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ENTRETIEN - Tandis que le choc pétrolier lié à la guerre avec l’Iran ravive la tentation du « quoi qu’il en coûte », Nicolas Dufourcq et Nicolas Baverez dressent le procès d’un modèle français vivant à crédit depuis un demi-siècle. Avec à l’horizon une question explosive : la France peut-elle encore se réformer avant d’être mise sous tutelle ?
Nicolas Dufourcq est directeur général de la Banque publique d’investissement (BPI) depuis sa création en 2013. Il a publié «La Dette sociale de la France 1974-2024» (Odile Jacob).
Nicolas Baverez est avocat et essayiste. Dernier livre paru: «Sursaut» (éditions de l’Observatoire).
LE FIGARO. - Face au choc pétrolier, des voix s’élèvent pour demander à l’État de compenser la hausse du prix de l’essence. En avons-nous les moyens ?
Nicolas DUFOURCQ. - Le gouvernement a, à juste titre, établi que la situation des finances publiques est telle que le temps des boucliers est probablement révolu.
Nicolas BAVEREZ. - La guerre d’Iran, marquée par les frappes sur les installations pétrolières des pays du Golfe et par le blocage du détroit d’Ormuz, ne crée pas une secousse passagère mais un nouveau choc pétrolier. L’économie française est particulièrement vulnérable au risque de stagflation, indissociable d’une hausse du chômage au-delà de 8 % des actifs, du fait de son affaiblissement et de l’accélération…


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