Si le journalisme vit des heures incertaines, celles d’Elvira (Siobhán Cullen) sont encore plus précaires. Dans le canard de Kilraven, bourgade d’Irlande où elle est née, la jeune écrivaine est responsable de la rubrique nécrologique – et rémunérée à la pige. C’est froidement mathématique: plus il y a de décès, plus on la paie. A l’heure où son père, alcoolique, dépend d’elle, les cachets sont plus que bienvenus, mais dans cette petite ville, les macchabées ne courent pas les rues. Quand elle se lamente auprès de son rédacteur en chef, il répond, malicieux: «Je ne sais pas. Peut-être que tu devrais commencer par tuer des gens…»
On n’en penserait rien si Elvira n’était pas cette sorte de Mercredi Addams de campagne, une drôle de fille déprimée et obsédée par la mort depuis l’enfance – elle dont le premier souvenir heureux est d’avoir accidentellement tué un cerf en forêt, elle pour qui les maisons mortuaires sont un éden. Alors, elle prend son chef au mot… Double bénéfice: jouer la grande faucheuse lui permet d’écrire en avance et de peaufiner ses textes.


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