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Avec Marvel’s Wolverine, Insomniac Games avait un but clairement communiqué : donner l’impression d’incarner le mutant amnésique aux griffes métalliques. Manette en main, le résultat escompté est sans équivoque au rendez-vous, que ce soit en se lançant griffes en avant sur les ennemis les uns à la suite des autres ou en enchaînant des manœuvres surhumaines et — comme le personnage l’oblige — violentes.
Logan, de son nom « de civil », peut notamment encaisser plus de coups avant de tomber qu’un protagoniste vidéoludique plus traditionnel en raison de ses pouvoirs de soins accélérés, ce qui pousse instinctivement à agir de manière plus agressive. Et ça, c’est sans compter sur la mécanique de « rage » qui donne graduellement des bonus en combat en fonction du dommage effectué (comme la capacité de se régénérer si l’on tombe à zéro points de vie), mais qui se draine si le héros n’attaque pas.
Le hic, c’est que contrairement aux trois jeux mettant en vedette les Spider-Men — où, effectivement, la sensation d’incarner un homme araignée est inégalée —, la fantaisie associée à Wolverine ne se traduit pas aussi aisément, les combats à base de griffes étant, par exemple, plus simplistes que ceux à base de toiles… aussi bien conçus sont-ils.
Squelette d’adamantium… ou d’araignée ?
Les comparaisons avec les trois Marvel’s Spider-Man n’arrêtent pas là : de la direction artistique aux capacités en combat, l’identité des précédents jeux d’Insomniac qui se déroulent dans le même univers transpire dans Wolverine.
À tel point que le jeu semble avoir le même squelette de monde ouvert, même si les missions qui composent le récit sont linéaires, permettant de se coller aux aventures où Logan est souvent un globe-trotter.
Faire monter de niveau son personnage est logique quand le parcours de chaque joueur diffère au gré des activités faites ou non pour Spider-Man, mais est bien moins justifié dans le cas présent lorsque la quantité de points d’expérience varie peu entre deux parties qui suivent, à l’exception de défis ici et là, le même tracé.
Le système de combat au cœur de Marvel’s Wolverine demeure toutefois bien conçu et satisfaisant à maîtriser, et ce, malgré un manque de profondeur qui se fait particulièrement ressentir dans quelques affrontements qui semblent avoir été artificiellement allongés tant la quantité d’attaques nécessaire pour venir à bout de certains ennemis est trop grande.
Marvel’s Wolverine n’innove pas non plus dans sa jouabilité et son design, le tout ressemblant à de nombreux jeux de son calibre. Tout est bien conçu et fonctionne (mention spéciale aux animations et à la qualité graphique époustouflante à plusieurs moments), mais ce n’est rien qu’un joueur relativement aguerri n’a pas déjà vu.
Récit convoluté
Là où le jeu ne joue pas la carte de la prudence, c’est dans sa trame narrative. Contrairement aux bandes dessinées (et aux films) qui ont popularisé le personnage de Wolverine, le super-héros canadien évolue cette fois-ci dans un univers où les X-Men n’existent pas.
À la place, Logan — toujours aussi amnésique ceci étant dit — fait partie de l’équipe X, un groupe de mutants mené par le mystérieux Nathaniel Essex qui a comme but de protéger les leurs. La première mission ouvre d’ailleurs sur une tentative de secourir Essex alors que Wolverine se retrouve de nouveau dans les rangs de cette équipe bien moins peuplée que par le passé.
Au-delà de ses coéquipiers Victor Creed (alias Sabretooth) et Raven Darkholme (alias Mystique), Wolverine va rapidement interagir avec Jean Grey, qui, elle aussi, cherche à protéger les mutants de la persécution de certains humains.
Menées par des performances d’une grande qualité (notamment de Liam McIntyre en Logan, Krizia Bajos en Jean et Nicole Pacent en Mystique), la proposition initiale et la première moitié du récit s’avèrent réussies. Bien qu’intrinsèquement différents, les personnages sont, sauf exceptions, des versions somme toute fidèles d’eux-mêmes et des séquences intéressantes dans les rocheuses canadiennes ou bien dans l’île-nation fictive de Madripoor rythment bien l’histoire.
Cependant, la trame narrative devient rapidement convolutée et passe beaucoup trop de temps à préparer une éventuelle suite.
Connaître les bandes dessinées Marvel s’avère pratiquement essentiel tant plusieurs fils à suivre sont lancés de tout bord tout côté.
Par contre, bien connaître les textes qui inspirent le jeu peut toutefois s’avérer une lame à double tranchant, comme il devient particulièrement aisé de deviner certains rebondissements. Même constat pour ceux qui ont joué aux trois jeux Spider-Man d’Insomniac, Marvel’s Wolverine reprenant une structure narrative similaire pour une quatrième fois maintenant.
Au bout du compte, Wolverine parvient à être à l’image de son héros titulaire avec une boucle de jeu agressive et satisfaisante. Mais, contrairement à Logan, le titre oublie qu’il vaut parfois mieux ne pas se souvenir de ce qui est venu avant lorsqu’il est question de bâtir une nouvelle expérience… surtout si celle-ci n’est pas arachnide.


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