Elle pensait que nous allions parler des trois hommes les plus puissants du monde, Trump, Xi Jinping et Poutine, animaux politiques aux mœurs brutales dont elle étudie le langage et la pensée. «Il s’agit plutôt de figures inspirantes», avons-nous précisé. Alors elle a improvisé, elle, la reine du direct. Dès 1981, impassible et élégante, elle a animé et conçu le journal de 20h, sur la deuxième chaîne française. «Madame, Monsieur, bonsoir». Ockrent devient aussitôt très populaire et Paris Match la rebaptise «la reine Christine».
On exige d’une femme qu’elle sourie? Elle n’a pas souri. On exige d’une femme qu’elle se taise? Elle n’a cessé de poser des questions, passant au gril nombre de figures du dernier quart du XXe siècle, de Mitterrand, qui ne l’aimait guère, à Gorbatchev, de Saddam Hussein à Margaret Thatcher, de Barack Obama à Hillary Clinton, préparant scrupuleusement ses interviews et maniant l’art des silences. Une rigueur probablement héritée de son père, qui chargeait encore l’armée allemande à cheval, durant la Seconde Guerre mondiale, avant d’entrer dans la Résistance. Christine Ockrent revient sur l’âge d’or du journalisme, tant en Amérique qu’en France. Elle se souvient également de la journaliste italienne Oriana Fallaci, gloire des médias dont l’aura a pali depuis les années 2000, à la suite de ses virulentes prises de position islamophobes.
A 82 ans, Christine Ockrent continue de décrypter chaque semaine l’actualité internationale chaotique, sur France Culture, et à travers ses essais et ses conférences.


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