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Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) a été invité à planifier ses travaux sur une longue période et à mieux dialoguer avec les citoyens lors de la deuxième partie des rencontres du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) concernant le programme décennal pour la protection des infrastructures face aux aléas côtiers qui se tenait lundi soir, à Rimouski.
Ce programme vise la protection de 266 kilomètres de routes du ministère des Transports au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.
À Rimouski, trois citoyens et deux groupes du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont présenté des mémoires au BAPE, présidé par Antoine Morissette.
Les auteurs de ces mémoires ont émis leurs recommandations relativement à ce plan de protection qui engendrera, au cours des 10 prochaines années, des travaux sur 228 sites vulnérables à l’érosion côtière, dont 97 jugés prioritaires, dans 47 municipalités.

Les représentants du BAPE ont écouté les présentations des cinq mémoires déposés lundi soir.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
L'ex-directeur régional de la Santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier Viger, est le premier citoyen à avoir pris la parole au nom du regroupement Solidarité Gaspésie.
Il a entamé la présentation du mémoire du regroupement citoyen avec une mise en contexte.
On est dans une situation qui n’est pas habituelle, a-t-il dit en s’adressant au président de l’audience. Pour illustrer son propos, il a expliqué que le niveau de la mer aux Îles-de-la-Madeleine augmente d’un centimètre par année. Ce qui signifie, a-t-il affirmé, que des vagues de cinq à neuf mètres déferlent sur les côtes de l’archipel lors des tempêtes.

Aux Îles-de-la-Madeleine, de l'enrochement a été fait à plusieurs reprises pour protéger les infrastructures. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Steve Rompré
Il a plaidé pour que le ministère des Transports, dans son plan de protection, n’agisse pas dans l’urgence, qu’il prenne plutôt le temps de planifier les travaux sur ses infrastructures routières pour les 100 prochaines années, en tenant compte, en autres, des particularités physiques des sites.
Cent ans, dans le domaine de la construction, ce n’est pas une longue période.
Yv Bonnier Viger a terminé avec une mise en garde au MTMD dont il se fait critique de la culture communicationnelle. La participation citoyenne est un élément fondamental, a-t-il souligné, tout en mentionnant que les directions de Santé publique régionale peuvent, au chapitre des communications, venir en appui au ministère.
Qu'est-ce que le BAPE?
Le BAPE agit comme organisme consultatif auprès du gouvernement du Québec. Il ne décide pas de l’avenir d’un projet, mais analyse ses impacts et recueille les préoccupations du public avant de remettre un rapport au ministre de l’Environnement. La deuxième partie de l’audience publique est l’occasion pour toute personne ou municipalité, tout organisme ou groupe de s’exprimer verbalement ou à l’écrit sur le programme.
Des comités pour améliorer les pratiques du ministère
Le directeur général du Conseil régional de l’environnement (CRE) du Bas-Saint-Laurent, Patrick Morin, a également présenté le mémoire de son organisation.
Le CRE accueille favorablement le plan du ministère des Transports pour protéger les routes des aléas côtiers.
L'organisme suggère au ministère de mettre en place des comités aviseurs indépendants, comme ce fut le cas pour lors de la construction de l’autoroute 85.

Les représentants du BAPE lors de la rencontre de lundi soir, à Rimouski.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Ces comités, composés d’organismes environnementaux, tels le CRE, les comités de bassins versants, etc., permettent, selon M. Morin, d’améliorer les pratiques du ministère.
Le Conseil régional de l’environnement a aussi proposé au ministère d’améliorer la présentation et les informations présentées sur les cartes des sites où des travaux sont projetés, en s’assurant, notamment, que ces cartes soient interactives, ce qui n’est pas le cas actuellement. Ça deviendra un outil de dialogue entre le ministère et les citoyens, ajoute-t-il.
Les trois autres citoyens qui ont pris l’initiative de présenter des mémoires ont insisté sur la pénurie de sable, sur la réduction du trafic routier et l’amélioration de la sécurité routière sur la route 132, dans une optique de décarbonation.
Une citoyenne de La Martre a aussi profité de la rencontre pour demander de corriger la configuration des voies de contournement de la route 132 entre sa municipalité et Marsoui.
La prochaine audience publique du BAPE se tiendra le 22 juin, à 19 h, à Cap-aux-Meules, aux Îles-de-la-Madeleine. Jusqu'à maintenant, quatre citoyens et regroupements citoyens s'y sont inscrits pour y présenter leur mémoire.


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