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Métaux Torngat a rencontré la communauté innue de Matimekush-Lac John mardi soir. Cette rencontre a pour objectif d'expliquer le projet d’exploitation de terres rares et de répondre aux préoccupations de la communauté qui a exprimé son opposition au projet.
Le climat était empreint de méfiance ces dernières semaines, alors que l'entreprise a récemment commencé à acheminer du matériel dans le secteur du lac Brisson, provoquant l'inquiétude des membres de la communauté.
Le chef de la direction de Métaux Torngat, Yves Leduc, fait son mea culpa concernant un manque de communication sur cet épisode.
Il tient à clarifier la situation : il ne s'agit pas du début de la construction de la mine, mais de l'aménagement temporaire d'une piste d'atterrissage sur glace pour acheminer du matériel en vue de travaux d'exploration archéologique et géologique.
Rien n'aurait été fait sans le consentement des communautés autochtones et des permis miniers qui seront émis à ce moment-là.

Yves Leduc, chef de la direction de Métaux Torngat s'exprime lors des consultations organisées mardi.
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
En réponse aux récentes manifestations d'opposition au projet, Métaux Torngat a choisi d’aller à la rencontre avec les Innus de Matimekush-Lac John pour entendre leurs préoccupations et répondre aux questions.
Cette démarche s’inscrit dans un processus de consultations des communautés autochtones concernées avec les Innus de Uashat mak Mani-Utenam ou encore la Nation naskapie de Kawawachikamach.
Yves Leduc assure vouloir construire un projet en collaboration avec les Premières Nations, invitant même les communautés à devenir actionnaires. Selon lui, il s'agirait d'une première au Québec.
Radio-Canada n'a pas été en mesure de contacter les élus de la communauté de Matimekush-Lac John.

Huit Innus de Matimekush Lac-John ont parcouru plus de 250 kilomètres à motoneige pour se rendre sur le site du camp de base de Métaux Torngat et rappeler la présence de leur peuple sur le territoire. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Rodrigue McKenzie
Pas de droit de véto autochtone
D’après l'avocat en droit des peuples autochtones Alexis Wawanoloath, en droit canadien, l'État a l'obligation de consulter les peuples autochtones lorsqu'un projet risque d'avoir un impact sur leurs droits ancestraux. Toutefois, cette obligation de consultation ne constitue pas un droit de veto des communautés autochtones.
Le projet pourrait donc aller de l'avant même s’il n’obtient pas l’approbation des communautés autochtones locales. Pour cela, l'État devra démontrer l’utilité publique réelle du projet, souvent de nature économique, et prouver que des consultations sérieuses ont eu lieu.

Selon Alexis Wawanoloath, le projet pourrait aller de l'avant même s’il n’obtient pas l’approbation des communautés autochtones locales. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard
De son côté, Yves Leduc a insisté sur sa volonté d'éviter de jouer avec les zones grises juridiques et a réaffirmé sa volonté de réaliser ce projet en partenariat et avec l’accord des Premières Nations.
Les craintes soulevées par les membres de Matimekush-Lac John sont avant tout environnementales, touchant particulièrement la préservation des troupeaux de caribous et la pollution du territoire.
Yves Leduc se dit conscient de ces enjeux. Il promet que l'impact environnemental sera limité au maximum. La compagnie compte d'ailleurs présenter prochainement une étude environnementale afin de démontrer les mesures d'atténuation envisagées.
De son côté, la Nation naskapie de Kawawachikamach a récemment signé une entente de pré-développement avec Métaux Torngat. Elle a toutefois tenu à préciser que cette signature ne constitue pas une approbation du projet minier en soi.
Selon le conseiller externe pour la Nation Naskapi, Christopher Coggan, à travers cette signature, la Nation Naskapi s’est aussi assuré l'obtention d'une garantie contractuelle que le projet minier ne pourra pas aller de l'avant sans leur consentement explicite.
Il explique aussi que l'entente formalise des mesures strictes pour la protection de la harde de caribous de la rivière George. Cela inclut un programme de recherche pour favoriser le rétablissement de la harde ou encore le financement de gardiens du territoire naskapis.


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