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M. Kamyshnyy aurait admis avoir tué les deux garçons, selon un agent correctionnel

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Roman Kamyshnyy - accusé du meurtre de deux garçons, âgés respectivement de 10 et 17 ans, à Saint-Jean l’année dernière - aurait avoué ces crimes à un agent correctionnel.

Joey Raymond a témoigné qu’il travaillait au Centre correctionnel régional de Dalhousie le 7 avril 2025 lorsque Roman Kamyshnyy est arrivé.

Des détenus du bloc 3 ont demandé à M. Kamyshnyy de quoi il était accusé et il a ouvertement déclaré qu’il était accusé de meurtre, a affirmé Joey Raymond en Cour du Banc du Roi au cinquième jour de ce procès.

Roman Kamyshnyy, 46 ans, est accusé de meurtre au premier degré suivant le décès d’un garçon et d'un adolescent. La police de Saint-Jean a trouvé le corps des deux dans un appartement de Millidgeville, dans le nord de la ville, à 7 h 18 le matin du 29 janvier 2025, après que la victime de 17 ans eut appelé le 911.

Un interdit de publication nous empêche de nommer les victimes. Celles-ci sont identifiées seulement par les initiales A. B. et C. D. Cependant, un juge a décrété l’automne dernier que les médias peuvent dire qu’il s’agit d’un cas de violence familiale présumée.

La Couronne soutient que Roman Kamyshnyy a poignardé les victimes jusqu’à leur mort dans un acte de vengeance désespérée, et qu’il aurait par la suite essayé de s’enlever la vie. L’accusé a plaidé non coupable.

Une situation très tendue au Centre correctionnel de Dalhousie

Certains des détenus ont essayé d'obtenir plus de détails de M. Kamyshnyy sur ses crimes allégués et c’est alors que les choses sont devenues très tendues, a affirmé Joey Raymond.

Les autres détenus l’ont injurié et lui ont dit "de sortir du bloc". Ils lui ont adressé d’autres insultes que je ne veux pas répéter devant la cour.

M. Raymond a expliqué que le bloc 3 accueille généralement des détenus violents et dangereux. Il a donc appelé des renforts et entraîné l'accusé dans le corridor pendant que les autres agents géraient le tumulte.

Devant l’incompréhension de M. Kamyshnyy, l’agent correctionnel lui aurait expliqué qu’il ne pourrait pas rester dans le bloc 3 en raison de la nature de ses crimes allégués.

M. Raymond a indiqué que l'accusé lui a demandé est-ce que ça va être comme ça partout?, ce à quoi il a répondu par l’affirmative.

Et c’est alors qu’il m’a dit : "Ce n’est pas si mal. J’ai seulement tué [A. B et C. D]."

Une conversation ordinaire

L'agent correctionnel a témoigné qu’il se tenait à environ quatre pieds de Roman Kamyshnyy au moment de cette déclaration et qu’il n’avait aucun mal à l'entendre.

Le procureur de la Couronne, Orlando Lineros, lui a demandé : Selon votre souvenir, ce sont les mots exacts que M. Kamyshnyy a utilisés ce jour-là? Le témoin a répondu par l'affirmative.

Questionné sur l’attitude de M. Kamyshnyy lorsqu’il a fait cette prétendue déclaration spontanée, M. Raymond a décrit l'échange comme une conversation ordinaire.

Le témoin a indiqué qu’il n’avait aucun motif de douter de la capacité de M. Kamyshnyy à communiquer, de croire qu’il ait été sous l’effet de la drogue ou de l’alcool ou de penser qu'il ait eu un problème physique ou mental quelconque.

Une situation qui aurait dégénéré rapidement

L’avocate de la défense, Shanna Wicks, a demandé à M. Raymond combien de temps s’était écoulé entre l’arrivée de M. Kamyshnyy dans l’unité et le début de l’altercation avec les autres détenus.

M. Raymond a estimé ce laps de temps à environ une minute ou deux.

Diriez-vous que c’était une situation assez mouvementée, lui a demandé l’avocate de la défense. Une fois qu’il [M. Kamyshnyy] a révélé de quoi il était accusé, oui, a répondu le témoin.

Alors, assez rapidement, vous avez jugé que vous deviez sortir M. Kamyshnyy de là immédiatement?, a-t-elle poursuivi. Oui, pour sa sécurité, a confirmé M. Raymond.

Instructions du juge sur le témoignage

Le juge Darrell Stephenson a expliqué aux jurés qu’ils doivent déterminer s’ils croient le témoignage de M. Raymond sur les propos de l’accusé avant d’en tenir compte dans leurs délibérations pour arriver à un verdict.

Pour dégager le sens de ces propos, les jurés peuvent tenir compte du contexte dans lequel ils ont été tenus, a-t-il ajouté, mais ils ne peuvent pas spéculer.

Si vous êtes en mesure de dégager le sens de ces propos, vous devrez déterminer quel poids vous y accordez.

Les membres du jury doivent faire attention avant de conclure que M. Kamyshnyy est coupable en s'appuyant sur des preuves liées à un comportement postérieur aux faits, puisqu’il pourrait y avoir d’autres explications, sans rapport avec les crimes allégués, a ajouté le juge Stephenson.

Le juge a indiqué qu’il aurait d’autres instructions sur les règles de la preuve dans ses directives finales.

D'après le reportage de Bobbi-Jean MacKinnon

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