Les thons sont d’infatigables migrateurs, qui parcourent des milliers de kilomètres chaque année. Dans ce groupe du genre Thunnus, les thons rouges font bande à part: contrairement au germon ou à l’albacore, qui se reproduisent un peu partout dans les eaux tropicales et une grande partie de l’année, la période de frai du thon rouge est très courte, l’été exclusivement, et dans des régions bien précises. Ainsi, celui de l’Atlantique (T. thynnus) rejoint le golfe du Mexique ou la Méditerranée, celui du Sud (T. maccoyii) s’installe au nord-ouest de l’Australie, quand celui du Pacifique (T. orientalis) fréquente les eaux autour du Japon et de Taïwan.
«C’est assez extraordinaire d’imaginer qu’ils mémorisent à la fois les régions où ils font leurs meilleurs repas la majeure partie de l’année et la zone où ils sont nés et où ils retournent pondre», s’extasie Alain Fonteneau, chercheur émérite à l’Institut français de recherche pour le développement (IRD). Une fois sorti de la Méditerranée, le thon rouge de l’Atlantique s’éparpille jusqu’en Suède, en Islande ou au Canada. «Imaginez qu’ensuite, ils se retrouvent tous à quelques jours près dans le détroit de Gibraltar pour entrer en Méditerranée et s’y reproduire, avant de se recroiser à nouveau sur le chemin du retour», s’enthousiasme le scientifique.


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