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Commune la moins peuplée de France avec ses deux habitants mais 11 électeurs qui se rendront en mairie pour voter dimanche, le village drômois de Rochefourchat va reconduire le même maire et sa liste unique.
Passer la publicité Passer la publicitéMalgré un doublement de sa population lors du dernier recensement, Rochefourchat (Drôme) demeure la plus petite commune de France avec désormais deux habitants, ex aequo avec la commune lorraine de Leménil-Mitry. «Nous gardons notre titre», rigole son maire Jean-Baptiste de Martigny. Et un scrutin municipal singulier. Ce dimanche 15 mars, la petite mairie accolée à la minuscule église en pierres va connaître une effervescence inhabituelle. Les 11 électeurs inscrits sur les listes de la commune vont s’y succéder. La plupart n’ont à Rochefourchat qu’une résidence secondaire, mais sept d’entre eux sont élus au conseil municipal, dont trois sont ressortissants européens.
Le maire sortant est évidemment le seul candidat, sur une liste unique reconduisant les mêmes conseillers, respectant la parité et «concrètement apolitique». Il n’envoie certes pas de profession de foi, mais Jean-Baptiste de Martigny respecte évidemment toutes les règles officielles d’affichage. Si cet avocat d’affaire installé à Paris brigue un quatrième mandat c’est «par attachement à cet endroit, très beau, très sauvage, qui mérite d’être préservé», dit-il. «Mon vœu le plus cher est que rien ne change».
Il semble avoir été exaucé sur le dernier mandat. Le «doublement» de la population du village ne s’est pas accompagné de grand changement. Tout juste Josette, l’habitante historique, partage-t-elle désormais un récupérateur d’eau avec son voisin dans sa maison équipée de panneau photovoltaïque. Autonome au crêt de ses montagnes du pays diois, elle ne redescend dans la discrète vallée de la Roanne parfois que tous les quinze jours.
Chemins de terre, loups et bénévolat
Le conseil municipal se réunit tous les trois mois, le minimum légal, essentiellement pour évoquer l’entretien des chemins communaux dont la collectivité a la charge. Ces pistes où Josette croise plus de loups que d’habitants. Coté recettes, une poignée de taxes foncières et la dotation de l’État permettent d’assurer le fonctionnement de la commune et le paiement de l’heure hebdomadaire de travail d’une secrétaire de mairie. Les revenus issus de la location de la mairie comme gîte ne couvrent que la facture d’électricité annuelle, indique le maire, précisant avoir pour sa part renoncé à ses indemnités d’élus.
«Nous faisons très attention à nos dépenses et faisons le maximum de manière bénévole, un euro c’est un euro ici, poursuit-il. Nous n’avons pas la même notion de la dépense publique qu’à d’autres échelons». Un argument pour défendre l’indépendance de son village face aux idées de fusion. Signalé par un simple panneau de lieu-dit au bout de la dernière route départementale, il est intégré à la communauté de communes située «à 45 minutes de route».
Le maire dit échanger régulièrement avec les édiles d’autres «microcommunes» aux «problématiques comparables». Située dans le même canton, La Bâtie-des-Fonds compte six habitants. Plus au sud, Pommerol en recense 11 et Aulan huit. Autant de scrutins particuliers dans ces hameaux des vallées encaissés à la lisière des Alpes-de-Haute-Provence, où la participation oscille entre 90% et 100%.


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