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Après le succès de son film BlackBerry, Matt Johnson décroche quatre prix Écrans canadiens pour Nirvanna le band, la série, le film, une parodie à la sauce torontoise — Tour CN et manoir de Drake inclus — du célèbre film Retour vers le futur.
Matt Johnson, qui a réalisé et coécrit Nirvanna, remporte le prix de la meilleure interprétation dans un rôle de soutien dans une comédie.

Matt Johnson avait été honoré en 2024 aux prix Écrans canadiens pour la réalisation du film « BlackBerry ». (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Arlyn McAdorey
La parodie dans laquelle Jay McCarrol et lui transforment un campeur en machine à remonter dans le temps pour réaliser leur rêve de faire un spectacle au Rivoli à Toronto, a également décroché des prix pour les effets visuels, le mixage sonore et la meilleure chanson originale pour The Alphabet Song.
Un succès au box-office
Nirvanna a récolté 1,4 million de dollars au box-office au Canada durant son premier week-end à l’affiche en février, soit les plus importantes recettes pour un film canadien-anglais depuis BlackBerry.
Le film a aussi été projeté aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Israël, en Australie et en Corée du Sud, notamment.
Tout ça pour un film qui ne cherche pas à faire passer Toronto pour une ville américaine, mais qui, au contraire, met en valeur la Tour CN, le manoir du rappeur torontois Drake et les tramways de la Ville Reine.
On est fiers de mettre les projecteurs sur Toronto et le Canada, mais notre intention n’était pas d’être un mégaphone pour Toronto.
Nous ne faisons que montrer la réalité autour de nous, ajoute Matt Johnson.
Pour lui, c’est justement cette authenticité qui explique le succès du film dans le domaine de la comédie culte, non seulement auprès du public torontois, mais aussi ailleurs dans le monde.
On ne s’attendait pas à un si grand succès. C’est un petit film indépendant. […] Je pense que c’est le ton innocent, la sincérité qui intéresse la nouvelle génération.
[Le film] a un statut d’outsider qui le rend attachant, renchérit Jay McCarrol.
C’est vraiment très incarné et, en plus, il y a cet aspect biographique où les personnages sont vrais, par rapport à un cinéma plus hollywoodien, qui va être plus sur des super héros ou des personnages complètement fictions, là on a l’impression de faire partie de de cette aventure, affirme Joanne Belluco, réalisatrice culturelle pour TFO.
Oui, Jay s’est fait arrêter

Une minisérie web créée par Jay McCarrol (à gauche) et Matt Johnson est à l’origine du film « Nirvanna ». (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan
L’improvisation est au cœur de Nirvanna, y compris une scène hilarante avec un employé de Canadian Tire.
On est entrés dans ce magasin Canadian Tire, et on s’est mis à filmer. Jared, notre directeur de la photographie, et [le caméraman], a vraiment le don de se cacher pendant qu’ils nous filment, raconte Matt Johnson. Je pense que les gens ne s’en rendent même pas compte.
L’autre grand secret, confie Matt Johnson, c’est que, si ça ne marche pas, on ne le met tout simplement pas dans le film. Donc, on tourne les scènes encore et encore et encore et encore et encore jusqu’à ce qu’on obtienne le résultat qu’on veut.
Jay McCarrol s’est toutefois fait appréhender durant le tournage d’une scène, habillé en mascotte dans des toilettes.
C’est un exemple [de tournage] où ça a mal tourné. C’était dans un lieu hautement sécurisé. Après la 4e ou 5e tentative, ils nous ont pris sur le fait.
C’était une arrestation sans suite, rassure Matt Johnson, sans donner de détails.
Dans une autre scène, l’équipe a profité d’une mêlée de presse de la police à la suite d’une fusillade à l’extérieur du manoir de Drake à Toronto pour donner l’impression que Jay McCarrol avait commis un crime.
Toronto change-t-elle pour le mieux?
Dans Nirvanna, Jay et Matt retournent dans le temps, jusqu’en 2008, se moquant entre autres des tenues vestimentaires.
Le duo dépeint néanmoins Toronto comme une ville vibrante à l’époque, en particulier le secteur du Rivoli et de la rue Queen Ouest.

Les tours d’habitation ont poussé à Toronto au cours des 20 dernières années. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Il n’y a plus cette âme qui existait à l’époque, soutient Joanne Belluco. Les loyers étaient accessibles. Mon premier loyer — tout le monde va crier — c’était 500 $ pour une chambre dans une maison victorienne. Donc, il y avait cette possibilité de vivre une vie d’artiste à l’époque.
Matt Johnson refuse, lui, de sombrer dans la nostalgie.
Certains sont tristes, parce que Honest Ed’s ou Steve’s sont fermés. Peut-être qu’un jour le Rivoli fermera aussi, même si j’espère vraiment que non. Mais il y a également sans cesse de nouvelles choses qui apparaissent.
Jay McCarrol abonde dans le même sens.
D’après ce que je vois, beaucoup de jeunes aiment Toronto.
Attention, on ne voit que ceux qui sortent de chez eux. On ne peut donc pas parler au nom de ceux qui restent chez eux et qui sont tristes, blague Matt Johnson.
Nirvanna 2?
On espère qu’il y aura un Nirvanna 2, affirment Matt Johnson et Jay McCarrol, sans avoir écrit de scénario pour l’instant.
Beaucoup de gens prédisent que la suite inclura encore un voyage dans le temps. Mais je dirais qu’il y a peut-être 1 % de chance que ce soit le cas.
Le seul indice que nous pouvons donner, c’est que nous envisageons de tourner le film en continu, ajoute-t-il.
Quelle idée audacieuse!, lance son complice Jay McCarrol.
Avec les informations de La Presse canadienne


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