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Après 16 ans derrière le volant, la conductrice Khristine Tinch constate une hausse d’achalandage dans les autobus à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
La croissance démographique de ces dernières années en est pour quelque chose, selon elle, mais pas seulement. Des facteurs économiques expliquent en partie cette tendance.
C’est le prix de l’essence et l’état de l’économie en général. Les étudiants prennent l’autobus jusqu’à ce qu’ils soient bien établis , clame-t-elle.
L’un de ces étudiants, Ericsson Yves Larsen Aubin, dit régulièrement prendre l'autobus, mais indique qu’il prend du temps pour passer. J’aimerais bien que le transport en commun se développe beaucoup plus , lance-t-il.
Il y a eu beaucoup de nouveaux arrivants qui se sont installés en ville, et ils prennent l’autobus.
Le directeur de la Planification et gestion de l’environnement pour la Ville de Moncton, Tim Moerman, constate aussi une montée en flèche de l’achalandage du transport en commun.
Il y a dix ans, tu aurais eu de la misère à trouver quelqu’un qui veut prendre l’autobus, maintenant, c’est tout le contraire , dit-il.

Cela fait 20 ans que Tim Moerman n’a pas de voiture. Il se déplace à Moncton à pied, en transport en commun et en vélo. Il admet que, bien que faisable, l’offre pourrait être bonifiée.
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Khristine Tinch estime que la croissance du nombre d’usagers démontre l’importance de ce service pour la communauté.
On a un plus grand soutien de la part de la communauté qu’auparavant et il y a de plus en plus d’usagers. Le monde se rend vraiment compte que nous avons vraiment besoin de nos autobus à Moncton , croit-elle.
Le vélo également à l’honneur
Par ailleurs, la Ville de Moncton présentait samedi la 4e édition de son FestiEnviro annuel, un événement qui invite les citoyens à adopter des habitudes plus vertes. Cette année, le transport collectif et actif occupait une place centrale lors des festivités.
Casque sur la tête, pieds sur les pédales, plusieurs résidents de la région avaient choisi le vélo pour se rendre à l’événement. Tim Moerman indique qu’il est important pour la ville d’avoir un événement du genre et que plein d’actions peuvent être prises pour réduire l'empreinte carbone des Monctoniens.
L’idée pour ce festival c’est d’avoir l’occasion de visiter des exhibitions, des kiosques informatifs, pour en apprendre un peu plus sur ce qu’est-ce qu’on peut faire pour réduire nos impacts sur l’environnement, explique Tim Moerman.

Des cyclistes participent au FestiEnviro de Moncton, le samedi 6 juin 2026.
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Pour réduire les émissions de carbone, la Ville de Moncton suggère des alternatives de déplacement autres que la voiture traditionnelle.
Pour le climat, une des meilleures choses qu’on peut faire, c’est de réduire notre dépendance sur les voitures et surtout sur les voitures à combustion interne [à essence et diesel] , dit Tim Moerman.
Lacunes des infrastructures
Mais est-ce réaliste de se déplacer sans voiture dans les infrastructures actuelles existantes à Moncton en 2026 ? C’est toujours un défi […] Je le fais, ça se fait, mais c’est sûr qu’on peut toujours le rendre plus facile , admet Tim Moerman.
Les villes nord-américaines, on les a construites sous la supposition que tout le monde aura un char et tout le monde l’utilisera pour tous leurs déplacements et c’est quelque chose qu’il faut changer, c’est quelque chose qui change lentement, poursuit-il.

Un cycliste happé par un véhicule à Moncton, à l’automne 2022 (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
De nombreux citoyens ciblent aussi ces lacunes aux infrastructures actuelles. C’est la raison pour laquelle l’un des participants au festival, Raphaël Rossignol, se déplace par exemple majoritairement avec sa voiture.
C’est ça qui est le plus efficace pour se rendre d’une place à l’autre dans Moncton, explique-t-il. Ça serait le fun si on avait plus de sentiers de vélos plus loin des voitures, je pense. Si on avait ça, j’utiliserais plus mon vélo.
Cheikh Ndiaye aime bien prendre l’autobus, mais se déplace principalement en voiture. On est obligé parce que le transport en commun n’est pas trop développé, avance-t-il.
À l’occasion de la Semaine canadienne de l’environnement, les déplacements à bord des autobus de Codiac Transpo étaient gratuits de mercredi à samedi.


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