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Le 15 mai 1872, 1500 ouvriers ont marché à Hamilton afin qu’on réduise à neuf heures leur journée de travail. Bien que le mouvement n'ait pas eu les effets escomptés, il a jeté les bases des lois qui protègent les travailleurs aujourd’hui.
La ville de Hamilton approchait à cette époque son âge d’or industriel, selon la professeure de l’Université McMaster Stephanie Ross, qui se spécialise dans les relations de travail. La semaine de travail, à l’époque, s’échelonnait sur six jours et les journées de travail duraient de 10 à 12 heures, explique-t-elle.
Vous pouvez vous imaginer que c’était épuisant, dit-elle.
Cela est devenu un enjeu de taille pour les ouvriers canadiens de l’époque, qui croyaient qu’il était nécessaire d’avoir du temps pour soi. Il s’agit d’un sentiment relativement commun maintenant, mais pas un concept que soutenaient les propriétaires d’usines de cette ère.
Les travailleurs de Hamilton ont joué un rôle important dans ce mouvement, qui se concentrait dans les gares de triage, où des travailleurs avec différentes spécialités collaboraient et s'échangeaient des idées concernant le milieu de travail qu’ils souhaitaient avoir.
Les ouvriers des imprimeries de Toronto et des gares de triage de Montréal discutaient entre eux de ce même problème et se sont joints aux efforts visant à réduire les heures de travail.
Ces combats, 150 ans plus tard, peuvent encore survenir
En plus des 1500 travailleurs qui ont manifesté, Stephanie Ross affirme que beaucoup de gens sont sortis dans les rues afin d’appuyer les revendications des ouvriers. Cela est essentiellement devenu une grève générale à Hamilton, raconte-t-elle.
La journée de neuf heures était une mesure de sécurité, pour permettre aux gens de se reposer et de passer plus de temps avec leur famille, dit Frank Crowder, président de la section locale 7135 du syndicat des Métallos.
Ces combats, 150 ans plus tard, peuvent encore survenir, poursuit-il. Il dit que les employés de National Steel Car ont des demandes similaires à celles des membres du mouvement pour une journée de travail de neuf heures, c'est-à-dire plus de temps pour se reposer et voir leurs familles.

Les employés de National Steel Car sont en grève en pleine guerre tarifaire.
Photo : Avec l'autorisation de Frank Crowder
M. Crowder est l’un des 1200 employés de National Steel Car en grève à Hamilton. Les travailleurs réclament de meilleurs salaires et un droit de parole concernant un programme d'incitatifs dangereux.
Ce programme permet aux employés de toucher un salaire moindre et d’être payé l’équivalent de 25 % de leur salaire s’ils produisent suffisamment de produits. Les niveaux de production attendus sont très élevés pour être atteints, dit le président du syndicat.
Le syndicat n’a pas son mot à dire sur le programme, selon la convention collective. Frank Crowder déclare que l’entreprise n’est pas revenue à la table de négociation, malgré une invitation en ce sens du syndicat.
Un mouvement qui a échoué
Le mouvement pour une journée de travail de neuf heures a finalement échoué lorsque les imprimeurs à Toronto se sont battus contre le journal The Globe, puis ont été forcés à faire la grève à la hâte, dit la professeure Ross. En avril 1872, 10 000 personnes ont manifesté à Toronto en appui au syndicat des imprimeurs.
L’éditeur du Globe, George Brown, qui était anti-syndicat, selon Stephanie Ross, a tenté de faire en sorte que les travailleurs soient arrêtés et placés sous arrestation.
Malgré cet échec, le mouvement a marqué le début d’autres choses dans la lutte ouvrière au Canada, d’après la professeure de l’Université McMaster.
Le premier ministre John A. Macdonald a perçu une occasion de gagner le vote de la classe ouvrière et de mettre un bâton dans les roues de George Brown, son rival politique, explique Mme Ross.
Le gouvernement Macdonald a adopté la Loi sur les syndicats en 1872 afin de décriminaliser les syndicats au Canada. Cette loi représente un jalon important dans le combat pour des journées de travail plus courtes, selon la professeure.
Avec les informations d’Aura Carreño Rosas de CBC


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