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Malgré un jugement de la Cour supérieure demandant à Sanimax d'entreprendre des travaux pour régler les problèmes d’odeurs à son usine de Rivière-des-Prairies, la Ville de Montréal et la société d'équarrissage ne s’entendent toujours pas sur les mesures à apporter. L'administration municipale demande désormais au gouvernement provincial de se saisir du dossier.
Dans un communiqué de presse publié lundi, la Ville de Montréal explique que, dans la foulée du jugement de mars 2024, et afin de permettre la réalisation des travaux visés au jugement, Québec a institué, dans le secteur de l’usine de Sanimax, une zone d'intervention spéciale.
Valide jusqu’au 1er juillet 2027, cette disposition doit permettre la réalisation accélérée de travaux de mise aux normes environnementales.
Mais, en raison de certains enjeux d’interprétation des dispositions réglementaires applicables, une médiation a été entreprise, mentionne la Ville dans son communiqué. Or, après deux années de médiation, Sanimax et les autorités municipales ne s'entendent visiblement toujours pas.
Comme le délai arrive à échéance dans neuf mois, la Ville s’est retirée de la médiation et demande désormais à Québec d’agir dans le dossier pour que les constructions des garages afin de stationner les remorques et camions pleins de matières premières en attente de traitement débutent sans plus délai.
Les résidents de Rivière-des-Prairies attendent depuis des années, a souligné, en mêlée de presse, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada
Photo : Radio-Canada
En activité depuis 1957, l'usine est un maillon essentiel de la chaîne agroalimentaire, puisqu'elle récupère et transforme les sous-produits de porc et de poulet rejetés par les abattoirs de la province.
Depuis le jugement, Sanimax a notamment déménagé l'accès principal de son site, où entrent chaque semaine de 400 à 500 camions remplis de carcasses de porc et de poulet, afin de l'éloigner des résidences.
Mais la question des normes reste problématique. Alors que les cheminées de Sanimax génèrent environ 2700 unités d'odeur par mètre cube, l'entreprise affirmait en juillet dernier qu'elle était en mesure de réduire ses émissions à moins de 20 unités, mais qu'elle serait incapable de respecter la réglementation de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui est d'une unité d'odeur ou moins par mètre cube.
Malgré l'utilisation du meilleur système, de la meilleure technologie, la norme de Montréal, une unité d'odeur à la limite de la propriété, ce n'est pas atteignable. Et c'est là-dessus qu'on s'obstine actuellement, résumait à Radio-Canada Terry Finn, vice-président principal pour le Canada de Sanimax.
La Ville affirme au contraire que la norme est atteignable et dit envisager par ailleurs l’imposition de contraventions si la réglementation sur la qualité de l’air n’est pas respectée, et même d’autres recours judiciaires si les travaux ne sont pas réalisés.


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