Difficile d’imaginer un écrin plus parisien. Sous la pyramide du Louvre, en plein cœur de la capitale française, The World’s 50 Best, qui distingue depuis 2002 les meilleures tables, bars, hôtels et expériences autour du vin, révélait mardi soir sa nouvelle identité, The 50, ainsi que son classement 2026 des 50 meilleurs hôtels du monde. Ecran géant, musique à fond, jeu de lumière et maître de cérémonie: le compte à rebours des 50 nominations est lancé devant un parterre composé de la fine fleur mondiale de l’hôtellerie du luxe gonflée à bloc. Ils sont venus du Mexique, du Brésil, d’Afrique du Sud, du Japon, de Chine, de Thaïlande. Et l’Asie est à la fête. Hong Kong et Bangkok s’imposent dans le trio de tête, avec le Rosewood Hong Kong couronné meilleur hôtel du monde et d’Asie, devant le Capella Bangkok et le Four Seasons Bangkok. Mais alors pourquoi avoir choisi Paris pour cette première édition hors de Londres?
«Nous voulions faire venir The 50 dans une ville qui incarne une hospitalité intemporelle et qui abrite certains des hôtels les plus exceptionnels au monde. Paris s’est donc imposée comme un choix naturel», explique Emma Sleight, Directrice de la création pour The 50. La France est depuis longtemps synonyme d’excellence en matière d’hospitalité de luxe et cela se reflète dans nos classements. Le Bristol Paris (19e), Cheval Blanc Paris (20e) et l’Hôtel de Crillon (14e) figurent tous dans le classement des 50 premiers. Et la simple évocation de ces adresses mythiques continue de faire rêver les voyageurs fortunés du monde entier.
«L’attractivité de Paris ne se dément pas», confirme Laurent Delporte, consultant en hospitalité. Une attractivité dopée par l’effet JO et cette année par «l’effet Céline Dion» avec 26 concerts et 800 000 fans attendus venus du monde entier.
Des Américains de Paris jusqu'à Nice
Parmi cette clientèle étrangère, sans surprise, les Américains arrivent en tête. «50% de notre clientèle est américaine», constate Edouard Delavaux, Directeur de La Réserve à Paris, un palace intimiste de 40 clés seulement, à une rue des Champs-Elysées et voisin de l’Elysée, qui a fait son entrée dans le classement à la 51e place (car il existe une liste élargie de 51 à 100, dévoilée le 2 septembre 2026, ndlr).
Lire aussi: Maido, à Lima, sacrée meilleure table du monde; pas de restaurant suisse dans ce top 50Même son de cloche à Nice, à l’hôtel du Couvent qui a fait son entrée dans The 50 en 2025, un an après son ouverture et qui compte 40% de clients américains. «Plus on monte en gamme dans l’hôtellerie et plus la clientèle internationale est importante», observe un expert du secteur. Une clientèle qui génère cette année 80 milliards d’euros, un nouveau record selon le ministre du tourisme Serge Papin. Paris est donc loin d’être la seule à tirer son épingle du jeu. Il y a encore la Côte d’Azur, éternelle valeur sûre, les sommets de Courchevel mais aussi le Pays basque, avec Biarritz qui fait de plus en plus d’adeptes hors des frontières de l’hexagone.
Si le segment du luxe se porte bien, la concurrence est rude pour fidéliser une clientèle toujours plus exigeante et ultra-sollicitée. «Figurer dans le classement The 50 est un formidable coup de projecteur et un gage de qualité pour la clientèle internationale notamment américaine, scandinave et suisse car c’est l’expérience tout entière qui est reconnue», observe Myriam Kournaf Lambert, la directrice du Couvent, cet ancien site religieux du XVIIe siècle perché sur les hauteurs de Nice, qui a ouvert ses portes en 2024 après dix ans de restauration. «Lorsque nous avons appris que nous avions décroché la 51e place, des clients nous ont appelés pour nous féliciter», raconte le directeur de la Réserve Paris, également sacré meilleur hôtel du monde selon La List, un autre classement qui repose non pas sur un jury ou des inspecteurs anonymes mais uniquement sur la force d’un algorithme analysant des centaines de sources internationales.
The List, The 50, mais aussi Les clés Michelin, Forbes Travel ou encore Condé Nast Traveler, n’y a-t-il pas trop de classements? «Les classements? On dort encore mieux quand on est dedans car la concurrence est rude à Paris», lâche sans ambages Edouard Delavaux. «Et c’est aussi une façon de mettre en avant et de valoriser le travail de nos équipes.» Car s’il est essentiel d’attirer les clients, la bataille se joue aussi sur le terrain des talents. «Mieux on sera classé, plus on sera attractif pour le recrutement.» Selon L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH), il manque chaque année 200 000 postes dans le secteur en France.
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