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Première neige en Alberta : aussitôt arrivée, aussitôt fondue

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La province a reçu ses premières chutes de neige de l'automne cette fin de semaine, mais il en reste peu de traces dans plusieurs régions. Près de 5 centimètres pourraient s'accumuler par endroits dans le sud de l'Alberta d'ici lundi matin. Toutefois, Environnement Canada souligne qu'il est difficile d'estimer les quantités de neige à cette période de l'année.

D’abord, le sol est encore relativement chaud, si bien qu’une bonne partie de la neige [a fondu] à son contact. Les températures [ont oscillé] autour du point de congélation. Une grande partie des précipitations [est donc tombée] sous forme de pluie et de neige mêlées ou de neige très humide, qui [a rapidement fondu], explique Terri Lang, météorologiste pour l'agence fédérale.

Elle ajoute que les précipitations les plus importantes étaient prévues dans les régions montagneuses comme Jasper, mais aussi dans les secteurs de Hinton et de Grande Cache. Dimanche, Environnement Canada prévoyait aussi des accumulations atteignant jusqu'à 30 cm dans les secteurs montagneux du sud-ouest de la province.

Nous prévoyons le retour de températures plus douces dès le début de la semaine prochaine. La neige aura donc disparu et ne sera plus qu’un lointain souvenir. Mais c’est un bon rappel qu’il est temps de se préparer à l’hiver.

En raison du phénomène El Niño, elle ajoute que cet hiver pourrait être plus chaud et plus sec que la normale dans l'Ouest canadien, y compris en Alberta.

Cela ne veut pas dire qu’il ne fera pas froid ou qu’il ne neigera pas. Mais si les températures sont supérieures aux normales saisonnières et que les précipitations sont moins abondantes que la normale, cela pourrait avoir des conséquences : nous pourrions notamment connaître davantage d’épisodes de pluie verglaçante ou de pluie plutôt que de neige, signale-t-elle.

Le Centre de prévision climatique des États-Unis indique pour sa part, cette semaine, que le phénomène s'est encore intensifié au cours du dernier mois, ajoutant qu'il devrait continuer de se renforcer jusqu'à la fin de l'année.

En résumé, El Niño continue de se renforcer, et il est probable qu'un épisode fort à très fort persiste jusqu'à la période de janvier à mars 2027.

La probabilité demeure élevée que cet épisode atteigne une intensité historique, dépassant celle des précédents épisodes El Niño observés depuis 1950, précise le bulletin du 8 octobre.

Possibles conséquences pour les agriculteurs

Cette intensification pourrait avoir des conséquences sur plusieurs secteurs d'activité au Canada, notamment sur les cultures céréalières et oléagineuses. Pour la période d'octobre à décembre, le ministère fédéral de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire prévoit des températures supérieures aux normales saisonnières.

Les températures élevées combinées à de faibles précipitations amélioreront les conditions de récolte, mais aggraveront les conditions de sécheresse dans certaines parties de l'Ouest canadien à l'approche de l'hiver, précise le Rapport national sur les risques agroclimatiques du ministère.

Kevin Bender, un agriculteur de Sylvan Lake, compte adapter ses pratiques agricoles pour préserver l'humidité des sols si les conditions s'avèrent sèches, notamment en recourant au semis direct.

C’est une méthode que j’utilise depuis plusieurs années, expliquait-il en septembre. Nous ne travaillons plus le sol que lorsque c’est nécessaire. Nous semons directement dans les résidus de la culture précédente, ce qui permet de conserver l’humidité dans le sol. C’est ce que nous avons fait en 2024 et ce que nous continuerons de faire.

Si les sols sont secs au printemps, il pourrait réduire les superficies consacrées à la culture du canola ou revoir certains de ses plans de semis.

Le dernier rapport provincial sur les récoltes, publié le 6 octobre, indique que 78 % des récoltes étaient terminées grâce à des conditions météorologiques favorables.

Mais si le temps sec peut faciliter les récoltes à l'automne, il pourrait devenir problématique s'il se prolonge durant l'hiver. De faibles accumulations de neige pourraient réduire l'humidité des sols dont les agriculteurs dépendent pour l'ensemencement du printemps.

Avec des informations de Nadeer Hashmi et Chelsey Mutter

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