nourriture et échantillons.
Sauf que le fameux sachet s’est volatilisé avant même que Rubio n’ait eu le temps d’y toucher. En apesanteur, un objet qui s’échappe des mains ne tombe pas, il flotte, dérive, se faufile dans les recoins de la station. La petite tomate est ainsi devenue un fugitif microscopique au sein d’un vaisseau truffé de câbles, de panneaux et de compartiments techniques.
18 à 20 heures de recherches infructueuses : l’enquête qui obsède l’Expedition 70
Frank Rubio a fini par reconnaître publiquement, lors d’une diffusion en direct depuis l’ISS, qu’il avait perdu la trace de sa précieuse tomate. L’astronaute a estimé avoir consacré entre dix-huit et vingt heures à sa recherche, sans jamais mettre la main dessus. Un chiffre qui paraît presque comique, jusqu’à ce qu’on réalise ce qu’implique vraiment une fouille en apesanteur.
Dans la Station spatiale internationale, chaque module ressemble à un labyrinthe tridimensionnel. Contrairement à une pièce classique sur Terre, où un objet tombé finit toujours au sol, ici rien ne reste immobile. Un fruit perdu peut se coincer derrière un panneau, se glisser dans une grille d’aération ou rester suspendu entre deux câbles, invisible à l’œil nu.
L’histoire a vite dépassé le cadre d’une simple anecdote personnelle. Elle est devenue une sorte de running gag au sein de l’équipage de l’Expedition 70, qui a succédé à Rubio à bord de la station. Chaque astronaute semblait garder un œil ouvert, espérant être celui qui retrouverait enfin le fruit disparu et mettrait fin au mystère.
Un simple sachet oublié : la révélation qui clôt huit mois de mystère
C’est finalement l’astronaute Jasmin Moghbeli qui a mis fin au suspense, lors d’une diffusion en direct célébrant les vingt-cinq ans de l’ISS. Avec un certain humour, elle a annoncé que l’équipage pouvait enfin exonérer Frank Rubio de tout soupçon de gourmandise précoce. La tomate avait bel et bien été retrouvée, là où personne ne l’avait cherchée en priorité : dans son propre sachet.
Quelques jours plus tard, la NASA a précisé un détail savoureux : il n’y avait pas une, mais deux tomates perdues. Les fruits retrouvés étaient déshydratés et légèrement écrasés, mais sans aucune trace de croissance microbienne ou fongique. Un état de conservation étonnamment correct, que la NASA attribue au taux d’humidité particulièrement bas à bord de la station, autour de dix-sept pour cent.
Pas question en revanche de ramener ces petits fruits sur Terre pour une analyse approfondie. La NASA a confirmé qu’ils avaient simplement été jetés, leur rôle scientifique s’arrêtant là. Frank Rubio, lui, était déjà rentré sur Terre depuis plusieurs semaines au moment de cette annonce, après 371 jours passés en orbite, un record américain de durée pour un vol spatial, allongé malgré lui par les soucis techniques rencontrés par son vaisseau Soyouz.
Cette histoire de tomate égarée en dit long sur la vie quotidienne à bord de l’ISS, bien loin de l’image aseptisée qu’on peut s’en faire. Entre expériences scientifiques sérieuses et petits tracas domestiques, les astronautes composent avec un environnement où même un simple fruit peut devenir, le temps de quelques mois, l’objet d’une enquête collective digne d’un roman policier miniature.


17 hour_ago
54



























.jpg)






French (CA)