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Plus d’un travailleur québécois sur cinq vit d’une paie à l’autre, révèle un sondage de l’Institut national de la paie (INP) dévoilé mardi. Ce dernier estime par ailleurs que le stress financier engendre des pertes de productivité qui représentent des milliards de dollars.
Ce sont 22 % des travailleurs au Québec qui estiment qu’ils auraient de la difficulté à honorer leurs obligations si leur paie était retardée d’une semaine. Dans l’ensemble du Canada, cette proportion grimpe à 28 %.
Les dépenses courantes des ménages, dont l’épicerie, constituent la principale source de stress financier pour 39 % des répondants québécois. Le niveau d’endettement personnel en inquiète aussi plus du quart (26 %).
Cette 18e itération du sondage annuel de l’INP souligne aussi que 43 % des travailleurs québécois disent dépenser la totalité de leur salaire net, voire davantage. Cela fait dire au président et chef de la direction de l’INP, Peter Tzanetakis, que « pour un nombre croissant de travailleurs, le stress financier n’est plus une simple alerte, mais une crise en continu ».
« Quand les individus dépensent tout ce qu’ils gagnent, qu’ils comptent sur le crédit pour combler le vide et qu’ils sont incapables de se constituer ou de maintenir une épargne, même un petit imprévu peut leur sembler être une catastrophe inévitable », ajoute-t-il.
Des pertes de productivité importantes
Les difficultés financières engendrent des baisses de motivation et de la productivité, des absences, des maladies et des relations de travail tendues, souligne l’INP. Plus du tiers des travailleurs canadiens passerait plus d’une demi-heure par jour de travail à gérer ses finances personnelles ou à y penser.
Le stress financier crée aussi de l’anxiété, voire un sentiment de dépression, chez 30 % des travailleurs québécois, selon le coup de sonde. Plusieurs ont aussi des troubles du sommeil (28 %) et des difficultés à se concentrer (24 %).
Ce faisant, les conséquences des difficultés financières des individus débordent largement du cadre personnel. Les pertes de productivités causées par le stress financier représenteraient un fardeau de 74,3 milliards de dollars aux employeurs et à l’économie, estime l’INP.
Se payer d’abord
L’INP remarque que les travailleurs qui épargnent régulièrement « sont bien plus susceptibles de jouir d’une situation financière confortable que de subir du stress financier ».
« C’est là que les employeurs peuvent aider les travailleurs à reprendre le contrôle de la situation avant que la tension ne devienne encore plus insoutenable », ajoute M. Tzanetakis. Pour ce faire, les employeurs peuvent mettre sur pied des programmes qui permettent de verser automatiquement un petit montant de la paie des employés dans un compte d’épargne.
Outre l’automatisation de l’épargne, l’Institut suggère de se constituer un fonds d’urgence, de verser ses augmentations de salaire ou autres primes dans un compte d’épargne au lieu d’un compte courant, de rembourser en priorité ses dettes à intérêts élevés et de demander de l’aide au besoin.
Le sondage de l’INP a été réalisé à l’aide d’un panel Web du 22 au 30 juin 2026 par la firme Framework Analytics auprès de 2196 travailleurs canadiens (dont 451 au Québec). Il n’est pas possible de calculer une marge d’erreur pour un échantillon non probabiliste.


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