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Lancé en janvier 2025, le chantier de construction de la passerelle du lac de Guerlédan a pris du retard. Retour sur ce chantier qui donne du fil à retordre à Loudéac Communauté.
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Par Alexandre Dasilva Publié le 3 juil. 2026 à 9h57
La passerelle himalayenne au-dessus du lac de Guerlédan, dans le pays de Loudéac (Côtes-d’Armor), aurait dû ouvrir juste avant le passage du Tour de France à Mûr-de-Bretagne, le 11 juillet 2025.
Mais un incident lors des tests de charges, le 12 juin 2025, en a décidé autrement. Un point d’ancrage, côté Mûr-de-Bretagne, s’est désolidarisé de la roche, faisant basculer la passerelle sur le côté.
Un peu plus d’un an après, en juillet 2026, la passerelle n’a toujours pas ouvert. Il faudra attendre la saison touristique de 2027.
Une autre phase d’expertises s’engage, pour étudier l’état des câbles principaux. Et pour cela, il faut démonter la majeure partie de la passerelle.
Retour sur ce chantier hors-norme à rebondissements.
Des travaux lancés en janvier 2025
Après les longues phases d’études, de conception et de concertation, le chantier de construction de cette longue passerelle au-dessus du lac de Guerlédan débutait en janvier 2025.
Un chantier qui prend vie entre les rives de Mûr-de-Bretagne, côté camping « Le Point de Vue », et Caurel, dans le bois privé dit de « Cornec ».
Aujourd’hui, il s’agira même de la plus longue passerelle himalayenne de France.
Sur site jeudi 2 juillet 2026, le président de Loudéac Communauté admet « qu’à l’origine, ça ne devait pas être le cas ».
Accompagné des maires de Caurel et Guerlédan, Jean-Louis Martigné et Eric Le Boudec, il précise que « la passerelle a dû être décalée en raison de la présence des chauves-souris, dans les cavités, côté Caurel ; ce qui a fini par l’allonger ».

700 000 € de travaux de sécurisation
Depuis l’avarie de juin 2025, des travaux de consolidation et sécurisation ont été effectués sur les fondations de la passerelle.
Pour résumer, une autre option d’ancrage a été réalisée, avec la création d’un bloc de béton de 50 m3 sous terre.
Des blocs qui servent d’ancrage à la passerelle, et qui sont eux-mêmes ancrés dans la roche.
« On a à la fois fait ça côté Mûr-de-Bretagne et côté Caurel. On a ajouté de la sécurité à la sécurité », avance Alexis Le Priellec, directeur en charge du tourisme à l’échelle de Loudéac Communauté.
Le tout, pour la modique somme de 700 000 € supplémentaires.
« Mais intégralement prise en charge par un consortium des assurances des différentes entreprises. »
Place au démontage
Et c’est donc confirmé, il va maintenant falloir démonter, en grande partie, la passerelle.
Place maintenant à une expertise, entre juin et octobre 2026, pour observer l’état des deux câbles de la passerelle.
« Ils vont en quelque sorte venir scanner le câble pour voir s’il est endommagé », annoncent les élus, en date du 2 juillet 2026.
Et espérons qu’ils soient en bon état, sinon il faudra attendre sa fabrication sur mesure, en Italie…
Pour cette autre partie des réparations, les assurances nous annoncent une autre enveloppe similaire, autour de 600 000 €. Mais c’est difficile à estimer, en fonction de s’il faut, notamment, remplacer un câble ou non.
Et là non plus, LCBC ne compte pas débourser d’argent. « Ce sont les assurances qui prendront en charge des nouvelles dépenses. »
Et le président de LCBC de confirmer que « des experts des assurances sont aussi en train de rechercher à qui la faute concernant l’avarie, entre les différentes entreprises ».
Ensuite, Xavier Hamon confirme que la collectivité demandera des compensations financières pour « la perte d’exploitation de l’équipement ».
D’autant plus qu’un premier loyer de 35 000 € a été versé au groupement forestier du bois de Cornec.
Un projet à près de deux millions d’euros
Cet aménagement colossal restera certainement le plus conséquent du secteur, sur plusieurs mandats.
Comptez 1 950 000 € hors taxe pour construire cette passerelle (y compris les études).
Ça englobe aussi les aménagements de voirie et de stationnement, tout comme la sécurisation des accès dans le bois de Caurel.
Mais en face de ça, les élus l’assument depuis plusieurs années : « Cette passerelle aura de vraies retombées économiques non négligeables sur notre territoire. »
Les élus évoquent ainsi « une augmentation de la fréquentation touristique locale ».

« On attend entre 100 000 et 120 000 personnes par an sur la passerelle. Ce sont donc des personnes qui consommeront localement. Restaurants, hôtels, gîtes, commerces… Et ce jusqu’à 20 km dans les environs. »
Xavier Hamon rappelle également l’augmentation de la taxe de séjour qui profite chaque année à Loudéac Communauté.
Au total, tout confondu, on estime entre 60 000 et 100 000 € de recettes supplémentaires par an, pour LCBC.
« Mais au-delà de LCBC, pour le territoire et ses entreprises privées, ça se chiffre en millions d’euros. »
Xavier Hamon glisse un chiffre autour de 2,4 millions de recettes supplémentaires sur le territoire.
Un loyer de 35 000 € par an
Ce bois privé représente une autre source de crispations locales. Pour prendre attaches du côté de Caurel, la base de la passerelle s’installe dans cet espace privé.
Et qui dit occupation d’un espace privé, dit loyer. Loudéac Communauté et le propriétaire s’étant mis d’accord sur la somme de 35 000 € à l’année.
« Il ne faut pas oublier que la présence de la passerelle, c’est aussi une perte financière pour le propriétaire qui perd une part de l’exploitation forestière, mais aussi une perte d’avantage en termes de fiscalité. Ce loyer permet aussi de compenser », affirme Xavier Hamon.
Ils n’oublient pas la deuxième passerelle
Le sujet de la seconde passerelle reste bien sur le feu. Parce que rappelons-le : à l’origine, ce projet comprend bien deux passerelles.
Xavier Hamon l’a plusieurs fois répété : cette passerelle entre Caurel et Mûr-de-Bretagne n’a rien d’un second choix.
Loudéac Communauté avait d’abord prévu de construire celle entre les communes de Saint-Aignan et Mûr-de-Bretagne.
Finalement, les débats houleux de 2022 ayant abouti à un abandon côté Morbihan.
« Mais cette passerelle entre le 22 et le 56 reste dans un coin de notre tête. D’autant plus qu’elle était accessible aux personnes en situation de handicap, aux poussettes… », rappelle Xavier Hamon.
En accès libre de mars à septembre
Ouverture donc, espérée, d’ici un peu moins d’un an, courant 2027.
Pour rappel, cette passerelle accueillera le public de mars à septembre.
En dehors de ces dates, pendant la période de chasse, elle sera toujours franchissable, au départ de Mûr-de-Bretagne-Guerlédan.
On pourra la traverser jusqu’à Caurel, où le promeneur aura accès à un sas. Mais pendant cette période de chasse, il ne pourra pas déambuler ailleurs dans le bois de Cornec et devra rebrousser chemin vers Guerlédan.
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